mai 25, 2022

Béliers

Titre Original : Hrutar

De : Grimur Hakonarson

Avec Sigurour Sigurjonsson, Theodor Juliusson, Charlotte Boving, Gunnar Jonsson

Année : 2015

Pays : Islande

Genre : Drame, Comédie

Résumé :

Dans une vallée isolée d’Islande, deux frères qui ne se parlent plus depuis quarante ans vont devoir s’unir pour sauver ce qu’ils ont de plus précieux : leurs béliers.

Avis :

Réalisateur islandais, j’ai découvert le cinéma de Grímur Hákonarson en 2019 avec son troisième film, le social « Mjólk, la guerre du lait« . Si le film n’était pas incroyable, il demeure intéressant et plus largement, il se posait comme un bon moment de cinéma. Le cinéaste de quarante-cinq ans a commencé à réaliser au début des années 2000. D’abord dans le documentaire, il s’est attaqué à la fiction avec des courts-métrages. C’est en 2010 que sort « Sumarlandið« , son premier film (film qui reste d’ailleurs encore inédit chez nous) qui est une comédie.

Bien avant de voir « Mjólk, la guerre du lait« , « Béliers » était un film qui m’intriguait et m’intéressait à cause de son affiche, qui grâce à sa phrase d’accroche, me promettait une comédie pleine de fraîcheur. Ayant eu du mal à mettre la main dessus, vous pensez bien que dès que j’ai pu me le procurer, je me suis jeté dessus et finalement, j’en ressors très déçu, et ce, sur plus d’une ligne. N’étant absolument pas une comédie, « Béliers » est un drame qui m’a laissé froid. Ennuyant, austère et peu intéressant, « Béliers » s’est posé comme une longue séance de cinéma devant laquelle l’attente fut le principal objet de désir. L’attente qu’enfin, comme promis, le film me fasse sourire, et surtout qu’il n’entraîne dans cette guerre de frangins. Malheureusement, rien de cela n’arrivera, et pire encore, « Béliers« , après m’avoir ennuyé, laisse son public sans fin…

Dans une vallée isolée au cœur de l’Islande, deux frères, qui habitent l’un à côté de l’autre, ne se parlent plus depuis une quarantaine d’années. Éleveurs de béliers, un jour, la tremblante est détectée chez l’une de leur bête. Les autorités islandaises décident alors de faire abattre tous les béliers de la région. Mais l’un des deux frères, Gummi, ne l’entend pas de cette oreille, et cache en secret une dizaine de bêtes. Dès lors, il sait que les deux prochaines années vont être difficiles, car comment cacher dix béliers si facilement ?

« Béliers« , c’est le genre de film qui est agaçant. Agaçant parce qu’il avait en son idée tous les ingrédients pour livrer une bonne séance de cinéma qui aurait ressemblé à aucune autre. Immergé dans les paysages d’Islande, tenu par une guerre entre deux frères fermiers qui invite comme son affiche l’indique à une comédie (comédie faite de coups bas, de crasses et autres réconciliations…) et plus largement l’idée d’élever des béliers était intéressante. Bref, tous les ingrédients sur le papier étaient là, mais une fois tout ceci passé à l’image, « Béliers » est un film qui est à l’opposé de ses promesses.

Alors si le fait de trouver un drame à la place d’une comédie n’est pas dérangeant, bien au contraire, puisque le drame est le genre de cinéma qui me fait le plus vibrer, ce qui va être dérangeant, c’est que finalement, Grímur Hákonarson ne fait rien avec ce film. « Béliers » est un film qui patauge dans son scénario et qui ne sait finalement pas quoi raconter. S’il avait pourtant bien commencé, avec d’emblée une tension entre les frangins, puis une compétition improbable et intéressante, une fois que le film arrive dans le dur de son intrigue, c’est-à-dire la découverte de la maladie et le devoir de sauver quelques bêtes, le film ne fera plus rien. Long, plat, sans intrigue ni émotion, d’un coup d’un seul, « Béliers » s’écroule et s’embourbe dans son idée et nous, on s’accroche, se disant que ce n’est qu’un passage à vide, que le film va se ressaisir, mais rien n’y fera, cette ligne est bien la colonne vertébrale du film de Grímur Hákonarson et le cinéaste va la tenir jusqu’au bout.

Il va même si bien la tenir qu’il va même pour l’occasion, nous agacer encore un peu plus, car dans un dernier soubresaut, le film se réanime, mais cette réanimation n’ira nulle part, car le réalisateur décide de couper son film en pleine action et ainsi, abandonne ses personnages à leur sort (d’ailleurs, on ne comprend pas du tout cette fin) et par conséquent ses spectateurs. Du coup, on ressort de « Béliers » avec la question du pourquoi Grímur Hákonarson nous a raconté cette histoire, et au-delà de ça, il nous a pris une heure et demie de notre temps pour aller nulle part.

Restera alors, pour nous évader, les magnifiques paysages de l’Islande, ainsi que quelques scènes pleines d’amour pour ce troupeau de béliers. Des béliers qui ont d’ailleurs plus de charisme que les deux acteurs choisis. Deux acteurs qui ne seront pas trop mal, mais comme le réalisateur ne fait rien de leurs personnages, on a bien du mal à s’accrocher à eux.

Bref, autant « