novembre 30, 2022

Tous en Scène

Titre Original : Sing

De : Garth Jennings

Avec les Voix Originales de Matthew McConaughey, Reese Witherspoon, Seth MacFarlane, Scarlett Johansson

Année : 2017

Pays : Etats-Unis

Genre : Animation

Résumé :

Buster Moon est un élégant koala qui dirige un grand théâtre, jadis illustre, mais aujourd’hui tombé en désuétude. Buster est un éternel optimiste, un peu bougon, qui aime son précieux théâtre au-delà de tout et serait prêt à tout pour le sauver. C’est alors qu’il trouve une chance en or pour redorer son blason tout en évitant la destruction de ses rêves et de toutes ses ambitions: une compétition mondiale de chant. Cinq candidats sont retenus pour ce défi: Une souris aussi séduisante que malhonnête, un jeune éléphant timide dévoré par le trac, une truie mère de famille débordée par ses 25 marcassins, un jeune gorille délinquant qui ne cherche qu’à échapper à sa famille, et une porc épic punk qui peine à se débarrasser de son petit ami à l’égo surdimensionné pour faire une carrière solo. Tout ce petit monde va venir chercher sur la scène de Buster l’opportunité qui pourra changer leur vie à jamais.

Avis :

Les studios Illumination ont connu un immense succès grâce à leur franchise Moi, Moche et Méchant. Bien évidemment, cela est dû aux petites capsules jaunes que l’on nomme Les Minions et qui auront leur film quelques années plus tard. Fort de cette manne d’argent providentielle, le studio va donc s’imposer un peu plus au milieu des Pixar et autres Dreamworks pour installer des films d’animation joyeux, assez légers, mais qui possèdent pour autant du fond. C’est dans ce contexte que sort Tous en Scène. S’inspirant des télés-crochets pour peaufiner une histoire autour de plusieurs personnages qui se rêvent chanteur, le scénario du film va alors s’appuyer sur des thèmes forts pour brosser des personnages attachants et fournir un véritable jukebox entrainant. Mais, si le film est fort sympathique, il comporte un défaut qui porte préjudice à certains styles musicaux, n’arrivant finalement pas à se sortir de certains clichés.

On va donc suivre le destin semi-tragique de Buster Moon, un koala qui dirige un grand théâtre qui tombe en désuétude, la faute à des pièces qui n’ont jamais marché. Hyperactif et toujours de bonne humeur, le personnage va avoir l’idée de créer un show participatif, un concours de chant, avec une récompense à la clé. Malheureusement, entre les déconvenues de factures impayées, des personnages qui ont des vies compliquées et une banque qui réclame son dû, Buster Moon n’est pas au bout de ses peines. Bien évidemment, le scénario est simple, puisqu’il doit être à destination des enfants. Pour autant, cela ne veut pas dire que l’histoire est simpliste, loin de là. Car le film va s’appuyer sur une pléthore de personnages pour raconter des destins différents, et qui peuvent toucher n’importe qui. Oui, Tous en Scène vise large et joue sur plusieurs tableaux.

« Tous en Scène ouvre les esprits sur le fait de se battre pour ses rêves et de ne jamais renoncer. »

Il est clair que les enfants y verront un véritable feel good movie blindé de chansons connues, avec des personnages drôles, attachants et qui font de nombreuses références aux chansons du moment. Difficile de ne pas craquer devant le groupe de pandas roux qui fait de la K-Pop. Le fil propose aussi, dans ses grandes lignes, un leitmotiv assez intéressant, puisqu’il s’agit ici de croire à ses rêves et de ne pas céder à la peur. Le personnage de Meena, l’éléphante, cristallise tout cela et prouve que si l’on combat sa peur et son trac, on peut faire des miracles. Ainsi donc, Tous en Scène ouvre les esprits sur le fait de se battre pour ses rêves et de ne jamais renoncer. Même quand on est mère d’une famille nombreuse, fils d’un malfrat ou encore un petit escroc à la sauvette.

D’ailleurs, afin de brasser très large au sein du public, le film va jouer sur différentes cordes sensibles. La mère de famille va par exemple se révéler aux yeux de son mari qui se tue au boulot, ou même de ses enfants, qui découvrent une nouvelle facette de celle qui s’occupe tous les jours d’eux. Un moyen de combattre les clichés sur l’apparence et le fait d’être jeune et jolie pour trouver le succès. On aura aussi le jeune gorille, dont le père part en prison par sa faute, mais qui va se battre pour prendre des cours de piano afin de jouer la musique qu’il aime. On aura alors droit à un père qui se rend compte de son erreur et qui va être très fier de son fils. Enfin, on a aussi la porc-épic qui propose son propre morceau rock et qui va s’imposer dans un monde machiste.

« Les rebelles écoutent du Rock pendant que les voyous font plutôt du Jazz. »

Néanmoins, le film possède plusieurs défauts. En premier lieu, on reste sur un scénario cousu de fils dont on connait déjà la fin. On se doute bien que malgré les galères, la finalité sera un grand spectacle et un succès inattendu. Certes, on est dans un dessin-animé à destination des enfants, mais on aurait pu s’attendre à une paire de destins un peu plus funestes. Ensuite, il y a un personnage qui demeure problématique, la souris crooner, qui est un escroc, qui est imbu de lui-même, mais qui va pourtant avoir de grands honneurs, à un tel point qu’on lui pardonne presque sa filouterie. Le message autour de ce personnage demeure ambigu. Enfin, le film joue avec les clichés musicaux, octroyant des caractères en fonction des goûts.

Par exemple, les gens gentils et timides écoutent forcément de la Pop. Alors que les rebelles écoutent du Rock pendant que les voyous font plutôt du Jazz. On reste dans des a priori qui ne sont quasiment jamais remis en cause et qui peuvent porter un regard assez négatif. Le crooner estime que seule sa musique est de la véritable musique. Il dénigre les autres constamment. La rockeuse refuse de faire de la Pop, comme si cela était une insulte. Il y a quelques épiphénomènes qui sont assez pénibles et qui jugent les personnes en fonction de leurs goûts musicaux, et c’est dommage. On retrouve même cela dans Trolls 2 où les méchants sont des métalleux intransigeants et peu ouverts d’esprit…

Au final, Tous en Scène reste tout de même un bon petit film d’animation. C’est beau, c’est coloré, et il y a un parti pris de jouer sur l’anthropomorphisme avec des traits de caractère qui ne correspondent pas forcément à l’animal. Les messages sont globalement positifs et il y a une pléthore de musiques qui font amplement le taf. On restera juste un peu déçu par le happy end téléphoné et des clichés sur les goûts musicaux qui sont un peu pénibles. En dehors de ça, difficile de résister à cette bande et à ces chants si fédérateurs.

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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