octobre 6, 2022

The Dead Daisies – Holy Ground

Avis :

Cela fait un petit moment déjà que des musiciens de divers groupes cultes ont voulu se réunir pour former une autre bande. On appelle cela un Supergroupe. Them Crooked Vultures ou Chickenfoot sont des exemples qui ont bien fonctionné et qui ont donné des résultats plus que satisfaisants. The Dead Daisies fait partie de ces supergroupes et s’est fondé en 2013 autour du guitariste rythmique David Lowy. A Raison de presque un album par an, le groupe est très actif, mais il l’est aussi dans le changement de line-up, avec une pléthore de musiciens qui bougent en fonction des albums. Holy Ground est le cinquième effort du groupe, et il affiche David Lowy, bien évidemment, mais aussi Doug Aldrich (Whitesnake) à la guitare, Tommy Clufetos (Black Sabbath) à la batterie et Glenn Hughes (Deep Purple) au chant. Du joli monde pour un album plaisant.

Le skeud débute avec Holy Ground (Shake the Memory) et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on navigue en terrain connu. Le groupe longe dans un Hard’n’Heavy très classique et qui ne viendra pas bousculer notre quotidien. C’est bien fichu, le refrain est bien catchy et Glenn Hughes peut facilement poser sa voix nasillarde. Histoire de bien rentrer dans quelque chose de calibré, on aura même droit à un joli solo des familles. Alors certes, c’est hyper bien fait et la production est costaude, mais on reste dans quelque chose d’attendu et de sans surprise. Like no Other (Bassline) est aussi un morceau qui reste dans une certaine zone de confort. Alors oui, ça laissera plus de place à la basse et c’est un poil funky, mais on reste dans un moule qui semble bien convenir au groupe.

Il est certain que tout cela donne une furieuse envie de bouger, et les prestations scéniques doivent être énergiques, mais sur un album, on reste sur une ligne bien définie, presque trop. Come Alive démarre sur les chapeaux de roues et se révèle être l’un des titres les plus puissants de l’album, et cela même s’il reste dans un schéma connu, et même très marqué 80’s. Bustle and Flow sera du même calibre, avec quelques élans bluesy par désagréable. Quant à My Fate, il lorgnera plus du côté d’un Heavy bien lourd, qui pourrait presque ressembler à du Doom, si l’ambiance était un peu plus lourde, avant de s’assagir dans les couplets. Néanmoins, le vrai problème que l’on va avoir avec tous ces titres, c’est qu’ils peuvent apparaître comme générique et ne restent pas vraiment en tête. Un souci récurrent dans cet album.

Car globalement, tous les morceaux sont bons et on prend un réel plaisir à l’écoute. Mais force est de constater qu’il manque quelques petits éléments pour faire de cet effort un skeud mémorable et qui tient bien la route. Chosen and Justified ressemble à tous les autres morceaux, sans jamais avoir un truc qui permet au titre de se démarquer. Il en va de même avec Saving Grace qui cherche une fois de plus à être un peu funky tout en gardant des riffs assez lourds et agressifs. Et Unspoken repart dans un Hard bien fichu, mais qui manque cruellement de personnalité. Alors, encore une fois, c’est très loin d’être mauvais, et les mecs sont des techniciens de folie, mais ça ne marque pas. Le plaisir est immédiat, mais il ne reste pas sur la durée, ce qui est dommage.

30 Days in the Hole est un titre qui va néanmoins sortir du lot car il est plutôt joyeux et assez amusant. Il renoue avec un Rock des années 70 et permet au groupe de montrer une autre facette. Même le refrain est convivial et invite à chanter en chœur avec le groupe. Righteous Days, par contre, revient aux premiers amours du groupe, qui replonge dans ce qu’il sait faire de mieux. Enfin, Far Away tente de sortir de son cocon d’un peu plus de trois minutes pour fournir une grosse pièce de plus de sept minutes, et c’est relativement maîtrisé. De plus, ça démarre comme une ballade avant d’aller vers quelque chose de plus percutant, où la technique va primer sur le reste. Et ça fonctionne à plein régime, même si on reste dans un carcan bien défini.

Au final, Holy Ground, le cinquième album de The Dead Daisies, est globalement une réussite et on ne peut nier le talent du groupe. Les titres sont endiablés, la bande évite avec brio le piège de la ballade sirupeuse et il y a une belle énergie qui se dégage de l’ensemble. Cependant, aucun titre ne reste vraiment en tête et on constate que la formation reste dans sa zone de confort, se contentant bien souvent de fournir des morceaux radiophoniques pour le public américain. Bref, un album qui, techniquement, est très bon, mais qui manque d’audace et d’une volonté de bousculer un peu les fans de la première heure.

  • Holy Ground (Shake the Memory)
  • Like no Other (Bassline)
  • Come Alive
  • Bustle and Flow
  • My Fate
  • Chosen and Justified
  • Saving Grace
  • Unspoken
  • 30 Days in the Hole
  • Righteous Days
  • Far Away

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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