novembre 30, 2021

Fear Street 1994 – Mais c’est un Scream!

De : Leigh Janiak

Avec Kiana Madeira, Olivia Welch, Benjamin Flores Jr., Julia Rehwald

Année : 2021

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

À la suite d’une tragédie brutale à Shadyside, dans l’Ohio, un groupe d’adolescents rencontre accidentellement le mal ancien responsable d’une série de meurtres brutaux qui sévissent dans leur ville depuis plus de 300 ans.

Avis :

R.L. Stine est un écrivain pour la jeunesse qui s’est notamment illustré avec la série Chair de Poule, qui a eu droit à une adaptation série dans les années 90, puis deux films portés par Jack Black. Ce que l’on sait moins, c’est qu’avant d’écrire pour les « enfants », il avait déjà fait une petite série pour les adolescents, ce que l’on nomme aujourd’hui la Young Adult. Cette série, c’est Fear Street, et allez savoir pourquoi, Netflix a déterré les droits d’auteur pour en faire une trilogie. Trois films, durant trois époques différentes (1994, 1978 et 1666) qui ont pour point commun la ville maudite de Shadyside et la sorcière Sarah Fier. Tous réalisés par la réalisatrice Leigh Janiak (Honeymoon), cette trilogie promettait, d’après les dires de Netflix, de grands moments d’horreur. Commençons donc avec ce premier volet, qui doit poser les bases d’une intrigue assez complexe.

Sorcière et Psychopathes

Le début du film se déroule dans un centre commercial. Une jeune libraire ferme sa boutique et se fait sauvagement agresser par un type déguisé en squelette. Elle se fera tuer, ainsi que huit autres personnes avant qu’un policier ne colle une balle dans la tête du tueur. Après le générique, on va suivre un groupe d’adolescents qui vit dans la ville de Shadyside, qui semble maudite, puisqu’il y a très souvent des massacres de masse. La ville voisine, Sunnyside, est la plus sûre du pays et il y a une rivalité entre les deux lycées. Suite à une rixe entre deux groupes d’ados rivaux, une jeune femme se met à cracher du sang et elle et ses amis se font pourchasser par ce tueur au squelette, celui-là même qui fut abattu par la police. Ils décident alors de mener l’enquête et découvre l’histoire de Sarah Fier, la sorcière.

Une sorcière, une malédiction, des tueurs qui semblent revenir d’entre les morts, voilà un programme alléchant, pour une histoire qui cherche ses racines dans un passé tumultueux. Fear Street 1994 aurait pu être un savant mélange de Scream avec une pointe de fantastique, mais malheureusement, le script est assez indigeste, surtout dans sa première partie. Le film s’évertue à présenter des personnages qui ne sont pas forcément bien écrits et qui rentrent dans des carcans assez pénibles. Le couple lesbien qui se tourne autour, le frère geek qui est déjà sur internet, la forte tête ou encore l’obsédé sexuel, voilà un cocktail que l’on connait par cœur et qui manque de saveur. Le début est donc laborieux, notamment dans son montage et la présentation des protagonistes, où tout file à toute vitesse, avec des ellipses mal amenées et une frousse qui met du temps à s’installer.

Des ados et des néons

Après le générique, le début du film est très surprenant car il nous place directement dans la vie d’une ado qui vient de se séparer et explique les rivalités entre les deux villes de façon épileptique. Les plans se succèdent sans cesse, on n’a pas vraiment d’histoire cohérente et on sent une pseudo tension sexuelle qui ne prend jamais dans ce démarrage. Le film se veut faussement contemporain dans sa démarche artistique. Outre ce montage surcuté, on aura droit à la sempiternelle playlist de l’époque, qui sert à vendre des albums et à jouer sur la fibre nostalgique, mais aussi des néons dans tous les sens. Le noir côtoie les couleurs flashy et parfois, c’est un peu too much, comme la séquence finale dans le supermarché fermé. Bref, au début, on a du mal à rentrer dedans, et cela est aussi dû à des personnages ineptes.

Si le groupe de jeunes a des caractéristiques très tranchées, on reste tout de même dans un cliché ambulant. De plus, ces jeunes gens ne sont pas forcément attachants car ils ont tous un côté antipathique. Le couple de lesbiennes passe son temps à se faire la gueule puis à se rabibocher. Le type célibataire et déluré ne fait que des remarques salaces. Reste le petit frère bouffi un peu geek et coincé qui va finalement se faire la cheerleader forte tête. Tout cela reste dans un carcan pénible et qui a du mal à se démarquer du tout-venant. Même au niveau des antagonistes, on reste dans quelque chose de très référencé, peut-être trop, et on sent le potentiel de certains personnages (que l’on espère revoir par la suite), mais ici, le boogeyman en question manque de personnalité. Seul l’aspect fantastique de la chose amène un petit surplus agréable.

Du cul et du sang

Si l’aspect fantastique amène un petit surplus pas désagréable à l’ensemble, il faudrait être aussi mauvaise langue pour ne pas voir certaines choses intéressantes. Outre le boogeyman à la hache qui promet un joli retour dans le deuxième film, on pourra compter sur quelques moments gores assez osés pour ce genre de production. Certes, il faudra attendre la toute fin pour avoir son lot d’hémoglobine, mais ça fonctionne. Le coup du tranchoir à pain fait son petit effet, et même les morts en question sont surprenantes. L’autre point intéressant, c’est la tension sexuelle qui règne en maître durant le film. Si l’on excepte quelques amourettes lourdes, le film n’hésite pas à mettre le paquet, comme si la vie des personnages en dépendait. Et ça marche, malgré un puritanisme américain un peu trop poussé. Enfin, au niveau de la réalisation, globalement, c’est plutôt intéressant, mais ça reste basique.

Au final, Fear Street 1994 est un lancement un peu poussif au début, puis qui se révèle un peu plus sur la fin. Se voulant trop contemporain, trop « jeune », ce slasher classique n’arrive pas à révolutionner le genre, même s’il s’imbrique dans une trilogie. Si on aura notre lot de sang sur la fin du métrage, il mettra trop de temps à démarrer, et les personnages seront trop pénibles pour vraiment ressentir de l’empathie. Sans être une catastrophe, ni même un mauvais film, Fear Street 1994 reste assez honnête mais manque souvent de poigne pour marquer pleinement. Reste à savoir ce que nous réserve la suite, puisqu’après les références à Scream, nous voici en plein Vendredi 13 !

Note : 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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