janvier 16, 2022

Le Diable et les Dix Commandements

De : Julien Duvivier

Avec Micheline Presle, Charles Aznavour, Louis De Funès, Françoise Arnoul

Année : 1962

Pays : France

Genre : Comédie, Drame

Résumé :

Si le diable n’existait pas, les Dix commandements n’auraient aucune raison d’être… Puisque la tentation n’existerait pas… Mais le mensonge et les vices se glissent partout dans les âmes humaines, surtout là où il ne faudrait pas, ce qui amuse beaucoup le Diable, grand meneur de jeu au sein de ces huit tranches de vie…

Avis :

Julien Duvivier est l’un de nos réalisateurs qui nous a laissés une œuvre incontournable, dont la réputation n’a jamais cessé de grandir. Il faut dire qu’entre 1919 et 1967, le metteur en scène a réalisé une soixantaine de films et parmi eux, on trouve des titres tels que « Panique« , « Pépé le Moko« , « La belle équipe« , « Marie-Octobre« , ou encore l’un de ses plus grands succès, « Le petit monde de Don Camillo » et sa suite.

Pour ma part, je connais assez mal le cinéma de Julien Duvivier, m’y étant arrêté assez peu de fois pour l’instant. Non pas que je n’en avais pas envie, c’est juste que jusqu’alors, je n’en avais pas eu l’occasion. Malgré ça, à chaque fois que je me suis arrêté sur un film du cinéaste, jamais une déception s’est faite ressentir (Je me suis même arrêté sur un chef d’œuvre, « Voici le temps des assassins« ), et dans ce que j’ai vu du réalisateur, « Le dix et les dix commandements » se pose comme un petit cru Duvivier. Un cru qui a su se faire amusant, qui a su se faire intéressant, mais qui a aussi su se faire inégal dans la succession de ses sketchs. Néanmoins, entre humour et drame, tenu par un hall de stars, « Le diable et les dix commandements » n’est pas désagréable et se pose même comme une petite curiosité qui mérite son petit coup d’œil.

Le diable existe bel et bien et c’est un petit malin bourré de mesquinerie. Le diable aime s’amuser du malheur des autres et surtout, il aime les tenter. Ainsi, c’est avec fourberies et sadisme même qu’il va abîmer la vie de huit personnes, qui sont plus ou moins fortes.

Les films à sketchs, en voilà un exercice aussi intéressant qu’il est difficile. C’est même un exercice rude, car parmi tous ceux que j’ai pu voir, aucun d’eux s’est posé comme une totale réussite et Julien Duvivier, tout immense réalisateur qu’il est, n’échappera pas à cette règle.

« Le diable et les dix commandements« , c’est un film qui arrive avec de très solides arguments, car outre Duvivier à la réalisation, on trouvera à l’écriture Michel Audiard, et devant la caméra, on trouvera non pas un casting, mais un hall de stars qui ne s’arrêtent jamais. Puis le tout est emporté par une belle idée. Une idée qui met le diable sous la forme d’un serpent à l’écran et ce dernier va s’amuser de manière perverse à mettre tout en œuvre pour que des personnes franchissent la ligne rouge, et violent les dix commandements définis par Dieu le père.

Ainsi, « Le diable et les dix commandements » est un film qui se découpe en sept sketchs. Oui, certains d’entre eux vont mêler plusieurs commandements au sein de leur trame. Si l’idée est géniale, la mise en œuvre de celle-ci est pour le coup assez inégale, aussi bien dans l’exécution de ses intrigues, que dans la mise en scène, ou encore dans son acting. Ainsi, parmi les merveilles qu’on trouvera, on retiendra le drôlissime sketch mené par Jean-Claude Brialy et Louis De Funès. Plein de mordant, plein d’humour noir, ce petit bout est un vrai régal et les deux acteurs s’en donnent à cœur joie. On sera aussi tenu par l’intrigue autour des personnages tenus par Charles Aznavour et Lino Ventura. Si Aznavour est assez mauvais, l’intrigue demeure suffisamment forte, notamment dans son final, pour intéresser et au-delà de ça, nous tenir et nous toucher. On sera aussi touché par l’intrigue tristement sombre qui entoure le personnage tenu par Alain Delon. Et enfin, on s’amusera gentiment avec ce qui sera fait autour du personnage incarné par Fernandel.

Dans ceux qui vont être moins bons que les autres, il y a cette ouverture de film, qui certes nous fait sourire avec cette réplique (« – Nom de Dieu de nom de Dieu. »), mais l’intrigue en elle-même n’arrive pas vraiment à être intéressante et l’on a du mal à croire à la véracité de ces sœurs. Si le sketch avec Micheline Presle et Françoise Arnoul est d’une grande élégance dans sa mise en scène, là encore l’intrigue n’arrive pas vraiment à nous emporter.

C’est donc entre sympathie et déception que ces intrigues s’entremêlent de manière inégale et cette inégalité, on la retrouve aussi dans sa mise en scène, car si le film se laisse très gentiment regarder, il souffre du syndrome de l’accordéon, arrivant à être très bon par moments, pour d’un coup s’essouffler et être moins intéressant. Après, comme je le disais, l’exercice du film à sketchs est très loin d’être évident, malgré les petites déceptions à droite et à gauche, Julien Duvivier ne s’en sort pas trop mal.

Puis si Julien Duvivier ne s’en sort pas trop mal aussi, c’est grâce à ce casting impérial qu’il a réuni. Un casting qui est une tentation à lui tout seul. Ainsi, dans des rôles plus ou moins développés et intéressants, on trouve des acteurs comme Jean-Claude Brialy, Louis De Funès, Fernandel, Alain Delon, Danielle Darrieux, Micheline Presle, Mel Ferrer, Noël Roquevert, Lino Ventura, Charles Aznavour ou encore Claude Rich qui fait la voix du diable. Je dois même en oublier, tant il y en a et c’est assez jouissif en un sens de se balader de sketch en sketch et de les découvrir dans ces rôles.

« Le diable et les dix commandements » est donc un petit mais sympathique Julien Duvivier. Oscillant entre merveilleux et moins bon, le réalisateur français livre là un petit divertissement qui, s’il ne marquera pas vraiment les esprits, hormis pour son casting affolant, mérite toutefois, pour la curiosité, qu’on s’y arrête, car si tout n’est pas incroyable, pour l’espace d’une soirée, le film de Julien Duvivier, dans une certaine mesure, fait ce qu’on lui demande.

Note : 13/20

Par Cinéted

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