novembre 30, 2021

Fear Street 1978 – Un vendredi comme un autre

De : Leigh Janiak

Avec Sadie Sink, Ted Sutherland, Emily Rudd, McCabe Slye

Année : 2021

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Shadyside, 1978. L’école est finie et les activités du Camp Nightwing sont sur le point de commencer. Mais lorsqu’un autre  » Shadysider  » est possédé par l’envie de tuer, l’amusement se transforme en une lutte effroyable pour la survie…

Avis :

D’habitude, c’est plutôt lorsque Halloween pointe le bout de son nez que les films d’horreur débarquent sur Netflix. Mais à la surprise générale, la plateforme de streaming a sorti plusieurs films de genre durant cet été. Et entre A Classic Horror Movie ou encore Blood Red Sky, on trouve la trilogie Fear Street. S’inspirant des récits de R.L. Stine qu’il a écrit avant les Chair de Poule et pour un public plus adulte, Netflix compte bien marquer les esprits avec un concept intéressant, celui de fractionner son œuvre en trois œuvres se déroulant dans trois époques différentes et trouvant du liant avec une sorcière. Et, chose étonnante, les épisodes remontent dans le temps. Le premier film, se déroulant en 1994, avait tous les atours du slasher et citait sans vergogne ses références à Scream. Pour le deuxième opus, on part en 1978, dans une colo.

Le Tueur à la Hache

Ce deuxième épisode reprend là où l’on s’était arrêter précédemment, c’est-à-dire en 1994, avec une fille qui se retrouve possédée par l’esprit de la sorcière Sarah Fier. Sa fiancée et leur frère de cette dernière se rendent alors chez l’unique survivante du massacre qui a eu lieu en 1978 sous la possession de cette même sorcière. Elle va alors raconter tous les éléments qui se sont passés à cette époque. On aura droit à la petite sœur considérée comme une sorcière car elle ne fait pas les choses comme les autres. On fera les amours entre animateurs et l’insouciance qui règne au sein d’une colo toxique au possible, où souffle un vent de liberté. Jusqu’à ce qu’un des animateurs deviennent un fou psychotique et bute tout le monde à coups de hache.

C’est avec ce film que l’on va en apprendre plus sur la sorcière, sur la façon de la combattre et surtout, sur la façon de lever la malédiction sur Shadyside. Si tout le film précédemment se basait sur des éléments de 1994, celui-ci va mélanger un peu des deux époques. En effet, on commence dans les années 90 et on termine avec celles-ci, alors que tout le milieu du métrage se situe en 1978. Une façon de faire assez intéressante, mais qui s’avère moins surprenante que prévu. Il n’y aura pas de voyage temporel, ni même d’une intrigue qui se déroulerait à l’envers. Ici, l’époque sert juste de support pour trouver des indices afin de résoudre une affaire dans le présent. De ce fait, on peut y voir une certaine fébrilité dans l’écriture du scénario et un léger manque d’inspiration pour pousser l’intrigue un peu plus loin.

Vendredi 13

Néanmoins, malgré des faiblesses d’écriture flagrante, ce deuxième épisode se fait plus sympathique que le premier. Si l’on excepte les amateurs de slasher à la sauce Scream, Fear Street 1978 a un peu plus d’arguments pour lui, que ce soit dans son fond, dans sa violence, ou encore dans son ambiance. En premier lieu, si le premier métrage est sympathique, il manque cruellement de thèmes intéressants. Dans ce deuxième film, on trouvera des sujets plus forts et plus parlants. Il sera question de discrimination et de l’inaction de certains adultes (qui sont représentés ici par des ados qui préfèrent niquer). La jeune héroïne va s’en prendre plein la gueule par ses camarades car elle réagit différemment des autres. Elle plus brute, plus franche, et surtout, elle est rousse, ce qui lui vaut d’être vue comme une sorcière.

On notera aussi l’insouciance des années 70, avec des personnages plus libertins, ce qui permet une ambiance plus prégnante et moins putassière. Exit donc les néons et autres couleurs flashy qui reviennent en force, et bonjour ton sépia et nature plus ou moins morte. Le film est plus « pur » dans son ambiance, renouant avec des films plus brutaux, à l’image de Vendredi 13 de Sean S. Cunningham. Si le climat est moins délétère, il demeure plus violent et rentre-dedans, ne se perdant que peu de fois en cours de route. Alors oui, les meurtres peinent à venir, mais quand ils surgissent, le film trouve un bon rythme de croisière et n’hésite pas à envoyer la sauce. Les meurtres seront peut-être moins inventifs que dans le premier opus, mais ils n’en demeurent pas moins efficaces et percutants.

La fin ne lésine pas sur le gore pour bien montrer la violence des tueurs, ou plutôt des créatures de la sorcière.

Sadie Cool

Toutes proportions gardées, Fear Street 1978 est plutôt un bon film d’horreur. Cela en partie grâce à une réalisation honnête, mais surtout des références mieux digérées et une fervent hommage aux films d’horreur des années 70. Mais il faut aussi mentionner des personnages sympathiques qui, même s’ils restent des stéréotypes, sont plutôt intéressants. On aura droit à la petite sœur forte tête, la grande sœur puritaine, le petit copain entreprenant, le couple libertin ou encore l’animateur qui tombe amoureux d’une jeune. On reste dans un carcan trop serré et déjà-vu, mais ça fonctionne. On peut remercier les comédiens qui sont tous investis, surtout Sadie Sink (coucou Stranger Things) qui livre une belle performance. A la forte et touchante, la jeune actrice démontre un sacré talent, même si elle s’enferme dans un rôle qu’elle répète un petit peu.

Au final, Fear Street 1978 est plus réussi que son aîné. Plus intéressant dans ce qu’il raconte, essayant d’apporter du fond à son récit, plus maîtrisé au niveau des effets gores et de la violence inhérente au genre, ce deuxième film traine un peu en longueur, mais quand il se lance, il ne s’arrête plus. On regrettera cependant une paresse dans l’écriture qui doit mettre du liant entre les épisodes et une peur qui peine à arriver, tant tous les effets sont déjà éculés depuis des lustres. Bref, un petit film honorable, pas désagréable, mais qui n’est pas non plus incroyable.

Note : 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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