juillet 15, 2024

Howl

De : Paul Hyett

Avec Ed Speleers, Holly Weston, Shauna Macdonald, Elliot Cowan

Année : 2015

Pays : Angleterre

Genre : Horreur

Résumé :

Dans un train de banlieue londonienne, à la tombée de la nuit, le voyage se transforme en cauchemar lorsqu’un jeune contrôleur et un groupe de voyageurs se retrouvent à devoir lutter à mort contre une créature maléfique et terrifiante…

Avis :

Parmi toutes les créatures fantastiques qui se font adapter au cinéma, le loup-garou est un peu à la traine. Non pas qu’il ne bénéficie pas de longs-métrages plus ou moins intéressants, mais il demeure moins représenté que le vampire, le zombie ou même le fantôme. Qu’importe quand la qualité est au rendez-vous, mais ce n’est pas toujours le cas. Pourtant, le loup-garou est une belle métaphore de plusieurs choses, comme le passage de l’adolescence à l’âge adulte, comme pour Ginger Snaps, ou encore une malédiction injuste qui frappe de pauvres hères sans défense (et là, on pense bien évidemment au Loup-Garou de chez Universal). En Angleterre, on a déjà eu un film de lycanthrope assez intéressant avec Dog Soldiers de Neil Marshal. Venant du même pays, Howl pourrait tirer son épingle du jeu, puisqu’il est réalisé par le maquilleur de The Descent, Paul Hyett. Mais est-ce le cas ?

L’intrigue est on ne peut plus basique. On va suivre le quotidien d’un contrôleur de train qui doit assurer un service de nuit à cause de son patron. Alors qu’il vérifie les billets, on aura droit à une courte présentation de tout un panel de personnages. Entre la femme d’affaires surmenée, le couple de personnes âgées, le fan de football ou encore la jeune femme insupportable, on va avoir droit à des clichés sur pattes, qui seront une bénédiction pour le monstre qui va venir attaquer le train. Car oui, il va y avoir une avarie, le train va s’arrêter sur son trajet et des loups-garous vont venir attaquer les personnes présentes dans les wagons. Bien évidemment, le choix du lieu n’est pas anodin, puisqu’avec un tout petit budget, cela évite des écueils un peu décevants. Et cela permet aussi de mettre de l’argent ailleurs, comme dans les effets spéciaux.

Pour rester dans l’intrigue, Howl possède un véritable problème, les personnalités des personnages présents. On rentre vraiment dans des stéréotypes assez pénibles, où tout un chacun y va avec ses défauts et ses réactions stupides. Le seul véritable intérêt tient sur deux protagonistes, le principal, porté par Ed Speleers (Eragon) et un autre type joué par Elliot Cowan (Peaky Blinders). Pour le premier, on va avoir comme un récit initiatique. Au début, sa demande de poste de direction est refusée, puis il va se faire marcher dessus par quelques passagers, notamment lorsqu’il met une amende à quelqu’un, puis lorsqu’il demande à une jeune femme d’éteindre son téléphone. Constamment rabaissé (il essuie même un refus de rancard avec l’autre contrôleuse), il va s’affirmer en attaquant les monstres, jusqu’à un final un peu grotesque, où sa détermination va l’amener un peu trop loin.

Concernant le deuxième personnage, il subit une évolution contraire. Au départ, il est très sympathique, souriant, et participe même à mettre en place un système d’aide dans les wagons lorsqu’il y a l’accident. Puis petit à petit, il démontre son côté mauvais, assumant de tromper sa femme avec plein d’autres demoiselles, jusqu’à vouloir tuer la vieille dame du train qui s’est fait mordre. La fin réserve alors une confrontation finale presque inespérée, mais qui sera vite expédiée, voire même mise en hors-champ. Howl met donc en perspective deux évolutions différentes, entre un homme qui va devenir un monstre pour s’affirmer et un autre qui passe du statu de monstre à pauvre victime. Alors oui, c’est un peu tiré par les cheveux, mais c’est peut-être le seul intérêt du film. Auquel il faut tout de même rajouter de bons effets spéciaux.

Mais cela n’est pas un hasard, puisque Paul Hyett, le réalisateur, est à la base un maquilleur et chef d’équipe dans les effets spéciaux. On retrouve son nom sur des films tels que The Descent ou bien Attack the Block. Forcément, cela a un impact sur le visuel du métrage. Les loups-garous ne sont pas faits en CGI, il s’agit de véritables costumes et d’animatronics, et cela se voit. Les textures sont réussies, les maquillages sont dingues et cela octroie une belle aura au film. Il en va de même avec les quelques effets gores qui parsèment Howl. Le film se révèle assez généreux pour ne pas susciter de l’ennui, ou une douce moquerie. Les effets numériques sont peu présents, hormis pour les giclures de sang, ce qui permet de ne pas sortir de l’histoire et d’avoir un côté rétro fort plaisant.

Seulement, c’est à peu près tout ce que l’on aura à se mettre sous la dent. Le film ne raconte pas grand-chose d’autre, il reste enfermé dans ce train, et il lui manque une véritable atmosphère angoissante pour nous cueillir. Cela est dû à plusieurs choses, dont la première est l’absence de personnages empathiques. On a tendance à tous les détester, ou tout du moins à ne rien ressentir pour eux. Du geek un peu débile au jeune mécano doué, personne n’a de vrai background et on se fiche complètement de leur sort. De même, il y a quelques pointes d’humour qui ne sont pas du tout maîtrisées. Cela détend l’ambiance, mais comme elle n’était pas forcément tendue, ça désamorce le peu qu’il y avait. C’est dommage, car le film avait une vraie volonté de bien faire, jusqu’à cette nuance de bleu qui baigne tout le long-métrage.

Au final, Howl est un film de loup-garou qui n’est pas foncièrement mauvais, mais auquel il manque plein de petites choses pour le rendre sympathique. Certes, les monstres sont bien faits et l’évolution de deux personnages sont intéressantes, mais c’est peu de chose face aux scories que l’on trouve, comme des protagonistes stupides et inintéressants, ainsi qu’un manque cruel de fond et de critique sociale (ce que l’on aurait pu avoir avec les origines des lycanthropes). Bref, sans être une purge, il manque un réel intérêt pour que Howl soit percutant.

Note : 09/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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