décembre 10, 2022

Iron Man

De : Jon Favreau

Avec Robert Downey Jr., Terrence Howard, Jeff Bridges, Gwyneth Paltrow

Année : 2008

Pays : Etats-Unis

Genre : Super-Héros

Résumé :

Tony Stark, inventeur de génie, vendeur d’armes et playboy milliardaire, est kidnappé en Aghanistan. Forcé par ses ravisseurs de fabriquer une arme redoutable, il construit en secret une armure high-tech révolutionnaire qu’il utilise pour s’échapper. Comprenant la puissance de cette armure, il décide de l’améliorer et de l’utiliser pour faire régner la justice et protéger les innocents.

Avis :

Cela fait des années maintenant que l’industrie Marvel est installée à Hollywood. Machine de guerre qui fait couler les millions à chaque film, le studio a pourtant eu du mal à se lancer dans le septième art. Il faut dire que le premier projet, Iron Man, est passé dans de nombreuses mains et sous la houlette de nombreux studios avant que la boîte à idées en reprenne ses droits dessus. De nombreux réalisateurs voulaient faire un Iron Man, figure emblématique des comic books inventé en 1963 par Stan Lee. Sorte de dandy millionnaire avec un problème cardiaque, le super-héros va toucher le public par son côté humoristique, mais aussi égocentrique et ses nombreuses fêlures suite à sa relation complexe avec son père. Il fallait au moins tout ça pour livrer un personnage digne de ce nom, et ce premier film, qui lancera l’épopée Marvel au cinéma, sera une réussite formelle.

Origin Story

Comme tout bon premier film qui se respecte, Iron Man de Jon Favreau va être une Origin Story. C’est-à-dire que l’on va suivre comment Tony Stark va devenir un super-héros avec une armure, et comment il va attirer l’œil d’un certain Nick Fury. Ainsi donc, on commence le métrage en voyant un homme d’affaires un peu trop sûr de lui, qui va se faire attraper par des terroristes, alors qu’il vantait les mérites de sa nouvelle arme, des missiles à tête chercheuse ultra sophistiqués. Détenu en otage, les terroristes lui intiment l’ordre de construire ces missiles pour leur armée. Se rendant compte que ses armes servent à alimenter une guerre qui tue femmes et enfants, Tony Stark se forge alors une armure et se promet d’arrêter de fabriquer des armes. Mais son « trésorier » ne l’entend pas de cette oreille, puisque c’est la branche de l’industrie qui rapporte le mieux.

Jon Favreau va en profiter pour tirer deux cordes en même temps. Il va construire un héros en devenir, en affinant ses traits, son caractère et ses relations. Mais il va aussi en profiter pour épaissir la mythologie de Tony Stark en utilisant le terrorisme et la vente d’armes comme point de repères. Ainsi donc, l’évolution du personnage va prendre une place prépondérante. Tony Stark devient un véritable héros humain sous une couche de métal, voulant être une armure, une défense, plutôt qu’une arme, afin de protéger et non détruire. Il peut compter alors sur son assistante, Pepper Potts, mais aussi sur ses machines qui seront un ressort humoristique, mais important pour son évolution. Tony Stark s’humanise, ne cache plus ses faiblesses et ose même s’insurger face à un acolyte un peu trop vénal, prêt à tout pour gagner de l’argent, quitte à faire disparaître Tony Stark de la circulation.

Lutte anti-terroriste

En dehors de son personnage devenu culte au fil des ans et des films, Iron Man est un des rares Marvel à posséder une toile de fond et plusieurs messages intéressants. Si aujourd’hui, on doit se contenter d’un humour bas de plafond et d’une action dont l’ampleur est digne d’une salle de bains peinte en vert, Jon Favreau ne va pas livrer un métrage lisse et factice. Bien au contraire, son Iron Man détient une critique acerbe d’un système purement américain. Notre héros est un vendeur d’armes qui s’ignore, et qui va prendre conscience du mal qu’il fait dans le monde, pour simplement gagner de l’argent. Or, l’argent ne fait pas tout, et Tony Stark s’en rend compte lorsqu’il risque de mourir pour un problème cardiaque. On peut y voir une introspection qui va dans le bon sens. Mais au-delà de ça, le film est aussi un pamphlet presque anti-américain.

Alors oui, le héros est un digne représentant du pays de l’oncle Sam. Un type qui réussit tout ce qu’il entreprend, qui est cynique au possible et qi s’érige en grand héros sauveur des causes perdues. Pour autant, il est la source d’un problème qu’il veut éradiquer. Sa société revend des armes à des terroristes, et cela coûte la vie à des G.I envoyés sur le front, mais aussi à des innocents. Ainsi donc, c’est un véritable cercle vicieux que Iron Man va tenter de briser. Mais c’est sans compter sur un acolyte un peu trop zélé, qui veut garder la branche d’armes car elle rapporte beaucoup d’argent. On va y voir la naissance d’un super-vilain dont les enjeux ne sont que pécuniers. Un méchant que l’on va détester de par son inhumanité crasse. Fort heureusement, le film n’oublie de bien entourer son héros, avec des seconds couteaux attachants.

Robert Downey Garcia

La grande force de ce film provient aussi de son acteur principal, Robert Downey Jr. Si son casting a été fait à la surprise générale, le comédien est vraiment très bon dans ce rôle de dandy cynique. Son évolution est excellente et on sent que l’acteur est très investi dans son personnage. Il vole la vedette à tout le monde, même aux seconds rôles, qui ont pourtant une grande importance dans le récit. Gwyneth Paltrow est loin d’être la greluche de base, et on ressent déjà tout le potentiel de son personnage. Il y a une bonne alchimie entre elle et Robert Downey Jr. Le point faible viendra du méchant, dont les enjeux sont minces, mais qui est tenu d’une main de maître par Jeff Bridges, toujours impeccable. On notera un Terrence Howard plus ou moins convaincant en War Machine et qui sera remplacé par Don Cheadle pour les suites.

Au final, Iron Man est plutôt une bonne surprise au sein du MCU. Il ouvre la porte en grand pour toutes les suites que l’on connait, et se permet aussi d’être une critique ouverte d’un système américain corrompu. Si le film a des faiblesses, comme une baisse de régime au milieu, des méchants pas forcément intéressants, ou encore une mise en scène passe-partout, sans parti pris, il n’en demeure pas moins un spectacle réjouissant et honnête. Chose trop rare de nos jours dans les nouveaux films Marvel. Bref, Iron Man, tient toujours la barre, au même titre que le premier Captain America de Joe Johnston.

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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