novembre 30, 2022

Couleurs de l’Incendie

De : Clovis Cornillac

Avec Léa Drucker, Benoît Poelvoorde, Alice Isaaz, Clovis Cornillac

Année : 2022

Pays : France

Genre : Historique, Drame

Résumé :

Février 1927. Après le décès de Marcel Péricourt, sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière. Mais elle a un fils, Paul, qui d’un geste inattendu et tragique va la placer sur le chemin de la ruine et du déclassement. Face à l’adversité des hommes, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra mettre tout en œuvre pour survivre et reconstruire sa vie. Tâche d’autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l’incendie qui va ravager l’Europe.

Avis :

Comédien français reconnu de tous, c’est au cours des années 2010 et plus précisément en 2015 que Clovis Cornillac, après une vingtaine d’années passées à être acteur, s’est laissé tenter par le passage dernière la caméra. Son premier film en tant que metteur en scène, c’est l’amusant et romantique « Un peu beaucoup, aveuglément« . Le film a trouvé son petit succès et depuis, Clovis Cornillac a réitéré l’expérience avec « Belle et Sébastien 3« , puis en début d’année avec « C’est magique !« .

Clovis Cornillac, après « Belle et Sébastien« , avait été contacté pour mettre en scène un autre roman de Pierre Lemaître, mais ce projet n’a pas pu aboutir. Le même agent a alors recontacté Cornillac presque six mois après pour mettre en scène « Couleurs de l’incendie« , roman de Pierre Lemaitre, qui n’est autre que la suite de « Au revoir là-haut« , film d’Albert Dupontel sorti en 2017. Pierre Lemaître est un romancier à succès qui voit encore une fois l’un de ses écrits être mis en images. Oui, le romancier a déjà vu passé dans les salles obscures, « Au revoir là-haut » et « Trois jours et une vie« , qui ont été tous deux de très beaux succès fortement mérités.

« Ainsi, « Couleurs de l’incendie » est un film qui se pose comme la suite directe du film de Dupontel. »

Deuxième volet de sa trilogie, c’est cette fois-ci Clovis Cornillac qui se frotte à Pierre Lemaître et le comédien/réalisateur a la très dure tache de passer après Albert Dupontel qui avait signé un bijou avec « Au revoir là-haut« . Ainsi, « Couleurs de l’incendie » est un film qui se pose comme la suite directe du film de Dupontel, et si le film de Cornillac demeure très académique et très classique, il a le mérite de nous offrir un très joli moment de cinéma. Un moment d’émotions et d’arnaques avec une intrigue entre deux guerres, qui se fait très intéressante de bout en bout de film.

1927 à Paris, Marcel Péricourt est décédé et c’est sa fille Madeleine qui hérite de sa fortune. Le jour des obsèques, le fils de Madeleine, Paul, onze ans, va commettre un geste qui va avoir bien des conséquences. Ce matin-là, le jeune homme a voulu se suicider et il restera cloué à un fauteuil roulant. Tout en s’occupant de son fils, en essayant de gérer ce deuil, le geste de son petit garçon, et sa fortune « nouvelle », Madeleine ne va pas voir certaines manipulations et bientôt, la jeune mère célibataire va se retrouver ruinée. Ruinée à cause d’un immense et insoupçonnable complot. Seule avec son fils, déclassée, Madeleine va attendre pour se venger…

«  »Couleurs de l’incendie » est un film qui est de belle facture. »

En 2017, Albert Dupontel sortait une véritable bombe avec « Au revoir là-haut« , et c’est la première fois que j’entendais parler de Pierre Lemaître. Ce que je ne savais pas, c’est que l’histoire que Lemaître et Dupontel avaient raconté n’était que le début d’une trilogie. Et voici que cinq années plus tard, c’est Clovis Cornillac qui met en scène sa suite. Une suite qui ne va pas reprendre tout de suite après les événements de « Au revoir là-haut« . Non, « Couleurs de l’incendie » reprend une bonne dizaine d’année après en s’ouvrant sur la mort de Marcel Péricourt, incarné par Niels Arestrup chez Dupontel, et cette nouvelle histoire va s’attarder à suivre Madeleine, la fille Péricourt (incarnée elle, chez Dupontel, par Émilie Dequenne). Ici, on commence par une petite déception, car même si Léa Drucker est excellente dans le film, il est dommage que Clovis Cornillac n’ait pas pris Émilie Dequenne et Niels Arestrup, car dans l’intrigue qu’il va nous raconter, il ne s’est pas passé tant de temps que ça.

