juin 29, 2022

Heartstopper Saison 1

D’Après une Idée de : Alice Oseman

Avec Kit Connor, Joe Locke, Corinna Brown, Kizzy Edgel

Pays : Angleterre

Nombre d’Episodes : 8

Genre : Romance, Drame

Résumé :

Partageant une passion commune pour le rugby, les deux adolescents Charlie et Nick deviennent vite amis. Le premier tombe bientôt amoureux de son camarade, même s’il pense qu’il n’a aucune chance.

Avis :

Au rayon des cinéastes anglais qui ont une jolie carrière, mais dont on ne connaît pas vraiment les noms, aujourd’hui, on s’arrête sur le cas d’Euros Lyn. Natif du Pays de Galles, Euros Lyn est un réalisateur habitué du petit écran. Il débute à la fin des années 90 avec un court-métrage puis quelques épisodes de la série « Pam Fi Duw ?« . Par la suite, Euros Lyn va travailler sur beaucoup des séries britanniques à succès, « Doctor Who » avec la réalisation de beaucoup d’épisodes dont deux épisodes spéciaux avec « The end of time », qui fut assez traumatisant. Quand on survole sa filmographie, on trouve des titres comme « Broadchurch« , « Torchwood« , « Sherlock« , « Black Mirror« , « Cucumber« , « Daredevil » ou « Kiri« . À noter que l’année passée, Euros Lyn a sorti discrètement son premier long-métrage, « Dream Horse« .

Arrivée discrètement sur Netflix, « Heartstopper » est l’adaptation en série télé du roman graphique d’Alice Oseman qui a connu un joli succès en Angleterre et aux Etats-Unis. Tenu par Alice Oseman en tant que showrunner et scénariste, voici qu’arrive donc les huit premiers épisodes de « Heartstopper » qui s’étalent sur une durée d’une petite demi-heure chacun. Jolie, fantaisiste, sensible, romantique, drôle parfois, touchant souvent, loin de tout cliché ou tout wokisme, sachant très joliment parler d’amour et de découverte de soi, « Heartstopper » est une bonne petite série, qui malgré quelques maladresses, ravivera nos cœurs et fera même tourner nos têtes.

Charlie est un adolescent sensible et à part dans son lycée pour garçons. Gay et ayant fait son coming-out, Charlie entretient une relation secrète avec Ben, un adolescent un peu perdu, qui tient à ne surtout pas être vu avec Charlie. Un matin comme un autre, Charlie se voit attribuer une place en cours à côté de Nick, un ado qui fait du rugby et plus largement qui est populaire au sein de l’école. Le contact entre les deux garçons passe étrangement très bien et Charlie aimerait bien que cette amitié naissante se transforme en autre chose, et ce qu’il n’avait pas prévu, c’est que Nick, derrière l’image qu’il renvoie, se trouve finalement perdu, et même attiré par Charlie.

Pour cette première saison, Alice Oseman et Euros Lyn, en termes de trame, ne racontent rien de vraiment extraordinaire, puisqu’ils vont nous peindre la rencontre entre deux garçons très différents l’un de l’autre, qui vont se plaire, se rapprocher et s’aimer. Rien de bien neuf, et même quelque chose d’assez déjà vu et pourtant, « Heartstopper » est le genre de série qui sait très bien nous attraper et nous porter au gré de ses huit épisodes tous bien faits. Évidemment, derrière sa trame des plus classiques, la série, qui se pose comme une teen série, a d’autres choses à proposer ce qui lui donne de l’intérêt.

À travers sa galerie de personnages, « Heartstopper » parlera des premiers émois, la naissance des sentiments, la difficulté à cet âge-là d’oser aimer sans se soucier du regard des autres. D’ailleurs, le regard des autres est un sujet que la série développe très bien sur plusieurs axes, moqueur, jaloux, compatissant, amoureux, honteux, la série s’attarde beaucoup là-dessus et elle le fait très bien. On ajoutera à cela, malheureusement, les sujets tristement classiques comme l’homophobie, le harcèlement scolaire, la transphobie, le mal-être chez l’adolescent, ou le coming-out… Bref, la série réunit tous les sujets importants dans ces histoires et ces portraits et ça lui donne un bon relief.

Et un relief intéressant, dans le sens où elle arrive assez facilement à éviter de tomber dans le misérabilisme, lui préférant à cela mettre en avant sa rencontre, sa romance, sa séduction, et l’amour naissant. Certains diront que « Heartstopper » est cul-cul la praline, et ils n’auront pas vraiment tort, car la série l’est, mais là où chez d’autres on aurait pu tomber dans l’overdose, ici Oseman et Lyn arrivent bien à conjuguer l’ensemble pour nous attraper, nous toucher et nous tenir au fil des huit épisodes que contient cette première saison.

Ce qui fait aussi le charme de la série, c’est la réalisation de Euros Lyn, qui signe ici une sorte de bonbon bien sucré, qui ne va faire que nous ravir au fur et à mesure que « Heartstopper » avance. Adaptée d’une bande-dessinée, Euros Lyn a gardé cette idée de BD, et ainsi incrusté à plus d’un moment dans sa mise en scène des cases, comme on pourrait en trouver dans une bande-dessinée. Le réalisateur a aussi instauré plein de mouvement d’animation qui vont marquer le bien-être des personnages, les crushs ou encore les moments d’apesanteur que vont vivre Nick, Charlie et tous les autres. Ces idées de mise en scène participent grandement à la mignonnerie de la série, et au-delà de ça, derrière le mignon, ça donne à « Heartstopper » un joli univers, qui lui sera propre.

Enfin, dernier élément pour faire fondre nos petits cœurs, c’est ce casting So Bristish que réunit Euros Lyn devant sa caméra. Un casting de jolis jeunes talents. On pourrait citer tous les jeunes comédiens, mais il est vrai qu’il faut dire que « Heartstopper« , c’est avant tout son duo principal composé de Joe Locke et Kit Connor. Les deux acteurs tiennent très bien leurs personnages et avec eux, on sourit, on rit, et surtout, on est touché par la sensibilité de leurs persos, et tout ce qui va composer leur relation, partagée entre envie, désir et barrière. À noter la participation de la grande Olivia Coleman dans le rôle de la mère de Nick.

Au beau milieu de toutes les Netflixerie, cette première saison de « Heartstopper » est donc une jolie petite réussite qui se pose comme un petit vent d’air frais. Énorme bonbon sucré, on suit les aventures de ces deux jeunes hommes avec sourire et émotion. Bien mieux qu’un « Love Victor« , évitant d’en faire de trop, oubliant le wokisme pour se concentrer sur les sentiments et l’acceptation de soi, « Heartstopper » fait du bien, et malgré son côté rose praline, de manière personnelle, j’aurais adoré, ado, avoir une série comme celle-ci. On attend une saison deux avec curiosité et envie.

Note : 15/20

Par Cinéted

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