novembre 30, 2022

The Precipice Game

De : Zao Wang

Avec Lin Xin-Ru, Peter Ho, Jin Shi-Jia, Gai Yue-Xi

Année : 2016

Pays : Chine

Genre : Horreur

Résumé :

Liu Chenchen, une jeune femme libre d’esprit, se rebelle contre sa famille et s’enfuit avec son petit ami. Ils participent à une chasse au trésor qui a lieu sur un bateau de croisière. Le jeu innocent va se transformer en une lutte pour survivre et Liu va devoir bien choisir les personnes sur qui elle peut compter pour pouvoir sortir vivante de ce cauchemar.

Avis :

Certains films laissent des traces indélébiles dans le subconscient des spectateurs. On peut même dire que certains films ont ouvert la voix à de nouveaux sous-genre, comme a pu l’être Saw avec le torture-porn. Et ça tombe plutôt bien de parler du film de James Wan, puisqu’avec The Precipice Game, le chinois Zao Wang s’inspire directement de celui-ci. Promettant un délire avec des jeux meurtriers, on peut clairement dire que le premier film du réalisateur s’appuie sur l’essai concluant de James Wan. Mais à cela, il faudra y rajouter une touche de The Game d’un certain David Fincher. En effet, le film qui nous préoccupe aujourd’hui est un condensé des deux films précités, mais il n’a à aucun moment la magie et la force narrative de ces deux longs-métrages. Pire, The Precipice Game est un navet infâme à la morale plus que douteuse.

Les jeux sont (mal) faits

Le scénario de The Precipice Game est assez nébuleux et démarre sur les chapeaux de roues alors qu’il n’en avait pas besoin. Après une introduction qui sera un flashforward pour montrer un jeu mortel, on va suivre un jeune couple qui part sur un bateau pour jouer à un jeu qui promet une belle récompense au vainqueur. Une fois sur place, le couple rencontre d’autres joueurs avec lesquels ils vont devoir coopérer pour déjouer diverses énigmes. Jusque-là, on tient un scénario assez commun, qui rappelle les Escape Game et autres films d’horreur de ce genre. Sauf que là, le film va vite montrer ses limites en ne proposant pas vraiment de jeux, mais plutôt des pièges dans lesquels vont tomber les joueurs petit à petit. Des pièges plus ou moins gores, plus ou moins inspirés, mais qui n’auront pas vraiment de liant avec l’énigme du scénario.

Car oui, le pitch de départ, c’est que les joueurs ont quelques heures pour résoudre le mystère du bateau et sortir de là. Une fois le maître de jeu décapité par inadvertance, c’est la panique à bord, et tous les joueurs vont se réfugier dans des endroits divers et variés comme une salle d’arcade, un long couloir avec plein de tuyaux ou encore une pièce pleine de fils barbelés. Là où l’on aurait pu récupérer des énigmes à résoudre pour passer au niveau suivant, on se retrouve avec des gens qui crapahutent un peu partout, à la recherche d’on ne sait trop quoi, et qui vont tomber dans des pièges grossiers. Le scénario n’apporte aucun élément qui donne envie de se raccrocher à ce que l’on voit et on a qu’une hâte, c’est qu’ils crèvent tous très vite. Ce qui mettra du temps à arriver.

Qui est qui ?

Le film de Zao Wang va souffrir de plusieurs scories en plus d’un scénario aux fraises. En premier lieu, les personnages ne sont pas intéressants et on n’aura un mal fou à les identifier. C’est-à-dire qu’ils n’ont pas de rôle prédéfini, même s’ils restent des clichés sur pattes. On aura droit au beau gosse musclé et mystérieux, à l’allumeuse de service, au petit gros marrant ou encore au branleur. Au milieu de tout ça, on a notre jeune couple qui va vite se rendre compte qu’ils ne sont pas forcément faits pour s’entendre. Les relations entre les protagonistes sont inintéressantes au possible et n’apporte rien aux intrigues. Pour preuve, ils sont même incapables de coopérer pour s’en sortir. Bien évidemment, aucun d’eux n’est attachant, et finalement, une fois mort, on ressent une sorte de sérénité nous envahir, afin de ne plus entendre les jérémiades d’un groupe dysfonctionnel.

En plus du fait que les personnages soient en carton, The Precipice Game ne va jamais aller au bout de son concept. Les pièges sont ridicules, tout comme les mises à mort. On se retrouve avec des types qui décèdent plus par accident que par mauvais choix, rendant caduc un scénario déjà bien bancal. Ici, on aura droit au type qui boit comme un trou, ne se rendant pas compte que c’est de l’acide qu’il absorbe. On aura droit à un gus qui va tomber dans des barbelés reliés à une poulie, ce qui va l’ouvrir en deux. Bref, des morts stupides et sans intérêt. Pire, les effets gores ne seront pas au rendez-vous, l’hors-champ étant roi, alors même que l’on nous promet un ersatz de Saw. Ce n’est pas bien de mentir sur la marchandise. Et que dire du final, ridicule et doté d’une morale plus que douteuse.

On nous prend pour des cons

The Precipice Game va avoir l’audace de copier le très bon film de David Fincher, The Game. Dans son final, on va se rendre compte que tout cela n’était qu’un jeu mis en place par la mère de l’héroïne pour que cette dernière se rende compte que son petit copain était un lâche. C’est complètement naze et les explications de toute l’équipe sont totalement à la ramasse. Il faut ajouter à cela une mise en scène dégueulasse, cheap et ringarde. Mais aussi un montage épileptique qui enchaine les séquences sans aucun liant. Le film manque de fluidité et n’arrive jamais à rendre les scènes cohérentes les unes à la suite des autres. On se retrouve parfois avec un personnage qui vient d’arriver, expliquant brièvement comment il s’est sorti d’un piège. Puis on passe souvent du coq à l’âne. Bref, tout cela manque de professionnalisme.

Au final, The Precipice Game est un beau ratage dans les règles. Pas du tout subversif, loin d’être gore et sans aucun personnage intéressant, le film sombre rapidement dans le désintérêt le plus total. Doté d’un montage affreux, d’acteurs qui s’en foutent et d’une histoire rocambolesque dans sa résolution, le film de Zao Wang est très mauvais et est peut-être ce qui se fait de pire comme hommage aux films de James Wan et David Fincher. Triste…

Note : 04/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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