janvier 28, 2022

La Légende de Beowulf

Titre Original : Beowulf

De : Robert Zemeckis

Avec les Voix Originales de Ray Winstone, Angelina Jolie, Anthony Hopkins, Crispin Glover

Année : 2007

Pays : Etats-Unis

Genre : Animation

Résumé :

En ces temps lointains, les sauvages contrées du Nord de l’Europe étaient peuplées de héros et de monstres, et des hommes audacieux, taillés pour la lutte et les conquêtes, pouvaient encore se forger des destins d’exception.
Le plus glorieux d’entre ces aventuriers fut le Viking Beowulf, qui surgit un beau jour pour sauver le vieux roi Hrothgar et ses sujets des assauts d’une féroce créature. Son nom devint vite légendaire à travers le royaume et, partout, l’on chanta sa bravoure face au maléfique Grendel. Beowulf ne devint pas seulement célèbre, mais riche. Et avec la richesse vinrent bientôt de dangereuses tentations et une inextinguible soif de pouvoir. Car le héros était aussi humain, trop humain, sans doute, et le guerrier plus avide, plus ambitieux et bien plus faillible qu’on ne l’imaginait…

Avis :

Robert Zemeckis est un réalisateur qui a bercé nos enfances et nos adolescences, imposant des films qui sont rapidement devenus cultes. Entrant dans sa troisième décennie de réalisation avec les années 2000, Robert Zemeckis a voulu se laisser tenter par un autre genre de cinéma. Ainsi, il a fait une incursion dans le cinéma d’horreur avec « Apparences« , avant de faire un virage total se laissant tenter par l’expérience de la motion capture et le cinéma d’animation. Ainsi, en 2004, il a offert le conte de Noël, « Le Pôle Express« , film qui est rapidement devenu culte pour beaucoup.

Après trois années d’absence, Robert Zemeckis est retour avec un second film en motion capture et cette fois-ci, c’est un conte d’un autre genre qu’il adapte, puisqu’il s’attaque au légendaire Beowulf. Intéressant, notamment dans son approche, assez sombre, mélangeant bien l’heroïc fantasy avec une intrigue dont les personnages sont diablement intéressants, « La légende de Beowulf » demeure néanmoins un film qui arrive à se faire sympathiquement décevant, car derrière son intrigue intéressante et adulte, visuellement, ce n’est pas vraiment ça, avec un film qui a pris un sacré coup de vieux, ce qui a tendance, malgré les bonnes idées de Zemeckis, à nous sortir de son film.

Il y a bien longtemps, dans le nord de l’Europe, alors que le bon Roi Hrothgar est en train de célébrer un banquet festif, un monstre du nom de Grendel fait irruption dans la salle, et décime une garde partie de l’assemblée. À partir de ce jour, le royaume du nord se terre dans le silence, attendant un valeureux guerrier qui pourrait terrasser le monstre. Un jour, le légendaire guerrier viking Beowulf accoste en terre du nord pour répondre à l’appel du Roi.

Robert Zemeckis qui se lance à l’assaut de « La légende de Beowulf« , avec un second film en motion capture, forcément le projet pique la curiosité, et après la découverte de cette œuvre, c’est un sentiment partagé qui se fait sentir. Partagé entre une œuvre qui, dans ce qu’il raconte, est très adulte, offrant des aspects à cette histoire qui sont très intéressants et de l’autre, il y a ce visuel qui se veut révolutionnaire, mais qui malheureusement, même s’il pouvait l’être à l’époque, a aujourd’hui pris un sacré coup de vieux, qui se voit dès les premiers instants.

Ainsi, ce qui est le plus appréciable dans ce film, c’est la légende qui nous est contée. Le « … Beowulf » de Robert Zemeckis est tenu par un scénario qui, s’il a des facilités et des trous dans son histoire, est intéressant de par le portrait de son héros, qui finalement n’en est pas vraiment un. Ce « … Beowulf » en quelque sorte, c’est le royaume des apparences, et il est très plaisant de suivre l’arrivée de ce personnage dans le royaume, les légendes qui l’accompagnent, la façon qu’il peut avoir de relever les défis, la façon dont l’histoire l’installe comme un héros pour finalement tout casser par la suite, lui faisant presque poser sur ses épaules une malédiction. En ce sens, le film de Robert Zemeckis est très adulte, et aborde des thèmes assez sombres, comme le mensonge, la trahison, la vanité, la convoitise… Bref, c’est très intéressant, et à cela s’ajoute toute la légende et le côté heroïc fantasy dans lequel s’aventure l’histoire. Là aussi, l’intrigue est intéressante, avec une relation intéressante entre Beowulf et les monstres. Une relation qui tient jusqu’au bout et offre un film assez touchant.

L’autre joli point de ce film, c’est la volonté de Zemeckis d’offrir un film plus sombre et adulte qu’on ne l’aurait cru. Si l’on passe outre le côté vieillot des images, ce « … Beowulf » pourrait presque être un film d’horreur avec des effets gores surprenants. Ici, le monstre déchiquète des corps, le film est sanglant, les combats sont violents et derrière ça, il y a l’aspect assez dégueulasse de Grendel. Robert Zemeckis a une vraie envie d’offrir un conte noir et laid.

Du côté de la mise en scène de Zemeckis, « La légende de Beowulf » a de bonnes idées, et le film offre des scènes qui sont assez impressionnantes. On pense à la première attaque de Grendel, le combat entre Beowulf et Grendel, la scène assez chaude avec Angeline Jolie, ou encore le final à dos de dragon. Bref, il y a vraiment de quoi faire avec ce film. Mais ce plaisir est en quelque sorte gâché de par l’aspect vieillot de l’ensemble, qui rend à plus d’un instant les séquences assez moches, voire même carrément dégueulasses. Ce qui frappe le plus avec ce film, c’est le visage de ces personnages, qui ne rend pas du tout justice aux acteurs qui sont derrière. Franchement, hormis Angelina Jolie, pour le reste du casting, tous les personnages semblent éteints, et la texture de leur peau résonne comme fausse. On a bien du mal à y croire et à se laisser convaincre et c’est assez agaçant, car bien souvent, quand le film nous attrape, on en ressort à cause d’un regard, d’un geste, d’une expérience qui ne va pas du tout.

Ce deuxième film en motion capture pour Robert Zemeckis laisse donc à peu près le même sentiment que « Le Pôle Express« , c’est-à-dire qu’on se laisse prendre dans cette histoire, elle nous réserve même de bons moments et elle tient d’excellentes idées dans ce qu’elle raconte, dans ses thèmes, mais bien souvent la fête est gâchée par un visuel qui a bien du mal à convaincre et c’est bien dommage. Ainsi, « La légende de Beowulf » se laisse gentiment suivre, mais elle se pose dans le demi-fond de la filmographie de son réalisateur.

Note : 10/20

Par Cinéted

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