juillet 18, 2024

L’Affaire Van Haken

Titre Original : The Foreigner

De : Michael Oblowitz

Avec Steven Seagal, Max Ryan, Harry Van Gorkum, Jeffrey Pierce

Année : 2003

Pays : Etats-Unis

Genre : Action, Thriller

Résumé :

Ce devait être son dernier contrat. Mais, en acceptant de transporter et livrer en mains propres un paquet à M. Van Haken, l’agent secret Jonathan Cold ne se doutait pas qu’il se retrouverait avec des tueurs aux trousses.

Avis :

Au regard de la popularité des films d’action au cours des décennies 1980 et 1990, de nombreuses figures emblématiques du genre ont émergé. Parmi celles-ci, Steven Seagal s’est distingué par ses techniques d’arts martiaux aussi réalistes qu’implacables. Il est vrai que ses premières années de carrière se sont émaillées de quelques productions « dispensables », comme l’exécrable Piège à grande vitesse. Ce que l’on peut qualifier d’erreur de parcours évolue en une constante à partir des années 2000. En l’occurrence, L’Affaire Van Haken ne constitue pas un précédent en matière de médiocrité cinématographique pour Steven Seagal. Toutefois, il amorce sa période DTV fauchés et sans âme, suggérant pléthores de navets en devenir…

Si ce type de films ne brillent jamais par leur scénario, on peut espérer à minima un semblant de cohérence et d’enjeux. Avec le présent métrage, on s’immisce dans d’obscures considérations narratives, où l’on mélange des missions d’espionnage aux velléités de mercenaires. Le postulat de départ avance bien maladroitement une « énigme » propre au contenu d’un colis. Dès lors, on évoque un peu tout et n’importe quoi ; de l’ingérence des services secrets soviétiques aux conflits familiaux, sans oublier quelques allusions à de sombres activités criminelles. Chacun de ces prétextes tente de justifier un enchaînement de séquences toutes plus affligeantes les unes que les autres.

Cela tient autant à cette interprétation d’une rare indigence qu’à ces échanges qui laissent perplexes quant à l’intelligibilité des propos. Avec des rivalités et des inimitiés qui ne cessent de se contredire, on fait se confronter les différents intervenants avant de les associer pour un passage spécifique. S’ensuivent des comportements discordants et une orientation pour le moins chaotique, dont le caractère alambiqué demeure parfaitement inutile. Pris dans son ensemble, l’histoire est indigeste au possible, enchaînant les invraisemblances, les dialogues stériles et les bévues, y compris en terme d’action et de fusillades.

Exception faite de quelques combats au corps-à-corps, rares sont les moments où Steven Seagal fait montre de ses compétences martiales. Des tirs d’armes à feu minés par de faux raccords constituent les principales occurrences d’action, ainsi qu’une course-poursuite du pauvre, expédiée avec célérité. Non content d’exposer un rapport de force qui ne présente aucun intérêt, il faut aussi suivre des passages répétitifs qui impliquent les mêmes mécanismes. On songe, entre autres, à ces deux moments où Steven Seagal est pris en otage par un tueur afro-américain (deux personnages différents) avant de s’en défaire sous le prétexte de l’avidité et de la curiosité.

Modeste compensation, le rythme ne pâtit d’aucun temps mort notable. Il s’agit là de l’unique point du film auquel on ne peut faire de reproches. Cependant, ce n’est en rien suffisant pour fournir un divertissement recommandable tant les défauts et la médiocrité de la mise en scène supplantent toute autre considération. Cela vaut également pour ces explosions et ces effets pyrotechniques démesurés au regard de ce qui est amorcé dans le récit. Mention spéciale au malheureux colis ou à cette pointe de C4 sur un disque capable de ravager un bâtiment entier, ainsi qu’aux décès par balles qui évoquent une forme d’expressionnisme aussi exagérée qu’inédite dans le domaine.

Au final, L’Affaire Van Haken est un film d’action qui relève du ratage cinématographique pur et simple. Le métrage de Michael Oblowitz présente tous les stigmates de ce type de DTV, augurant un profond dédain pour le genre. Affublé d’une histoire improbable et sans grand intérêt, l’ensemble enchaîne des séquences sans cohérence ni enjeux. D’emblée, la présence de Steven Seagal s’avère poussive. Ce dernier se contente d’occuper l’écran avec indifférence, sinon avec nonchalance. On regrette aussi cette propension à l’esbroufe pour extrapoler une menace qui, tout bien considéré, demeure minimaliste au regard de ce que suggère le dénouement. Au demeurant, une conclusion rapidement expédiée pour éviter de s’épancher sur une telle débandade…

Note : 05/20

Par Dante

Une réflexion sur « L’Affaire Van Haken »

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