avril 24, 2024

Gus G. – Fearless

Avis :

Bon nombre de guitaristes légendaires ont commencé dans des groupes avant de tenter l’expérience solo. Certains n’y sont pas revenus, mais d’autres persistent et signent, à l’image de Gus G. Si son nom est moins connu que Joe Satriani ou Tom Morello, le bonhomme a tout de même officié dans de grands groupes, à l’image d’Arch Enemy en live en 2005 ou encore Ozzy Osbourne jusqu’en 2017. Fort de ces expériences, il va tenter l’aventure solo alors qu’il reste dans son groupe de cœur, Firewind. Le guitariste d’origine grecque va commencer cela en 2001 avant de prendre treize ans de pause pour se consacrer à tous ses groupes. C’est clairement avec son deuxième album studio solo qu’il va trouver la force de continuer sur cette voie. En 2019, il sort Fearless, son quatrième effort, et c’est bien là que l’on va ressentir toutes ses influences.

Letting Go ouvre le bal et on entre en plein dans du Métal Alternatif. Le riff d’introduction est puissant, la rythmique est rapide, et par moments, on pense à du Alter Bridge, voire du Mark Tremonti. Et la comparaison n’est pas si hasardeuse, puisque d’un point de vue vocal, on s’en rapproche. Point de growl ou de harsh, ici, c’est du chant clair propre et sans fioriture. Bref, l’entrée en matière est plus que plaisante. Une joie que l’on retrouvera avec Don’t Tread on Me, qui n’est pas une reprise de Metallica. Le guitariste s’amuse dans le même registre, en donnant une ambiance un peu rude et surtout, un refrain catchy en diable qui reste immédiatement en tête. Bref, même si ça reste très calibré et sans grande surprise, ça marche à fond les ballons et on se surprendra à chanter et bouger la tête dans tous les sens.

Entre ces deux titres relativement réussis, on retrouvera Mr. Manson, qui est plus Heavy qu’autre chose. C’est très sympathique, mais on reste sur quelque chose d’assez calibré. Bien évidemment, le principal intérêt revient au solo, parfaitement maîtrisé, montrant que Gus G. reste un vrai tueur de la gratte. Nothing to Say lorgnera vers la petite ballade amoureuse avec quelques élans plus nerveux. Quant à Chances, on restera un peu sur notre faim, avec un titre transparent et sans grand intérêt. Comme quoi, on peut être un Dieu de la guitare, et parfois se louper gentiment avec des morceaux qui manquent un peu d’épaisseur. Ce qui ne sera pas le cas avec Big City et son Hard’n’Heavy fort plaisant, ultra efficace dans son riff et son refrain. Tout comme Last of my Kind, qui est assez sombre et délivre un moment un peu plus nerveux.

Bien évidemment, quand on écoute l’album d’un guitariste émérite, on s’attend à avoir des morceaux uniquement instrumentaux, et c’est le cas ici. Fearless ouvre le bal, et c’est très intéressant dans son démarrage, puisque l’on va pouvoir entendre quelques pickings avant de balancer un riff bien rugueux. Gus G. est un tueur, il le sait, mais il n’en oublie pas pour autant la mélodie. Ainsi, le titre raconte vraiment une histoire, et il ne serait pas bien difficile d’y accoler quelques paroles. Il en va de même pour Thrill of the Chase, avec un début très Hard, ou encore Aftermath, que l’on peut retrouver dans la version bonus de l’album. Nervosité, maestria, rapidité, tout y est pour en prendre plein la mouille, et ça fait plaisir. Enfin, petit bonus, mais pas des moindres, la reprise de Dire Straits, avec Money for Nothing.

Si la reprise est très fidèle à l’original, Gus G. fournit tout de même une énergie nouvelle, avec un riff plus puissant, plus lourd, et cela donne un autre aspect à ce hit. Sans pour autant le dénaturer, ce qui est très important. C’est-à-dire que le musicien se réapproprie le morceau, on le reconnait, mais il y apporte sa patte, montrant que cette reprise n’est pas de l’opportunisme mal placé, mais un hommage pensé.

Au final, Fearless, le quatrième album solo pour Gus G., est une réussite sur bien des points. Le musicien est de plus en plus à l’aise dans les parties vocales, et il est très bon dans les solos, qu’il place avec parcimonie et ingéniosité. Le seul regret que l’on pourrait avoir, c’est que finalement, il n’y a pas vraiment de surprise dans cet effort. Certes, c’est réussi, c’est prenant, mais il manque un hit en puissance, ou une paire de morceaux qui nous laissent sur le cul. Là, ce n’est pas le cas, et on se retrouve face à un album fort plaisant, mais auquel on sent qu’il manque un petit truc.

  • Letting Go
  • Mr. Manson
  • Don’t Tread on Me
  • Fearless
  • Nothing to Say
  • Money for Nothing
  • Chances
  • Thrill of the Chase
  • Big City
  • Last of my Kind
  • Little Ain’t Enough
  • Aftermath

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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