novembre 30, 2021

Only Murders in the Building Saison 1 – True Crime Podcast

D’Après une Idée de : Steve Martin et John Hoffman

Avec Steve Martin, Martin Short, Selena Gomez, Amy Ryan

Pays : Etats-Unis

Nombre d’Episodes : 10

Genre : Comédie, Policier

Résumé :

Trois inconnus, obsédés par les affaires criminelles, se retrouvent liés à un meurtre dans la vie réelle et décident de résoudre le cas…

Avis :

Scénariste depuis ses premiers pas dans le monde de la série, et même du cinéma, John Hoffman fait partie des showrunners de Grace and Frankie, et il semblerait que ce créateur de série ait l’envie de parler des personnes d’un certain âge. En effet, même si on lui doit quelques épisodes de la superbe série Looking, son truc à lui, ce sont les vieux. Ou tout du moins les relations entre personnes qui ont plus de soixante-dix printemps. La preuve en est avec Only Murders in the Building, comédie policière qui place Selena Gomez aux prises en deux vieux grincheux campés par Martin Short et Steve Martin (qui est aussi le cocréateur de la série). Sorti en presque catimini sur Disney+, à raison d’un épisode par semaine, ce show mené par John Hoffman et Steve Martin est un vrai petit régal dont il serait dommage de passer à côté.

Agatha Christie be Like

Bienvenue à l’Arcodia, un immense building dans lequel tous les résidents se connaissent plus ou moins. Un beau jour, un homme est retrouvé mort chez lui, une balle dans la tête. La police conclut à un suicide, mais ce n’est pas l’avis de trois fans de podcasts sur les « true crimes ». Se retrouvant alors dans un ascenseur, ils décident de mener l’enquête et d’en faire un podcast pour montrer l’avancée de leur investigation. Voici la base de cette comédie policière qui va bien évidemment jouer avec les codes du polar à la Agatha Christie, tout en s’amusant avec ses personnages, les rendant à la fois loufoque et attachant, montrant leurs fêlures, leur solitude et leur relation parfois chaotique. Ce mélange des genres est absolument délicieux, car les deux showrunners trouvent le parfait équilibre dans les tons employés, l’humour ne prenant jamais le pas sur l’aspect policier.

Montée sur dix épisodes d’une demi-heure, la série va sans cesse relancer son enquête avec des rebondissements intéressants et même logiques. Ainsi, le spectateur sera invité à mener les investigations avec les personnages, et à démêler plusieurs intrigues en une seule. Qui a tué Tim Kono ? Pourquoi ? Cette enquête va nous mener sur des thèmes intéressants, comme l’amitié, les magouilles pour s’enrichir, le fait que l’on ne connaisse pas vraiment nos voisins et les ambitions. Une ambition qui se traduit par le fait de faire les hommes-sandwichs pour gagner quatre sous, ou encore de prendre des risques inconscients pour taper dans le sensationnel au sein d’un podcast qui va prendre de plus en plus d’ampleur. Si on pourra reprocher quelques rebondissements hasardeux, la série tente toujours de trouver des axes intelligents pour relancer l’enquête, et ne tombe que rarement dans la facilité.

True Crime Podcast

En parlant d’intelligence, l’écriture prend beaucoup de temps pour peaufiner son trio de tête et tisser des relations qui ont du sens. Trois personnages abîmés par le passé, et qui vont pourtant se trouver, malgré leurs divergences. Ainsi, on trouvera une jeune femme, Mabel, seule, silencieuse, qui va se prendre d’affection pour deux hommes d’un certain âge et avec lesquels elle va se lier d’une amitié très forte. Elle est le tampon entre les deux hommes. Celle qui redonne un sens à leur vie. Charles est un acteur à la dérive, connu pour un seul rôle dans une série policière. Son background fait de lui un homme esseulé, triste, qui va trouver une vraie raison de vivre dans cette enquête. Quant à Oliver, metteur en scène fauché, exubérant, il va se rendre compte de tout ce qu’il a perdu à cause d’une ambition personnelle démesurée.

Ces trois personnages vont alors construire une amitié forte, qui joue avec les sensibilités de chacun. Si Oliver exaspère Charles de par son exubérance, ce dernier se rend compte que cette folie lui redonne une étincelle de vie, jusqu’à flirter avec une voisine, encouragé par ses deux nouveaux amis. Même Mabel retrouve des amis, reformant une troupe comme dans sa jeunesse, lui redonnant un sourire qu’elle avait perdu depuis trop longtemps. Only Murders in the Building en devient alors très touchant. Et son côté podcast, qui force les trois personnages à collaborer pour offrir un show radiophonique, est une idée géniale, qui rajoute un supplément d’âme à tout cela. Sans en faire des caisses, les dix épisodes sont bourrés d’inventivité, se permettant même de partir dans des délires expérimentaux, comme cet épisode muet qui suit le fils sourd d’un des suspects. Du pur génie !

Un show d’acting

Enfin, s’il doit y avoir une raison pour regarder cette série, c’est son casting complètement affolant, et surtout les performances des acteurs. Steve Martin est très touchant dans ce rôle d’acteur à la dérive. Il est doux, souvent drôle, et n’en fait pas des caisses. Là, c’est plutôt le rôle de Martin Short, impressionnant dans ce rôle de metteur en scène raté qui joue un rôle en permanence et délivre un show d’une rare justesse. Il en devient même touchant sur la fin. Quant à Selena Gomez, elle démontre qu’elle est une vraie actrice, rivalisant avec ces deux monstres du cinéma. A noter aussi les présences hilarantes de Tina Fey en reine du podcast imbue d’elle-même, Nathan Lane en riche homme d’affaires, ou encore Sting, qui joue son propre rôle et qui fait preuve d’une autodérision hilarante. Tout ce petit monde s’éclate et nous éclate.

Au final, cette première saison d’Only Murders in the Building est une véritable réussite sur tous les points. Ne cédant jamais à la facilité, jouant avec les codes du polar à l’ancienne et de la comédie, la série trouve constamment le juste équilibre pour nous faire rire tout en faisant avancer son enquête. Si la réalisation reste pépère, on savourera avec un plaisir non feint les performances d’acteurs qui livrent un show impressionnant. Bref, une série qui ne fait pas de bruit, et qui est pourtant une belle réussite. On se languit une deuxième saison, déjà commandée.

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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