décembre 6, 2022

Hard Saison 1

D’Après une Idée de : Cathy Verney

Avec Natacha Lindinger, François Vincentelli, Fanny Sidney, Anne caillon

Pays : France

Nombre d’Episodes : 6

Genre : Comédie

Résumé :

A 40 ans, Sophie, brutalement veuve, hérite de la boîte de son mari. Elle croyait qu’il faisait du fret sur Internet. Elle découvre qu’il dirigeait une société de production de films porno. Bien qu’horrifiée par cet univers, Sophie s’éprend de Roy Lapoutre, une star du X. Va-t-elle tenter cette histoire impossible ? Va-t-elle assumer la casquette de productrice de films X face à ses enfants ados et à son entourage petit-bourgeois ? Heureusement, ses copines s’en mêlent. Et là, ça devient franchement pire…

Avis :

Dans la catégorie des artisans du cinéma français qu’on ne connaît pas vraiment, aujourd’hui, je m’arrête sur Cathy Verney. Actrice en début de carrière, Cathy Verney débute dans le cinéma à la fin des années 90. Si elle trouve de petits rôles à droite et à gauche, elle reste très discrète, et on la retrouve soit dans des téléfilms, soit dans des séries télés. C’est en 2008 que le nom de Cathy Verney va quelque peu sortir de l’ombre, lorsqu’elle intègre la nouvelle trilogie de Canal +. Parmi les projets retenus, l’idée de Cathy Verney sera retenue par la chaîne et l’actrice, devenue showrunneuse, verra alors la possibilité de réaliser une première saison.

Depuis plusieurs années maintenant, Canal + produit de nouvelles créations, notamment dans le domaine des séries. On doit à la chaîne des séries à succès telles que « Braquo« , « Les revenants« , « Engrenage » ou dernièrement « Hippocrate » ou encore « Ovnis« . Bref, parmi toutes les séries que la chaîne a créées, il y a en a une qui fut un chouette et drôle de petit moment. Cette série, c’est « Hard« , et elle s’aventurait dans le milieu du porno, à travers une femme qui, à la mort de son mari, découvre le véritable métier de ce dernier.

Originale de par son approche, amusante, osée sans trop l’être en même temps, les six épisodes de cette première saison se laissent très gentiment regarder. Certes, nous ne sommes pas non plus dans une très grande série, mais l’ensemble se regarde très vite, et les personnages sont attachants, puis derrière ça, pour l’avoir découverte à l’époque, « Hard » laisse quelques bons souvenirs, car la découverte de ce milieu à travers les yeux de cette bourgeoise donne quelques moments assez comiques.

Sophie vient d’une famille bourgeoise catholique. Sophie a fait un beau mariage d’amour, et elle a renoncé à sa carrière d’avocate pour se consacrer à ses enfants. Or, à l’aube de ses quarante ans, Sophie se voit devenir veuve, lorsque son mari, qui faisant quelques petits travaux, chute du toit de la maison. Sophie est dévastée, mais elle est très loin d’avoir touchée le fond, car avec la mort de son mari, sa belle-mère va lui apprendre que le site internet que son mari avait monté n’était absolument dans le transport de marchandises. Non, son mari avait monté un site pornographique, et aujourd’hui, c’est Sophie qui en hérite et qui en est la dirigeante…

Créée, écrite et réalisée par Cathy Verney, cette première saison de « Hard » réunit bien des ingrédients pour offrir un mini show tout ce qu’il peut y avoir de plus sympathique. Alors oui, il est vrai que « Hard » n’est pas une grande série, mais elle réussit avec son humour, son côté décalé et le regard qu’elle pose sur ce milieu assez tabou à nous faire passer un bon moment, aussi amusant que finalement attachant. Avec cette série, Cathy Verney a l’envie d’explorer un monde fermé, qui est plein de préjugés, de clichés et d’avis faits à l’emporte-pièce, et c’est à travers le regard d’un personnage qui est à l’opposé de ce monde-là, que la jeune créatrice nous invite à découvrir cette industrie.

C’est vrai que cette première saison de « Hard » a un eu de mal à vraiment se fixer. La série a assez peu de temps pour présenter ses personnages, poser son contexte et surtout creuser son milieu. Cette première saison en un sens, effleure le milieu du porno, ou du moins ses problématiques. « Hard » abordera bien les tournages, les horaires de travail, l’idée de travail au travers du personnage de Roy Lapoutre, hardeur de métier. D’ailleurs, ce personnage est le plus intéressant de la série, car c’est avec lui que la série pose de bonnes questions quant au métier, et l’image qu’il en donne au travers de préjugés.

Derrière ça, la série sera aussi amusante qu’intéressante, car même si elle survole beaucoup pour cette première saison, Cathy Verney pose des personnages attachants, et le côté décalé que la série peut avoir nous amuse et l’on se plaît à suivre cette femme et surtout ses découvertes. Puis c’est intéressant de la voir se décoincer au fur et à mesure des épisodes. D’ailleurs, ce personnage est tenu par l’excellente et trop rare Natacha Lindinger qui fait de petites merveilles en veuve coincée, scandalisée et qui finalement se laisse prendre au jeu.

On notera aussi que du côté des personnages, la série nous offre un Francois Vincentelli terrible et très touchant en hardeur qui se « rêve » autrement. On trouvera aussi Katia Lewkowicz en meilleure amie très décalée et cash. On trouvera aussi Michèle Morreti en belle-mère un peu trop impliquée, Stephan Wojtowicz en réalisateur et producteur un brin dégueulasse, Charlie Dupont en hardeur au fort accent, ou encore Fanny Sidney tordante et épuisante avec ses listes à n’en plus finir.

Côté mise en scène, si la série tient un bon rythme, et offre six épisodes qui se dégustent très vite, visuellement parlant, l’ensemble a pris un petit coup de vieux, avec quelques idées de mise en scène, et surtout de montage, qui sonnent un peu cheap. Puis derrière ça, la série n’a pas un budget incroyable non plus, et ça se sent à l’écran. Si Cathy Verney arrive à plutôt assurer dans la construction de cet univers, la série en elle-même ne s’aventure pas bien loin, restant principalement sur deux ou trois lieux, car elle ne peut pas plus.

De plus, comme je le disais plus haut, là où la série peut résonner comme une déception, c’est dans l’exploration du milieu d’un studio de production pornographique, car après le premier épisode qui donne le ton, la série ne creuse pas vraiment plus, et surtout elle manque, entre guillemets, de cocasserie et de fantaisie (quoi que certains dialogues valent leur petit pesant d’or).

Cette première saison de « Hard » pose les bases d’une bonne petite série. Amusante, drôle, un brin fun, mettant un pied de façon soft sur un sujet délicat, Cathy Verney nous amuse et ces six premiers épisodes font leur petit effet, et à la fin de cette saison, notamment avec son final, assez évident et en même temps étonnant, on n’a qu’une envie, c’est de voir la suite.

Note : 13,5/20

Par Cinéted

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