janvier 16, 2022

Pay the Ghost

De : Uli Edel

Avec Nicolas Cage, Sarah Wayne Callies, Veronica Ferres, Lyriq Bent

Année : 2015

Pays : Canada

Genre : Thriller, Horreur

Résumé :

Un an après la disparition de son fils pendant un défilé d’Halloween, Mike reste hanté par des visions effrayantes. Accompagné de son ex-femme, il essaie inlassablement de comprendre ces messages et, ainsi, d’enfin pouvoir retrouver son fils. Ses recherches vont lui révéler un ancien secret qui aurait dû rester caché à jamais…

Avis :

Réalisateur très peu connu et pourtant ayant bien roulé sa bosse, Uli Edel va travailler comme assistant réalisateur pour Douglas Sirk sur une paire de téléfilm. Il propose en 1981 son premier long-métrage, Moi, Christiane F. … 13 ans, Droguée et Prostituée, qui va bien évidemment choquer, mais qui va être aussi une belle réussite. Huit ans plus tard, il propose Dernière Sortie pour Brooklyn qui sera une réussite critique, mais un échec commercial. Par la suite, la carrière d’Uli Edel va être fluctuante et de nombreux projets seront accueillis plutôt froidement. C’est en 2008 qu’il arrive à remonter la pente avec La Bande à Baader. Aujourd’hui, Uli Edil vadrouille entre série télé (Houdini, l’Illusionniste), film canadien et film allemand. En 2015, il embauche alors Nicolas Cage et Sarah Wayne Callies pour un film d’horreur qui sera destiné au marché du dvd, Pay the Ghost.

Jamais sans mon fils

Le scénario du film d’Uli Edel tente de mélanger plusieurs genres. On aura des éléments de thriller, durant une bonne première partie du film, auxquels viendront se greffer des passages fantastiques avec l’histoire de cette sorcière, puis on finira dans de l’horreur pure. Ici, on va suivre un suivre un homme ambitieux qui décide d’amener son fils à la fête d’Halloween du quartier. Lors d’un moment d’égarement, il perd son fils dans la foule. Un an plus tard, et après une douloureuse séparation, l’homme en question est obnubilé par le kidnapping de son fils et continue de mener l’enquête. Il va alors découvrir une légende locale à propos d’une sorcière, d’une malédiction et de marginaux qui croient aux légendes. Sans grande surprise, Pay the Ghost essaye de s’accaparer plusieurs styles pour tenter de surprendre son spectateur, mais cela ne marche quasiment pas.

En première cause, le scénario qui est assez inepte. Un homme, que l’on présente comme absent dans la famille à cause de sa voracité au boulot, va perdre son gosse dans la foule. Juste avant de disparaitre, son fils va lui dire une phrase étrange, paye le fantôme. Des bribes lui reviennent un an plus tard et il décide de faire part de son enquête à son ex-femme, à qui des éléments étranges vont lui redonner confiance. Le script se déroule de façon abrupte, avec des moments inutiles, et des passages qui délivrent trop d’éléments d’un coup. Il manque au film de la fluidité, aussi bien dans sa trame générale que dans les relations qu’il essaye de tisser (ou re-tisser) entre les personnages. De plus, le film lorgne sur une sorte de légende locale, qui ne semble pas affoler les policiers, trop cartésiens.

Sauf que lorsque des gosses disparaissent à chaque Halloween, un doute doit s’immiscer quelque part.

Paye ta sorcière

Les inconsistances du scénario se retrouvent aussi dans les relations entre les personnages. Ici, principalement Nicolas Cage et Sarah Wayne Callies. Le couple, qui semble soudé, va se séparer suite à la disparition du gosse. Un an plus tard, elle refuse de parler à son ex-mari, sauf quand des éléments étranges se déroulent sous ses yeux. Indifférence et engueulades prennent alors la poudre d’escampette pour une sorte d’enquête menée à deux, mais où ce bon Nic Cage prend le dessus à chaque fois, réduisant sa femme à une suiveuse qui aura une paire de bonnes idées, mais pas plus. Elle semble même détachée de la disparition de son fils, ou encore de la résolution de ce mystère. Autour de ce couple végètent quelques têtes qui ne servent strictement à rien.

On aura droit à un clochard aveugle (Stephen McHattie) qui fait dans le mysticisme de comptoir, ou une collègue de travail qui semble ne pas exister. Tout ce petit monde joue comme des patates. Nicolas Cage n’est pas honteux, comme il a pu l’être dans Mandy par exemple, mais il campe un personnage de façon désincarnée, essayant de donner corps à un type lambda sans relief. Quant à Sarah Wayne Callies, elle est égale à elle-même. C’est-à-dire que c’est peut-être la pire actrice de la planète. Sans expression, sans envie de donner du coffre à son interprétation, elle joue une mère de famille qui n’a aucun background intéressant. En couplant avec une réalisation qui est souvent aux fraises, confirmant son statut de DTV, Pay the Ghost coche presque toutes les cases du très mauvais film à éviter. Et pourtant, certains éléments tiennent la route.

Les enfants du maquis

Si l’on regarde le film dans sa globalité, c’est en effet assez mauvais. Tout est prévisible et les éléments de l’enquête manquent de consistance et de fluidité. Mais Uli Edel n’est pas un manche et certains passages valent clairement leur coup d’œil. Si le démarrage est laborieux, avec des effets spéciaux d’un autre temps, sur la fin, on va avoir droit à un moment maîtrisé qui mélange macabre et poésie. Lorsque Nicolas Cage rentre dans le monde de la sorcière et se retrouve au milieu d’une foule de gamins fantômes, il se passe quelque chose à l’écran. L’image est belle, les plans sont réussis et il y a une vraie envie de cinéma. Il est dommage que tout ça parte à vau l’eau dans un final grand-guignol, où on récupère des images de synthèse affreuses afin de conclure sur un happy ending poussif et pas vraiment original.

Au final, Pay the Ghost pourrait presque se targuer d’être l’un des DTV les moins honteux de la carrière de Nicolas Cage. Si c’est foncièrement mauvais et sans grand intérêt dans ce que le film nous raconte, il se passe quelques petites choses qui nous font dire que Uli Edel aurait pu faire bien mieux avec un autre budget. Malheureusement, ces quelques fulgurances ne sauvent pas le film d’un ennui poli et d’une place bien ancrée dans le domaine du DTV peu cher.

Note : 07/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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