septembre 28, 2022

Black Label Society – Doom Crew Inc. – Barbant?

Avis :

Zakk Wylde est un stakhanoviste. La pandémie ne lui aura pas empêché de travailler comme un dingue. Après Grimmest Hits sorti en 2018, après une version revue et corrigée du premier album du Black label Society (Sonic Brew), le guitariste s’est mis à composer comme jamais, pour finalement proposer trente titres dont une partie compose ce onzième album. Doom Crew Inc. annonce donc le retour du groupe dans un registre que l’on connait par cœur, mais avec une petite nouveauté. Car oui, Zakk Wylde s’éloigne de son côté baroudeur solitaire pour trouver un peu plus d’écho, notamment à la guitare. D’habitude seul pour les solos, il a décidé sur cet album de s’accompagner de Dario Lorina pour quelques échanges de solos qui vont donner un peu plus d’épaisseur à l’ensemble. Pour autant, le Black Label Society trouve-t-il une nouvelle recette magique ou ressasse-t-il encore et toujours la même sauce ?

Un enregistrement particulier

Avec cet album, Zakk Wylde a voulu faire les choses différemment. En effet, confinement oblige, il a tout d’abord enregistré toutes les partitions à la guitare. Par la suite, il a demandé à ses musiciens de broder par-dessus, de trouver des arrangements pour que le tout résonne bien. Et force est de constater que tout cela ne change pas vraiment la donne. En effet, le Black Label Society résonne comme du Black Label Society. Le premier titre laisse tout d’abord planer un doute avec son introduction. Set You Free ne démarre pas comme un Zakk Wylde, mais chassez le naturel, il revient au galop et le guitariste retombe vite sur ses pattes, avec des riffs lourds et puissants. Le titre est très efficace et donne une furieuse envie d’écouter la suite. Avec Destroy & Conquer, on va vite voir que la recette ne change pas d’un iota et le groupe américain fait ce qu’il sait faire de mieux.

La volonté de Zakk Wylde a toujours été la recherche d’un son épuré et qui va droit à l’essentiel. L’album est une pure charge d’énergie, avec en son sein quelques ballades (ici, au nombre de trois). Mais c’est vraiment dans les morceaux pêchus que l’on trouve notre compte. A titre d’exemple, You Made me Want to Live est très catchy, avec son refrain entêtant et cette volonté d’aller direct dans nos oreilles. On retrouvera cela avec des morceaux comme Gather All my Sins ou encore Gospel of Lies et son début tonitruant qui laisse sur le carreau. On se rapproche d’un Doom accessible et sans fioriture. Un titre à l’image de son leader, qui sait ce qu’il veut et qui a une approche de la musique très instinctive et naturel. Bref, ce onzième album résonne comme du pur Black Label Society.

Redondance, quand tu nous tiens

Le principal écueil que l’on peut faire avec ce onzième effort, c’est qu’il reste très téléphoné si l’on est rompu à l’art de Zakk Wylde. Les schémas structurels se répètent sur plusieurs titres, et on retrouvera même quelques similitudes avec des titres d’albums précédents. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que l’on retrouve Love Reign Down dans une version édulcorée qui ne sert pas à grand-chose. Et il faut aussi citer le schéma même de la playlist, qui alterne sans arrêt trois morceaux nerveux avec une ballade, pour former une sorte de boucle sans grande originalité. Pour autant, Doom Crew Inc. est loin d’être une déception. Cela se tient sur peu de choses, mais les riffs sont catchy à souhait, la voix suave de Zakk emporte tout sur son passage, et les solos sont toujours aussi impressionnants.

Même si des titres un peu moins mémorables, comme Shelter Me, Zakk Wylde arrive à nous accrocher avec un simple riff. Un riff simple, limpide, efficace et qui donne rapidement envie d’hocher la tête dans tous les sens. Et lors des ballades, même si ça peut paraître naïf, le frontman arrive toujours à nous attraper par les sentiments. Forever and a Day et sa guitare envoûtante touche doit au cœur. Quant à Farewell Ballad, on retrouve tous les atours d’un morceau rock qui rend amoureux. C’est doux, c’est cliché, mais ça fonctionne à merveille. Encore faut-il être sensible aux solos de Zakk Wylde, qui sous ses airs de gros nounours musclé cache un cœur gros comme ça.

Au final, Doom Crew Inc. est un album qui ressemble au Black Label Society. Même si les enregistrements furent différents, même si les solos sont partagés entre Zakk et Dino, on retrouve la même recette et on peut y trouver une certaine forme de paresse. Malgré tout, l’efficacité est de mise et le leader assume pleinement son amour pour les musiques directes, qui ne lambinent pas et qui n’ont pas besoin d’atours pour toucher en plein cœur. Un album brut, naturel, qui est tout à l’image de son frontman, en pleine forme.

  • Set You Free
  • Destroy & Conquer
  • You Made me Want to Live
  • Forever and a Day
  • End of Days
  • Ruins
  • Forsaken
  • Love Reign Down (2021 Version)
  • Gospel of Lies
  • Shelter Me
  • Gather All my Sins
  • Farewell Ballad

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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