novembre 30, 2021

Hooded Menace – The Tritonus Bell – Que Sonnent les Cloches du Doom

Avis :

Quand on évoque la Finlande, on pense immédiatement au Black Métal et à des types peints en noir et blanc. Il faut dire que le genre provient très souvent de ce pays, tout du moins, les meilleurs à officier là-dedans. Pour autant, d’autres groupes ont su s’imposer rapidement dans un autre style, à savoir le Death/Doom. Sous genre qui mélange la lente rythme du Doom à des éléments gutturaux du Death, on retrouve l’un des meilleurs groupes au pays des mille lacs. Hooded Menace se forme en 2007 et sort son premier album l’année suivante sous le label Doomentia et Razorback. Par la suite, le groupe va changer de label à chaque album, avant de trouver une certaine stabilité chez Relapse Records. The Tritonus Bell va mettre du temps à arriver. Six ans pour être précis, ce qui est inhabituel pour le groupe.

Ce cinquième effort sera l’occasion de présenter le nouveau chanteur du groupe, Harri Kuokkanen, qui vient remplacer le fondateur de la formation, pouvant dès lors se concentrer un peu plus sur la gratte. Avec ce petit changement, on pourrait craindre un changement de route pour les finlandais, mais il n’en est rien. L’album commence par une introduction, Chthonic Exordium, qui rappelle bien évidemment un certain Lovecraft. La pluie fait son entrée avec un solo de gratte très précieux qui pose une atmosphère délétère et orageuse. Plus Heavy que Doom ou Death, on se laisse pourtant prendre au jeu et on se languit déjà le titre suivant, Chime Diabolicus. Et autant dire que ça envoie du lourd, du très lourd. Le début est très groovy, avec un riff mortel et bien gras, qui va permettre au chanteur de faire valoir sa voix gutturale.

Long titre de plus de huit minutes, on ressent dès lors toutes les influences de la formation, qui va digérer cela de la plus belle des façons. Alternant entre des rythmiques plus rapides et des moments plus lourds et pesants, Hooded Menace délivre un morceau puissant, dense et percutant. Le plus intéressant est aussi que le groupe ne tombe pas dans une surenchère d’effets. On aura droit à un bon break, un joli pont et des solos efficaces, sans que cela ne fasse surplus technique. Les finlandais trouvent un parfait équilibre dans leur morceau. Il en sera de même avec Blood Ornaments, qui va encore plus loin avec ses neuf minutes. Plus sombre, il n’empêchera pas les musiciens de lorgner de temps à autre vers un Groove impeccable et quelques sludges intéressants. On notera avec ce titre une ambiance noire plus prégnante et une voix d’outre-tombe parfaite dans l’exercice.

Those Who Absorb the Night est un titre un peu plus court, mais qui contient quelques moments importants. En effet, le démarrage est moins rude que les autres titres. Si on ressent une certaine rudesse, on trouvera aussi, de manière inattendue, une certaine émotion qui se dégagera des grattes et de la mélodie. Restant dans un registre sombre qui évoque bien évidemment les récits de H.P. Lovecraft, le groupe arrive à trouver un parfait équilibre entre une violence inhérente au genre, une ambiance macabre à souhait et une sorte de mélancolie qui touche. Cela sera par contre absent de Corpus Asunder, qui démarre au galop pour mieux nous percuter. Trouvant toujours le ton juste pour mieux nous surprendre, Hooded Menace alterne les sous-genres, rendant son titre un coup Groovy et parfois plus rugueux, pour un résultat quasi-parfait.

Avec Scattered Into Dark, les finlandais impose, encore une fois, un long morceau à la fois puissant, lourd et pourtant magistral. La construction, tortueuse, est pourtant lisible et se pare même d’un refrain qui va faire mouche à chaque fois, chose rare pour du Death/Doom. Instruments of Somber Finality sera une sorte d’outro qui permet de conclure cet album de la plus belle des façons. Entièrement instrumental, restant dans l’aspect sombre et glauque que veut le groupe, c’est une excellente façon de terminer un album d’une si grosse intensité. Cependant, Hooded Menace offre une dernière surprise à ses fans, en reprenant The Torture Never Stops d’un certain Frank Zappa. En moins psychédélique et en plus concis, mais cela permet de voir une autre facette du groupe et sa capacité d’aller vers des terrains autres.

Au final, The Tritonous Bell, le dernier effort de Hooded Menace, est une vraie tarte dans la tronche. Les finlandais restent fidèles à leur crédo et balancent un Doom/Death à la fois lugubre et dense, tout en tricotant autour des mélodies mélancoliques et désespérées. Le résultat est à la hauteur de l’attente, six ans, et cela permet d’installer de façon durable le groupe dans les sphères d’un sous-genre trusté par Candlemass ou Asphyx. Bref, c’est excellent.

  • Chthonic Exordium
  • Chime Diabolicus
  • Blood Ornaments
  • Those Who Absorb the Night
  • Corpus Asunder
  • Scattered Into Dark
  • Instruments of Somber Finality
  • The Torture Never Stops

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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