novembre 30, 2021

Lui- Canet Cané

De : Guillaume Canet

Avec Guillaume Canet, Virginie Efira, Mathieu Kassovitz, Laetitia Casta

Année : 2021

Pays : France

Genre : Thriller

Résumé :

Un compositeur en mal d’inspiration, qui vient de quitter femme et enfants, pense trouver refuge dans une vieille maison à flanc de falaise, sur une île bretonne déserte. Dans ce lieu étrange et isolé, il ne va trouver qu’un piano désaccordé et des visiteurs bien décidés à ne pas le laisser en paix.

Avis :

Acteur et réalisateur, Guillaume Canet s’est solidement implanté dans le paysage du cinéma français. Si du côté de sa carrière en tant que comédien, Guillaume Canet n’a plus grand-chose à prouver (« Jeux d’enfants« , « Joyeux Noel« , « La clef« , « La prochaine fois, je viserais le cœur« , « Darling« , « Mon garçon » pour ne citer qu’eux), du côté de la réalisation, même si j’ai un énorme capital sympathique pour Canet, je ne peux pas dire non plus que ce soit toujours incroyable. Bien sûr, des films comme « Ne le dis à personne » ou « Les petits mouchoirs » font partie des films que j’aime énormément chez Canet, mais des films comme « Blood Ties« , « Mon idole » ou encore la suite de ses « … petits mouchoirs » n’ont pas été si vibrants que cela.

Deux ans après « Nous finirons ensemble » et quelque temps avant son « Astérix« , pendant le premier confinement, Guillaume Canet s’est aventuré dans l’écriture d’un scénario qui se pose comme une sorte d’introspection sur une heure vingt de film. Posé quelque part entre l’analyse de soi, la comédie absurde qui peut rappeler certains films de Bertrand Blier, « Lui » est un moment de cinéma aussi étonnant qu’il est ennuyant. Seul face à son papier, face littéralement à lui-même, Guillaume Canet fait le point, et si le film n’est pas aussi catastrophique qu’on peut lire ici et là, on reste très loin des merveilles que le cinéaste a pu nous offrir par le passé.

Intéressant sur certains points, dépaysant par cette sortie bretonne, touchant dans son final qui tient de bonnes idées aussi bien dans sa réflexion que dans sa mise en scène, il n’empêchera que sur son ensemble, ce « Lui » ennuie, déçoit et au-delà de ça, à plusieurs reprises, finit par se demander où Guillaume Canet veut aller.

Un compositeur en mal d’inspiration vient de quitter femme et enfant pour se rendre sur une petite île quelque part du côté de la Bretagne. L’homme en question doit composer la musique d’un film, et il espère que cette petite isolation face à lui-même l’aidera à trouver des accords et des notes, puis derrière ce travail, seul face à lui-même, il espère aussi faire le point sur sa vie, sa femme, ses enfants, sa maîtresse, ses parents, ses amis, ses amours…

L’éternelle crise de quarantaine (ou cinquantaine un peu en avance pour Guillaume Canet). Ce moment, ce passage important dans une vie donne souvent l’envie de faire le point, ce qui a été fait, ce qui a été accompli, ce qui reste, et puis au-delà de ça, sur celui qu’on est.

Profitant du premier confinement donc, Guillaume Canet s’est alors lancé dans l’écriture d’un petit scénario qui le questionnerait, comme une sorte de psychanalyse que l’acteur/réalisateur pourrait s’offrir sur grand écran. Si la démarche est intéressante et si le film en lui-même tient de bons moments et des réflexions qui sont intéressantes, si dans la mise en scène, l’idée de confronter le personnage littéralement à lui-même est encore une fois intéressant, « Lui » n’arrivera cependant qu’à trop peu captiver.

Malgré les efforts de Guillaume Canet pour offrir quelque chose d’original et d’intéressant, sur bien des points, son film a franchement du mal à fonctionner et l’on se demande où cette analyse de soi-même va bien pouvoir aller. Assez long, alors même que le film est très court, à peine une heure et vingt minutes, assez plat, alors même qu’il se passe beaucoup de chose et qu’il est original et intéressant dans ses idées et ses propositions, « Lui » est le genre de film à concept dont on ne sait comment le prendre et quoi faire avec, malgré une jolie fin, on reste sur cette dernière. Attendrissant et sincère d’un côté, et confus, brouillon et un poil narcissique de l’autre. Avec cette psychanalyse, Guillaume Canet, que ce soit dans le fond ou la forme, comme je le disais, convoque un certain esprit Bliesque, mais le réalisateur dans ce genre de film là, n’a pas le talent de Bertrand Blier et quelque chose sonne faux.

Restera alors ces acteurs qui sont bons dans les fantasmes, les regrets et les remords qui hantent le personnage principal. Si l’on peut être déçu par le trop peu de présence à l’écran de Nathalie Baye ou Patrick Chesnais qui en ferait presque de la figuration, on sera intéressé par ceux que représentent Virginie Efira, Laetitia Casta, ou encore Mathieu Kassovitz. Puis malgré le côté narcissique de la démarche, dans un double rôle, Guillaume Canet s’en tire très bien.

Je ressors donc déçu, mais surtout partagé, de ce nouveau Guillaume Canet. « Lui » est un film égocentrique qui met Guillaume Canet face à lui-même, mais derrière ce sentiment égocentré, « Lui » arrive à poser de bonnes questions, il arrive à proposer des choses intéressantes, voire même touchantes sur sa fin. Oscillant entre bon et pas terrible, tenant de jolis moments au milieu d’autres ennuyants, « Lui » est un film concept dont on ne sait pas vraiment comment le conjuguer. Si la démarche est intéressante, l’ensemble, lui, peine quelque peu à convaincre. Dommage.

Note : 07/20

Par Cinéted

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