janvier 29, 2022

La Reine du Crime – L’Affaire Florence Nightingale

Titre Original : Agatha and the Truth of Murder

De : Terry Loane

Avec Ruth Bradley, Dean Andrews, Bebe Cave, Tim McInnerny

Année : 2019

Pays : Angleterre

Genre : Policier

Résumé :

En 1926, Agatha Christie est en panne d’écriture et en instance de divorce. Au bord du désespoir, elle croise la route de Mabel, une infirmière qui cherche à élucider le meurtre de son amie, battue à mort dans un train six ans plus tôt. Agatha décide d’aider la jeune femme et invente un scénario sophistiqué pour réunir les suspects dans une grande demeure de campagne. Se faisant passer pour la notaire, elle fait croire aux invités qu’ils vont toucher un héritage et en profite pour les interroger chacun à leur tour. Mais, dès le premier jour, la mise en scène tourne mal quand l’un des hôtes est brutalement assassiné. L’arrivée de l’inspecteur Dicks va perturber les plans de la jeune romancière…

Avis :

Surnommée à juste titre la reine du crime, on ne présente plus une auteure telle qu’Agatha Christie dont la contribution à la littérature a eu un impact historique sur le genre policier. Si elle a inspiré bon nombre d’écrivains du XXe siècle jusqu’à nos jours, son œuvre a fait l’objet d’une multitude d’adaptations pour le théâtre, le cinéma, la télévision et même les jeux vidéo. De même, plusieurs ouvrages et documentaires se sont attardés sur son parcours et sa vie. Aussi, L’affaire Florence Nightingale ne constitue pas une nouvelle version d’un de ses romans, mais se penche sur sa vie en la mettant en scène dans une enquête bien malgré elle ; du moins dans les premiers instants.

À l’image du Grand Hiatus de Sherlock Holmes, la créatrice d’Hercule Poirot a en effet disparu pendant 12 jours en 1926. Personne ne sait ce qu’il est advenu d’elle durant ce laps de temps. Dès lors, ce mystère a fait l’objet de nombreuses spéculations, notamment à travers des œuvres de fiction, comme L’Affaire Agatha Christie ou Le Secret d’Agatha. Aussi, le présent téléfilm reprend le concept pour s’essayer à une hypothèse plus ou moins plausible. Somme toute brève, l’entame se penche sur la vie personnelle de la romancière, son divorce et sa perte d’inspiration. À ce titre, on apprécie la rencontre avec Arthur Conan Doyle et son allégorie du terrain de golf pour le travail d’écriture.

Par la suite, l’intrigue amène Agatha Christie à repousser les frontières de la fiction dans son quotidien. À la manière de son fameux détective belge, on la sollicite pour mener des investigations sur une affaire classée et néanmoins non résolue. L’homonymie de la victime n’est pas à confondre avec le personnage historique, même si l’on distingue un rapport étroit, ne serait-ce que dans son abnégation à prodiguer les soins infirmiers à tous les nécessiteux. Ce premier élément s’avance comme un indicateur sur l’orientation de l’enquête et de la tonalité du téléfilm en lui-même. À savoir, un condensé d’inspirations réelles et fictives, censément nourrir les futurs ouvrages d’Agatha Christie.

Cela tient tout d’abord au cadre du manoir qui invite les principaux suspects et investigateurs à cohabiter sous le même toit. Bien que l’on ne ressente pas de sensation d’isolement ou de prise au piège particulière, les fondamentaux du huis clos sont bel et bien présents. Parmi les allusions les plus évidentes, on distingue sans mal de nombreuses références aux Dix petits nègres. Pêle-mêle, on peut évoquer des clins d’œil à d’autres classiques, comme Mort sur le Nil et Le Crime de L’Orient-Express. Simple, mais toujours aussi efficace lorsque le propos demeure bien amené pour ne pas supplanter les investigations en question.

D’une manière plus générale, la caractérisation renvoie également aux habituels panels de portraits aux personnalités bien trempées, nés sous la plume d’Agatha Christie. En cela, l’approche est maîtrisée, mais relativement conventionnelle et sans surprise. En effet, les intéressés correspondent à des carcans sociaux très marqués ; de l’opportuniste patenté à l’ingénue en pleine crise existentielle. Du côté des éléments corrects, mais sans véritable consistance, la réalisation éprouve toutes les peines du monde à s’affranchir des scories inhérentes aux productions télévisées. Cela tient, entre autres, à la qualité de la photographie, du cadrage ou de l’exploitation des environnements. Une mise en scène très calibrée qui ne contient aucune fulgurance ni singularité.

Au final, L’Affaire Florence Nightingale s’avance comme un sympathique moment policier. Tout comme le personnage principal, le développement du contexte est appréciable pour dépeindre un visage moins glamour et plus torturé de l’auteure. L’intrigue est bien menée et l’enquête demeure intéressante à suivre, tout en considérant différents rebondissements. Les interrogatoires s’enchaînent et les subterfuges sont présents pour tenter de flouer le spectateur. Cependant, l’ensemble manque clairement d’originalité sur le fond et traduit, dans la forme, une tonalité référentielle évidente. Le traitement standardisé ne recèle aucune surprise, se contentant de produire un téléfilm orienté pour le grand public avec des moyens minimalistes. Divertissant, mais guère étonnant.

Note : 14/20

Par Dante

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.