mai 25, 2022

Murina – La Beauté de la Langueur

De : Antoneta Alamat Kusijanovic

Avec Gracija Filipovic, Danica Crucic, Leon Lucev, Cliff Curtis

Année : 2022

Pays : Croatie, Slovénie, Brésil, Etats-Unis

Genre : Drame

Résumé :

Sur l’île croate où elle vit, Julija souffre de l’autorité excessive de son père. Le réconfort, elle le trouve au contact de sa mère – et de la mer, un refuge dont elle explore les richesses. L’arrivée d’un riche ami de son père exacerbe les tensions au sein de la famille. Julija réussira-t-elle à gagner sa liberté ?

Avis :

Le cinéma croate est un cinéma dont on n’entend pas vraiment parler, d’ailleurs peu de films venant de Croatie arrivent jusque chez nous. Et dans ceux qui arrivent à trouver le chemin de nos salles obscures, pour arriver à les voir, c’est un parcours du combattant tant ils sont assez mal distribués. Avec mon envie de cinéma et ma curiosité pour les petits films sur les dix dernières années, j’ai réussi à n’en voir qu’un seul, le superbe « Soleil de plomb » de Dalibor Matanic. Bref.

Donc, aujourd’hui, arrive dans nos salles le premier film d’Antoneta Alamat Kusijanovic, une jeune metteuse en scène native de Dubrovnik. Après des études à l’université de Zagreb, Antoneta Alamat Kusijanovic s’est installée à New York où elle poursuit ses études de cinéma.

Après un court-métrage en 2017, Antoneta Alamat Kusijanovic attire l’attention entre autres d’un certain Martin Scorsese qui va alors se poser comme l’un des producteurs de ce premier film. Présenté à Cannes en 2021, « Murina » était alors reparti de la Croisette avec la Caméra d’Or, un très joli prix, pour un film qui s’avère intéressant d’un côté et décevant de l’autre. On ressort alors partagé de cette première œuvre. Partagé entre une plongée sur une petite île en Croatie pleine de charme, des sujets intéressants, mais derrière ça, il y a cette intrigue en elle-même qui n’arrivera pas à passionner et des personnages assez agaçants.

Sur une petite île en Croatie, Julija vit avec son père et sa mère, et l’adolescente, qui rêve d’ailleurs, a bien du mal à vivre avec l’autorité de son paternel, qui se fait de plus en plus difficile. Le refuge de Julija, c’est la mer et ses fonds. Enfin ça, c’est jusqu’à l’arrivée d’un ami de son père, pour qui Julija se prend d’affection. Une affection qui va tendre les relations dans la famille, au point que bientôt, Julija n’aura qu’une envie, c’est de partir le plus loin possible…

Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre avec ce premier film, si ce n’est une envie de dépaysement et pour le coup, il est vrai que de ce côté-là, le film d’Antoneta Alamat Kusijanovic est un joli petit moment d’évasion. Loin des paysages de cartes postales, « Murina » se pose comme un petit moment d’évasion assez près d’une façon de vivre, et des coutumes locales (même si on aurait adoré en avoir bien plus, mais bon avec cette histoire, ce n’est pas non plus le but recherché de sa réalisatrice).

Dans ses bons points, on ne peut nier que « Murina » est magnifiquement filmé et derrière ça, qu’Antoneta Alamat Kusijanovic a un joli talent pour mettre en scène et faire exister tout un tas de scènes compliquées. « Murina » est un film qui s’aventure aussi bien sur terre qu’en mer, ou encore sous la mer, et du point de vue technique, le métrage nous offre vraiment de quoi intéresser. On aura donc le droit, notamment, a de très belles scènes sous-marines, qui en plus d’être un plaisir pour le personnage, décrivent aussi une façon de vivre de la pêche par exemple.

Et d’ailleurs, dans cette description du quotidien, « Murina » est un film qui se pose sur une jeune adolescente qui rêve d’ailleurs, qui veut s’en aller, tout en restant aussi amoureuse de l’endroit où elle vit. Au travers de son personnage, la cinéaste nous offre quelques ficelles intéressantes, mais malheureusement, et c’est là que ça va commencer à être difficile, le film ne nous offre pas de quoi tenir sur la longueur. Alors qu’il est très court, à peine une heure et demi, on va assez vite décrocher, derrière la localité, derrière les rêves de son adolescente, il y a un portrait de famille qui est fait, et le trait est bien trop forcé, et ses personnages en deviennent assez vite agaçants.

Souvent flou, si on voit bien où la réalisatrice veut aller, on a bien du mal à avoir de l’empathie et de l’affect pour ces personnages qui ne cessent de s’agacer pour pas grand-chose et surtout qui sont assez flous. Bien souvent, on ne comprend pas vraiment ce qu’ils veulent et ce qu’ils cherchent et le scénario s’enlise parfois avec des ressorts scénaristiques qui peinent à se faire intéressants.

Ce sentiment est d’autant plus dommage, car Antoneta Alamat Kusijanovic nous présente tout un tas d’acteurs et d’actrices qui sont bons, et notamment la jeune Gracija Filipovic, qui retrouve la cinéaste après son premier court et elle lui offre un premier « grand rôle » que la jeune femme prend à bras-le-corps et il se trouve qu’elle est excellente, même si son personnage, comme les autres, demeure assez agaçant. À noter dans ce casting Cliff Curtis, acteur néo-zélandais qu’on a vu dans une pelletée de films et de séries, qui vient jouer les beaux quinquagénaires qui fait rêver sans le vouloir mère et fille.

Ainsi, ce premier film avait de quoi être intéressant, et d’ailleurs, sur quelques points, il l’est, mais malheureusement sur la longueur, « Murina » se fait surtout agaçant du point de vue de ses personnages et l’on a bien du mal à s’accrocher à eux. De ça naît alors des longueurs, ce qui fait que finalement, malgré l’évasion et les quelques intérêts, on finit par s’ennuyer. Dommage.

Note : 08/20

Par Cinéted

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