janvier 28, 2022

Eliminators

De : James Nunn

Avec Scott Adkins, Wade Barrett, Daniel Caltagirone, James Cosmo

Année : 2017

Pays : Etats-Unis, Angleterre

Genre : Action

Résumé :

Un ancien agent fédéral américain abandonne une opération de surveillance de témoins et se cache dans sa demeure londonienne. Mais le plus dangereux assassin d’Europe est à ses trousses, et l’agent doit mettre sa fille à l’abri…

Avis :

Il fut un temps où les acteurs de cinéma d’action, les action heroes, avaient le vent en poupe et enchainaient les films à gros budget. On pense bien évidemment à Arnold Schwarzenegger et Sylvester Stallone, mais il y en avait d’autres, qui ont plus ou moins réussi la suite de leur carrière. De nos jours, il ne reste plus grand-chose. Si on peut compter sur Dwayne Johnson ou encore Jason Statham, ils ont une grosse disparité dans leur filmographie, ce qui fait qu’il est assez compliqué de les cataloguer dans uniquement le film d’action. Si on ne devait en garder qu’un, ce serait certainement Scott Adkins. Acteur athlétique impressionnant, il n’a pourtant pas la carrière qu’il mérite. Végétant de seconds rôles à des DTV un peu bâclés, l’acteur n’arrive pas vraiment à percer. Et ce n’est pas ce Eliminators qui va l’aider à sortir la tête de l’eau.

Un tueur aux trousses

Réalisé par James Nunn qui fut assistant réalisateur sur des films comme Comedown et Cockney Vs Zombies, Eliminators raconte l’histoire d’un vigile qui va se faire agresser chez lui alors que sa fille dort. Sous la menace, il tue ses trois agresseurs, mais blessé, il s’écroule et se réveille à l’hôpital. Sa fille est alors placée dans les locaux de la protection de l’enfance, mais il doit la retrouver, car son passé le rattrape. Son beau-père, un grand ponte du trafic d’armes, le recherche pour le tuer et récupérer sa petite-fille. Une course contre la montre se met en place, d’autant que maintenant, il a un tueur professionnel au cul. A partir de ce pitch, le cinéaste va partir sur un road trip dangereux dans les rues de Londres, où un père, désespéré, va tout faire pour retrouver sa fille et se débarrasser de ce tueur.

Avec ce genre de film, il ne faut pas s’attendre à du grand cinéma, et on sait que l’on vient chercher de la bagarre et des gunfights. Ce qui tombe plutôt bien, puisque Eliminators c’est pile-poil ça. Le film débute avec des présentations rapides, où l’on voit un père célibataire (et même veuf) se démener pour sa fille. Le film ne fait pas dans la tendresse et met le père immédiatement en mauvaise posture avec trois mecs encagoulés qui l’attaquent. James Nunn affiche ses ambitions, point de mélo, pas d’histoire alambiquée, juste un père de famille qui va se battre pour retrouver sa fille et lutter contre un tueur à gages. Bien évidemment, on nous glisse quelques éléments de scénario pour donner un peu d’épaisseur, mais ce n’est guère le plus important ici. Et ce n’est pas ce que l’on est venu chercher.

Une prod WWE

Si le film prend des atours de jeu du chat et de la souris, on va surtout avoir des affrontements qui sont très sympathiques pour ce genre de produit. Car oui, Eliminators est une production WWE, qui met en avant des anciennes stars du catch qui cherchent une bonne reconversion. De ce fait, le budget n’est pas fou, et bien souvent, les réalisations laissent à désirer, avec des montages très cutés pour pallier au manque physique des acteurs. Mais Scott Adkins fait face à Wade Barrett et les deux types sont au top de leur forme. Car chose rare, ce DTV que l’on pourrait croire tout pourri est très généreux en affrontements et frappe là où ça fait mal. Les combats sont bien chorégraphiés, le montage n’est pas épileptique et certaines séquences sont même inspirées, comme ce combat dans le téléphérique qui essaye de bien utiliser tout l’espace.

Alors bien évidemment, en termes de mise en scène, on est loin, très loin, d’un film d’action hollywoodien où ça tabasse dans tous les sens. John Wick peut dormir ses deux oreilles, il ne craint pas grand-chose. Mais à échelle comparative, en regardant les budgets alloués, Eliminators n’a pas vraiment à rougir, essayant à chaque fois de surprendre et de varier les plaisirs. La séquence de gunfight dans l’appartement est plutôt chouette. L’affrontement final est très agréable, même s’il reste téléphoné. Même la fin contient son petit lot de suspens, pour savoir comment le héros va s’en sortir. De plus, chose importante, il n’y a pas d’humour débile dans le métrage. On est dans quelque chose de sérieux, avec un père qui veut récupérer sa fille et qui est prêt à tout pour réussir. Pas le temps de poser des blagues ou des punchlines débiles.

Scott Adkins sous-côté

Le film est bien entendu perclus de défauts. La production est légère, les décors ne sont pas exploités, la lumière est inexistante et globalement, le film n’a pas d’identité propre. En ce sens, il remplit parfaitement la case des DTV d’action que l’on peut trouver toutes les semaines dans les bacs. Mais il est plus généreux que la moyenne, en action, mais aussi et surtout avec ses acteurs. Scott Adkins joue très bien les pères courages et il s’en donne les moyens physiques. Wade Barrett, pourtant issu du catch, campe un bon tueur à gages et ne surjoue pas. Pour le reste du casting, c’est la même chose, on est dans quelque chose de simple et efficace. James Cosmo semble un peu en deçà, mais son rôle, important, n’est pas le plus mis en avant. On sent qu’il est là pour le chèque et c’est tout.

Au final, Eliminators est un film d’action lambda qui aurait pu finir dans les limbes de l’oubli. Entre sa jaquette mensongère, son affiliation à la WWE et son histoire qui tient sur trois lignes de script, on avait de quoi tomber dans le navet de luxe. Pourtant, il s’agit d’une bonne pioche dans le genre, avec de nombreuses scènes d’action et un casting qui se donne vraiment. De ce fait, malgré ses faiblesses techniques et ses errances scénaristique qui ne servent à rien, Eliminators fait le job, et c’est déjà pas mal.

Note : 11/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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