avril 17, 2024

Blue Giant – Le Pouvoir du Jazz

De : Yuzuru Tachikawa

Avec les Voix Originales de Yûki Yamada, Shôtaro Mamiya, Amane Okayama

Année : 2024

Pays : Japon

Genre : Animation

Résumé :

La vie de Dai Miyamoto change lorsqu’il découvre le jazz. Il se met alors au saxophone et s’entraîne tous les jours. Il quitte Sendai, sa ville natale, pour poursuivre sa carrière musicale à Tokyo avec l’aide de son ami Shunji. Jouant avec passion, Dai arrive un jour à convaincre le talentueux pianiste Yukinori de monter un groupe avec lui. Accompagné de Shunji qui débute à la batterie, ils forment le trio JASS. Au fil des concerts, ils se rapprochent de leur but : se produire au So Blue, le club de jazz le plus célèbre du Japon, avec l’espoir de changer à jamais le monde du jazz.

Avis :

Le Japon, c’est le pays de l’animation et ses trésors sont presque infinis. Débutant dans les années 2000, Yuzuru Tachikawa s’est très vite fait remarquer. Alors qu’il travaillait à l’animation de quelques épisodes de séries télé, Yuzuru Tachikawa va rejoindre le studio d’animation Madhouse, et c’est au sein de ce célèbre studio qu’il va réaliser son premier film, « Death Billiards« , en 2013. Depuis, Yuzuru Tachikawa a confirmé son talent avec cinq films, dont deux consacrés à « Détective Conan« . Pour son nouveau film, Yuzuru Tachikawa adapte le premier tome de « Blue Giant« , qui est un manga du même nom dont le premier tome est publié en 2013.

Faire un film d’animation autour du jazz, l’idée était pour le moins curieuse et c’est pourtant grâce à cela que j’ai eu l’envie de m’y arrêter dès que j’ai découvert son existence, ainsi que la sortie de ce film, et j’ai bien fait. Si le film n’est pas exsangue de défauts, et qu’il se fait un peu trop long, le tout est rattrapé par un final dantesque. Étonnant dans ce qu’il raconte, avec ce scénario qui nous réserve quelques surprises, « Blue Giant » nous offre en plus de ça un véritable festival pour les oreilles, avec sa musique incroyable, qui est divinement mise en scène. Bref, lorsque je fais les comptes, ce « Blue Giant » met une belle claque.

«  »Blue Giant« , c’est aussi et surtout un film qui va étonner . »

Dai Miyamoto n’a qu’une envie dans la vie, c’est de devenir le plus grand jazzman du monde. À seulement dix-huit ans, il a appris le saxophone en seulement trois ans, et mieux que ça, il en est devenu un virtuose, qui a son propre style. Pour réaliser son rêve, il quitte sa ville de Sendai pour Tokyo et c’est là qu’il va croiser les routes de deux garçons avec qui il va monter un groupe de jazz, les Jass.

Je sais que la comparaison va être facile, mais « Blue Giant » est un film qui m’a procuré à peu près les mêmes émotions que lorsque j’ai découvert « Whiplash« . Il faut dire que les deux films ont pas mal de choses en commun, à commencer par la musique jazz évidemment, et un final dont on va se rappeler. Après, comparer au film de Damien Chazelle, celui de Yuzuru Tachikawa se fait plus long, et il tient un ventre mou en milieu de visionnage.

Avec « Blue Giant« , on pense suivre un jeune saxophoniste qui va grimper les échelons et devenir le meilleur, et heureusement, le film montre et nous fait suivre autre chose. S’il y a bien un côté répétitif parfois, avec des répétitions, puis un concert donné, qui va faire avancer nos personnages, « Blue Giant« , c’est aussi et surtout un film qui va étonner dans la façon de passer d’un personnage à l’autre. Ici, on commence bel et bien avec Dai, ce virtuose du saxophone, mais bientôt le récit va le mettre quelque peu de côté, pour creuser les deux autres membres qui composent les Jass, et c’est là que le film devient franchement intéressant. Il y a quelque chose de prenant sur chacun des membres de Jass, il y a une évolution, et avec chaque personnage, le scénario aborde de nouveaux sujets. Jass, c’est aussi Yukinori pianiste hors norme qui doit apprendre à sortir de la technique.

«  »Blue Giant » déploie une force créatrice hors norme quant à l’imagerie. »

Puis il y a Shunji, jeune batteur débutant qui se fait très touchant. Découpé en quatre grandes parties, si parfois le scénario traîne un peu de la patte, il arrivera à resserrer son intrigue dans ses dernières parties, et comme je le disais, après un événement inattendu, « Blue Giant » va emmener son groupe de jazz vers un final incroyable, qui fera briller ses personnages, mais aussi briller le titre, avec une métaphore sublime, qui sera à tomber par terre.

En plus des personnages et de l’histoire, « Blue Giant » est aussi un film qui est esthétiquement incroyable. C’est vrai que l’ensemble a ses défauts, c’est vrai qu’il se fait parfois trop long avec ce ventre mou, ou encore, parfois, le charme est quelque peu rompu avec l’emploi d’images numériques, mais face à cela, ces petits détails sont très vite oubliés, car « Blue Giant » déploie une force créatrice hors norme quant à l’imagerie, voire le fantasme, voire même l’idée que le temps s’arrête lorsque ces musiciens montent sur scène.

Filmé un concert de manière « simple » dans un animé aurait très bien pu tourner à l’ennui, alors Yuzuru Tachikawa a mis en images la folie créatrice et libératrice de la musique, au sein de scènes dantesques, qui vont être de plus en plus terribles au fur et à mesure que le film avance. De plus, cette folle musique, c’est aussi l’une des plus belles BO de l’année qui nous est offerte par Hiromi Uehara. Ici, le saxophone est puissant et l’ensemble de ces trois instruments résonnent comme une évidence, et au-delà de ça, il est d’ores et déjà adopté que cette BO s’écoutera aussi sans le film, tant cette dernière est au-delà du sublime. Vous l’aurez donc compris, si l’on en prend plein les yeux, on en prend plein les oreilles aussi.

« Blue Giant » se pose comme un film d’animation qui est un véritable festival. Incroyable dans sa façon de raconter l’histoire de ce jeune groupe, incroyable dans la façon de faire passer les vibrations de la musique, malgré ses défauts qui peuvent abîmer l’espace de quelques minutes le long-métrage, « Blue Giant » de Yuzuru Tachikawa est une claque dont on sent avec plaisir les picotements en sortant de la salle

Note : 16/20

Par Cinéted

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