décembre 6, 2021

Kursk – Grey Submarine

De : Thomas Vinterberg

Avec Matthias Schoenaerts, Léa Seydoux, Colin Firth, Peter Simonischek

Année: 2018

Pays: Belgique, Luxembourg

Genre: Historique

Résumé:

KURSK relate le naufrage du sous-marin nucléaire russe K-141 Koursk, survenu en mer de Barents le 12 août 2000. Tandis qu’à bord du navire endommagé, vingt-trois marins se battent pour survivre, au sol, leurs familles luttent désespérément contre les blocages bureaucratiques qui ne cessent de compromettre l’espoir de les sauver.

Avis:

Thomas Vinterberg est l’un des meilleurs réalisateurs danois de « la nouvelle génération ». Depuis son premier film sorti en 1996, « Les héros« , le réalisateur s’est bâti une jolie filmographie. Si l’on oubliera des films comme  » It’s All About Love« , on retiendra des films comme « Festen« , « La chasse » ou « Submarino« . Régulier, Thomas Vintenberg nous revient moins deux ans après le discret et intéressant « La communauté« .

Produit par un certain Luc Besson, « Kursk » est le onzième film de Thomas Vinterberg et on peut dire que d’emblée l’intrigue est intéressante. Naufrage à la portée mondiale, Thomas Vinterberg a décidé de mettre en scène l’une des théories qui amènera le sous-marin russe K-141 Koursk à sombrer dans la mer de Barents en Août 2000. Le naufrage est entouré de mystères malgré le retentissement mondial qu’il déclencha et si Thomas Vinterberg tient là un bon film claustrophobe qui narre très bien l’accident, ce ne sera pas le plus intéressant du film, car le réalisateur dresse avant tout le portrait peu flatteur d’une Russie post guerre froide et c’est bien ainsi que le film m’a le plus passionné.

Comme chaque année, la marine Russe fait des exercices dans la mer de Barents afin de démontrer au reste de la Russie l’entendue de sa puissance. Ce matin-là, le fleuron de la marine, le sous-marin K-141 Koursk prend le large. Sa mission : lancer une torpille (une grosse dondon) et rentrer sans se faire détester. Alors que la mission se passe sans encombre, une détonation se fait entendre à 11 h 28. Deux minutes et onze secondes plus tard, une seconde détonation bien plus forte encore que la première retentit. Ce qui reste du Koursk est alors couché sur le fond marin par cent mètres de profondeur. Très vite, les secours se mettent en place. Peu de temps après le naufrage, on entend taper à l’intérieur du Koursk. Une vingtaine d’hommes ont survécu aux deux explosions.

Mettre en scène la tragédie du sous-marin K-141 Koursk n’est pas une mince affaire, tant les théories sur le naufrage du fleuron de la marine Russe vont encore bon train. Si la version officielle parle d’une fuite de peroxyde d’hydrogène dans l’une des torpilles qui devait être lancée, d’autres parlent de collision avec un sous-marin américain ou encore d’une mine qui daterait de la Seconde Guerre mondiale. Difficile donc de faire un film objectif sur la tragédie et Thomas Vinterberg choisira alors de se baser sur les investigations du journaliste Robert Moore. Des investigations qui vont dans le sens de la version officielle donc.

Avec ce film, Thomas Vinterberg livre un film scolaire, mais qui est très efficace. Le scénario suit en parallèle plusieurs « intrigues ». D’un côté, on suivra l’agonie des rescapés piégés avec leurs espoirs dans une des dernières parties du sous-marin qui ne soit pas encore sous les eaux. D’un autre côté, on va suivre le flou total dans lequel le gouvernement russe et l’armée va laisser les familles des marins, ce qui opposera de manière assez intelligente la façon de voir les choses, d’un côté l’armée russe obsédée par le secret de son armement et de l’autre les familles en quête de vérité. Vérité qu’on leur refusera jusqu’au bout. Et enfin dans un autre sens aussi, Thomas Vinterberg met scène les différentes tentatives par l’armée pour sauver ces hommes.

Si le premier côté donne naissance à un bon survival claustrophobe piégé dans les restes d’un sous-marin. Un survival où l’espoir s’amenuise au fur et à mesure des heures qui passent, ce qui nous tient en tension. Ce ne sera pas là le plus intéressant du film de Thomas Vinterberg, qui finalement de ce côté-là, livre un bon film touchant, mais qu’on a déjà vu. Non, le plus intéressant ici, ce sont les deux autres côtés que le réalisateur explore. Deux côtés qui ne dressent pas le plus beau des portraits de Mère Russie. D’un côté, on se trouve face à une Russie parano et orgueilleuse, ce qui mènera à la tragédie qu’on connaît et de l’autre, on trouvera aussi une Russie qui s’impose dans le paraître. Une Russie qui brille avec des ruines. Le portrait que livre là le réalisateur est passionnant, nuancé, tout en étant dans un certain sens engagé. On restera tendu en première partie du film face à une Russie qui peine à payer ses hommes, face à un matériel défectueux, et finalement face à un accident évitable, qui s’est rendu inévitable. On sera scotché face à une époque presque indéfinissable tant la pauvreté est présente et laisse transparaître un retard évident. On reste déconcerté face aux tentatives de secours qui échouent les unes après les autres à cause de matériaux défectueux. On reste déconcerté face aux œillères des dirigeants, face aux mensonges. Thomas Vinterberg livre un film poignant qui rend un bel hommage à ces hommes qui ont voulu faire quelque chose.

Bref, aussi bon dans son divertissement qu’il est bon dans le portrait qu’il dresse, « Kursk« , même s’il n’est pas aussi puissant que certains des films de Thomas Vinterberg, demeure un film intéressant, osé dans un sens, et qui mérite qu’on ait fait le déplacement. S’aventurant dans la version officielle, Thomas Vinterberg livre avant tout un portrait de la Russie qui est peu flatteur et c’est là,que le film se fait le plus intéressant.

Note : 14/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=kDPv-cKuM1g[/youtube]

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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