octobre 6, 2022

Quiet Riot – Hollywood Cowboys

Avis :

Il est un fait rarissime mais qui existe, les groupes qui continuent d’exister avec aucun membre de la formation originelle. Cela se peut lorsqu’il y a une passation progressive entre les différents musiciens, jusqu’à ce que le dernier membre d’origine parte à son tour, laissant alors les rênes à de jeunes nouveaux. C’est le cas pour Quiet Riot. Formé dans les années 70, le groupe est considéré comme la première bande de Heavy à avoir fini première dans les charts avec son titre Cum on Feel the Noize. Mais les années passant, Quiet Riot a fini par se faire tout petit, et même si le groupe est toujours vivant aujourd’hui, il a du mal à trouver un line-up stable, allant jusqu’à recruter un chanteur de télé-crochet pour sortir Hollywood Cowboys en 2019. Certainement le pire effort du groupe, qui n’a pas grand-chose à dire.

Dès le départ, et le titre Don’t Call it Love, on sent que l’on ne va pas dans le bon sens. La rythmique est molle, mais surtout, la production est pitoyable. On dirait que le groupe a enregistré dans un vieux garage dégueulasse. Les back-ups sont très mauvais, mais ils semblent obligatoires pour aider le nouveau chanteur qui n’arrive pas donner de l’épaisseur à l’ensemble. D’ailleurs, on se demande encore pourquoi le groupe est allé prendre James Durbin, un illustre inconnu qui a fini quatrième au dixième concours d’American Idol. Il n’y avait personne pour prendre le micro ? Le mystère reste entier. Mais la voix du chanteur n’est pas le seul défaut de ce nouveau line-up, qui enfile des perles sans aucun talent, ni grande envie de bousculer les codes. On est très loin d’un Heavy percutant, et on lorgne souvent vers un Rock mou du genou.

In the Blood ne réserve aucune surprise, si ce n’est de ralentir un peu plus le rythme, mais n’arrivant jamais à remonter une pente raide. C’est bien simple, on s’ennuie bien vite, et malgré un refrain qui aurait pu être catchy, on ne peut faire fi du manque de moyens que le groupe met en avant. Heartbreak City semble sortir tout droit des années 80, et ce n’est pas Def Leppard qui pourra contredire cela, tant le titre a des années de retard. The Devil That you Know se veut plus percutant et plus rapide, mais le groupe arrive à foirer le démarrage avec un manque flagrant de liant entre les instruments. Tout est déstructuré et manque cruellement d’ambition. Et Change or Die sera peut-être le début de la fin, avec tout ce qu’il ne faut pas faire. Là, c’est clairement le chanteur qui n’a pas les épaules pour assumer.

Arrivé à mi-chemin de l’album, on se demande où est passé le génie de Quiet Riot. Certes, certains passages techniques sont plutôt bons, mais on reste dans quelque chose de très formaté, et dont les paroles, bien souvent sur l’amour, sont d’une rare futilité. Il est bien loin le côté transgressif du groupe. Roll On sera d’ailleurs la quintessence de la chute du groupe, s’offrant un titre blues sans aucun génie. C’est même moche, avec quelques vibrations hawaïennes qui ne collent pas du tout à l’ambiance voulue. C’est catastrophique à bien des égards. Puis arrive Insanity et son intro à la Painkiller de Judas Priest, mais qui va se terminer en eau de boudin, avec un titre qui perd peu à peu de son intensité pour suivre une ligne de basse mollassonne. Hellbender ne redorera pas le blason du groupe, avec un morceau générique à souhait.

Histoire de nous achever, Quiet Riot propose alors Wild Horses (rien à voir avec les Rolling Stones) qui semble sortir d’un groupe de seconde zone des années 70. Non seulement ce n’est pas très bon, mais en plus, c’est mal chanté et mal joué. C’est une vraie aberration à écouter. Holding On ne viendra pas nous bousculer, restant dans un train-train quotidien fainéant et sans saveur. Last Outcast essaye de mettre en avant des riffs un peu plus lourds, mais l’ensemble reste plat. Quant à Arrows & Angels, on sent qu’il est temps que le calvaire se finisse tant il n’y a rien à sauver là aussi. C’est d’une platitude déconcertante, et surtout, ça n’a aucun intérêt !

Au final, Hollywood Cowboys, le dernier album en date de Quiet Riot, est une amère déception et peut-être le pire album du groupe. Non seulement le côté Heavy est passé complètement à la trappe, mais en plus, le groupe nous assène de morceaux qui n’ont aucun intérêt, qui sont mal joués et surtout mal chantés. Il n’est pas étonnant donc de voir qu’aujourd’hui, James Durbin a été remercié par le groupe. En espérant, dès lors, des jours meilleurs pour les américains.

  • Don’t Call it Love
  • In the Blood
  • Heartbreak City
  • The Devil That you Know
  • Change or Die
  • Roll On
  • Insanity
  • Hellbender
  • Wild Horses
  • Holding On
  • Last Outcast
  • Arrows & Angels

Note : 06/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.