Mais voilà, hormis ceci qui est vraiment une déception, pour le reste, « Couleurs de l’incendie » est un film qui est de belle facture. Un film intéressant qui tout en continuant de raconter la famille Péricourt, est aussi un bon film qui parle de l’entre-deux guerres, de la France et de l’Europe, et bien entendu de son histoire, avec des avancées technologiques et évidemment la montée du nazisme.

Du côté du scénario, « Couleurs de l’incendie » est très bien ficelé. Clovis Cornillac nous entraîne dans une histoire qui mélange vengeance, arnaque, famille, magouilles dans le monde politique, mais aussi dans la presse, chronique sociale, faux semblants et doubles visages. Déployé sur presque deux heures vingt, « Couleurs de l’incendie » ne se voit pas passer, et au-delà de ça, dans son intrigue, il sait nous entraîner dans son mystère. De plus, il nous offre tout un parterre de personnages qu’on apprécie découvrir. Des personnages qui parfois sont hauts en couleurs. Ici, on y trouve de tout, des fragiles, de « que la vie et ses coups durs vont se charger d’endurcir », des innocents, des sournois, des manipulés, des amoureux, et bien d’autres encore. Ainsi, lorsque l’on fait la somme de tout cela, du côté de l’intrigue, « Couleurs de l’incendie » est excellent de bout en bout, et même s’il lui manque de l’émotion parfois, cette histoire, une fois commencée, nous accroche du début à la fin.

« Pour cette suite, on trouve un très beau casting, qui donne vie à des personnages, dont même les plus détestables sont excellents à suivre. »

Si le scénario est donc excellent, du côté de la réalisation de Clovis Cornillac, c’est bien moins grand, dans le sens où le réalisateur nous entraîne dans un film assez convenu. Là où Dupontel livrait un film plein de caractère, qui ne cessait de se faire passionnant à regarder, ici, Cornillac livre un film académique. Un film certes très bien fait, avec une belle reconstitution des années 30, des décors assez grandioses parfois et des costumes superbes. « Couleurs de l’incendie » nous offre de jolis plans, une belle composition de cadre, une musique parfois un peu trop envahissante, mais qui reste excellente. Bref, c’est très beau, et très bon et pourtant, il lui manque quelque chose (de la tension et de l’émotion) pour pleinement nous tenir. Par contre, là où le réalisateur excelle, c’est dans l’exécution de cette vengeance, surtout dans ces dernières minutes, où Cornillac suggère et ne tombe pas dans l’écueil des discours. Parfois, un regard est bien plus équivoque que bien des discours.

Enfin, pour cette suite, on trouve un très beau casting, qui donne vie à des personnages, dont même les plus détestables sont excellents à suivre. Fanny Ardant, Alice Isaaz, Clovis Cornillac, Olivier Gourmet, Jérémy Lopez, Nils Othenin-Girard, Alban Lenoir, Olivier Rabourdin, Johan Heldenbergh sont de la partie, même s’il faut bien dire que, au-dessus d’eux, c’est avant tout Léa Drucker qui excelle dans la peau de Madeleine, et Benoît Poelvoorde, qui est merveilleux dans la peau d’un homme d’affaires sournois et qui est surtout la définition de l’ordure.

Cette suite est moins forte et moins fabuleuse que « Au revoir là-haut« , mais c’est toutefois un bon film qui sait nous tenir avec intérêt jusqu’à sa toute fin. Certes classique dans sa forme, il n’en demeure pas moins que Clovis Cornillac réalise un beau film, qui prolonge l’histoire de Madeleine Péricourt et l’on aime ça.

Note : 14,5/20

Par Cinéted

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