octobre 6, 2022

Project Resurrect – False Reality

Avis :

Qu’il est difficile aujourd’hui de s’imposer quand on veut faire du Heavy. Non pas que le genre soit désuet, il fonctionnera toujours auprès de fans, mais il est tellement phagocyté par de grands groupes intemporels que les « petits » ont du mal à se faire une place. Surtout si ces derniers n’ont pas une identité forte, ou un son particulier. Prenons comme Project Resurrect, groupe américain porté par trois musiciens, Peter Rigopoulos, Wayne Noon et Leandro Sousa Bastos. C’est en 2016 que la formation vient au monde, notamment car Rigopoulos a en marre de participer à des projets qui ne voient pas le jour et dont il n’est pas le frontman. Sans jamais sortir d’EP ou faire confiance à une maison de disques, c’est quatre ans plus tard que sort False Reality, le premier album du groupe, disponible via bandcamp. Et c’est là que tout commence.

Bon, on ne va pas se mentir, Project Resurrect reste un groupe très confidentiel qui n’a jamais vraiment éclaté au grand jour. Malgré ses origines américaines et sa volonté de citer Judas Priest, Helloween ou encore Mercyful Fate, rien ne porte se projet à dépasser ses frontières. Pourtant, le démarrage est vraiment grisant. We are One est une excellente surprise qui permet de prendre le pouls de ce tout nouveau groupe, construit autour de vieux briscards. On ressent un réel amour pour le Heavy à l’ancienne et la production, bien que légère, arrive à offrir un titre pêchu, nerveux et qui donne vraiment envie de se plonger dans le reste de l’album. Keep Moving On sortira du même moule, donnant même un côté plus groovy à l’ensemble, qui pourrait bien faire danser les petits corps. D’autant plus que cela est fait sans jamais renier cette part Heavy old school.

Alors oui, ça aurait eu plus de gueule avec une production digne de ce nom, et cela aurait même pu éviter quelques reverbs pénibles, mais force est de reconnaître que ça ronronne bien et que l’on reste dans un album fait avec le cœur. Et les moyens du bord. Kill or be Killed continuera le bon petit bonhomme de chemin qu’a enclenché le groupe et on se surprendra à bien hocher la tête en rythme avec les riffs puissants. Il faut dire aussi que c’est le titre le plus virulent de l’album. Seul le refrain reste un peu en deçà du reste. Dead Mountain marque le milieu de l’effort, et pour le coup, le groupe sort un morceau de plus de six minutes, et c’est une excellente surprise, peut-être même le meilleur titre de l’album. C’est bien construit, puissant et sans ambages. Bref, un excellent moment.

Arrive alors la seconde moitié de l’album, et là, c’est la douche froide. On a l’impression que le groupe n’arrive plus à suivre la cadence et délivre quatre morceaux qui sont clairement en deçà de tout le reste. Ride or Die manque d’identité, et surtout, il est très mal enregistré. La voix du chanteur n’arrive pas du tout à suivre le rythme ou la mélodie et on a l’impression que le titre a été fait à l’arrache. C’est très étrange après la qualité du morceau précédent. Mais No Cure va aller encore plus loin dans la mauvaise surprise. En effet, malgré sa lourdeur, on va ressentir des ruptures de tons abruptes qui cassent le rythme, comme si le groupe n’arrivait plus à fournir une musique de qualité. On reste alors très déçu par le déroulement du titre qui joue à fond la double-pédale, mais avec une production calamiteuse.

Et que dire des deux derniers morceaux qui n’ont pas vraiment de saveur. Blood on my Hands commence bien avec son rythme presque militaire, mais le tout va redescendre très vite, la faute à, encore une fois, des rythmes qui sont cassés sans liant, montrant les quelques faiblesses du groupe dans sa technique. Mais pire que ça, la voix du chanteur ne monte jamais et n’a pas vraiment de tessiture. On se retrouve donc avec un chant dénué d’intérêt et qui ne parvient jamais à s’imposer face à la musique. In the Dream clôturera alors l’album de façon classique, mais sans génie. Si on retrouve un peu de la verve du début d’album, on reste sur un final trop simpliste et qui ne rattrape pas les déceptions des trois morceaux précédents. C’est dommage, on avait pourtant espoir d’un regain d’énergie et de savoir-faire…

Au final, False Reality, le premier album de Project Resurrect, peut se voir comme une bonne surprise, tant on n’attendait rien de ce groupe. Et si le démarrage fait illusion le temps de quatre morceaux, la seconde moitié de l’effort peine à convaincre et manque d’une production digne de ce nom, mais aussi d’une identité propre qui permettrait au groupe de se démarquer de la masse. Pour l’instant, ce n’est pas le cas, mais qui sait, peut-être que dans un futur plus ou moins proche, Project Resurrect sortira de l’ombre.

  • We are One
  • Keep Monvig On
  • Kill or be Killed
  • Dead Mountain
  • Ride or Die
  • No Cure
  • Blood in my Hands
  • In the Dream

Note : 11/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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