septembre 27, 2022

The Resort

De : Taylor Chien

Avec Bianca Haase, Brock O’Hurn, Michael Vlamis, Michelle Randolph

Année : 2021

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Quatre amis se rendent à Hawaï pour enquêter sur une station balnéaire abandonnée et supposée hantée, dans l’espoir de retrouver la tristement célèbre Half-Faced Girl. Mais à leur arrivée, ils vont vite devoir faire attention à leurs désirs les plus intimes.

Avis :

On le dit assez souvent lorsque l’on attaque le premier film d’un réalisateur, l’horreur est un terrain d’expérimentation assez joyeux. De nombreux grands cinéastes ont commencé par cette case, et certains ne l’ont jamais vraiment lâchée. Pour autant, le genre horrifique est le plus répandu dans le septième art, et c’est celui qui est devenu le plus produit, tout genre confondu. Forcément, on retrouve à boire et à manger dans ce qui sort chaque année, mais force est de constater que trouver de la qualité dans l’horreur, c’est souvent compliqué. Soit parce que c’est fauché, soit parce que c’est mal filmé, soit parce que les acteurs sont nuls, soit parce que l’histoire n’a aucun sens. Parfois, tous ces défauts sont combinés au sein d’un seul et unique film. C’est le cas pour The Resort de Taylor Chien, disponible depuis cette année sur Prime Video.

Le film raconte l’histoire de quatre potes, deux filles et deux gars, qui partent en vacances à Hawaii pour l’anniversaire de l’une d’entre elles. Cette dernière écrit un roman sur un phénomène paranormal se déroulant dans un complexe hôtelier maudit sur l’île. Les trois amis lui ont alors concocté une surprise, une séance d’urbex dans ce complexe pour voir s’il est bien hanté. Sans grande surprise dans sa trame, le film suit des rails que l’on connait par cœur. On aura droit à une rapide présentation des personnages, avec des fonctions diverses, puis à quelques balades dans le complexe, jusqu’à ce que la nuit tombe et que les phénomènes prennent de l’ampleur. On sent que c’est un premier film dès le départ, avec un groupe d’acteurs qui n’est franchement pas terrible. Mais le pire reste le traitement des protagonistes, à côté de la plaque.

On va vite identifier qui fera quoi dans ce petit groupe. Parmi les filles, on a la brune qui écrit son bouquin, et qui sera ravie d’aller faire un tour dans un complexe fantôme. On a la blonde, la bombe anatomique, qui veut faire plaisir à sa copine, mais qui n’en a un peu rien à foutre de cette histoire d’esprit. Quant aux hommes, on a droit à l’alcoolique de service, qui joue les petits rigolos, se baignant à poil, ou sortant des vannes toutes les deux secondes. Enfin, il reste le gentil de base, celui qui est amoureux de la brune et qui ferait n’importe quoi pour la séduire. Les rôles sont très ciblés et on n’aura aucune surprise sur qui part en premier. C’est tout le problème, les personnages semblent incapables de sortir de leur condition et de leur problème.

Bien évidemment, on devinera sans problème l’ordre des morts, et les effets ne sont pas forcément très intéressant. Fauché comme les blés, le réalisateur tente de faire peur avec quelques incrustations lointaines, des ombres qui passent en arrière-plan ou encore des effets plastiques très moches. Le film n’a pas vraiment d’ambiance. On navigue dans un hôtel immense inhabité, mais entre la flore luxuriante et la lumière du soleil, le coin est plus idyllique qu’effrayant. D’autant plus qu’il ne semble pas avoir une grande histoire, si ce n’est le résumé que l’on nous présente, avec le fantôme au demi-visage. Taylor Chien n’arrive pas à retranscrire une ambiance mortifère et glauque, la faute aux décors trop sages et à un manque cruel de moments vraiment angoissants. Même les dix dernières minutes seront sabordées par une réalisation aux fraises et un montage nullissime.

Si le scénario est d’une débilité abyssale, et que la mise en scène est d’une pauvreté affligeante, il ne faut pas oublier que les acteurs sont complètement à la masse. C’est bien simple, aucun ne sauve le film du naufrage, et surtout, aucun ne semble investi dans son rôle. Seul Brock O’Hurn tire son épingle du jeu, avec une certaine sobriété. Mais on a tout de même l’impression qu’il est en vacances. Il faut dire qu’il est compliqué aux comédiens de donner du crédit à certaines scènes, comme cette séquence voyeuriste de baignade, avec quelques gros plans sur les culs des filles. Le truc n’a aucun intérêt, si ce n’est de pousser, difficilement, la durée du film à 1h10. Une durée qui semble s’allonger tant on s’ennuie très vite face à ce vide intersidéral où rien, absolument rien, ne va.

Mais le pire dans tout ça, c’est que The Resort ne raconte absolument rien et n’arrive même pas à traiter de thèmes intéressants. Il aurait pu questionner sur l’opportunisme de cette jeune femme qui met tout le monde en danger pour écrire son bouquin. Il aurait pu parler de l’histoire de l’ile de façon plus prégnante qu’une simple vidéo youtube, avec des éléments plus concrets. Mais non, Taylor Chien reste en surface et ne propose qu’une histoire lambda où tout le monde meurt sur les dix dernières minutes. Non seulement c’est mauvais, mais en plus c’est vide de sens. Le seul truc que l’on ne peut reprocher au film, c’est sur la technique, car il ne fait pas film fait à la maison avec les potes. Le film a ce cachet de « vrai » film, et évite clairement le statut de film fauché ou de found-footage dégueulasse.

Au final, The Resort est une immense bouse qui vous fera perdre 1h10 de votre temps. Doté d’une histoire sans intérêt, de personnages insupportables, d’acteurs au rabais et d’une ambiance aux abonnées absentes, rien ne viendra nous secouer un peu. Si ce n’est l’envie de dormir d’un sommeil très profond. Reste une technique propre et deux actrices d’une beauté sidérante. Mais est-ce pour cela que l’on regarde un film d’horreur ? Pas vraiment. Un échec pur et simple.

Note : 02/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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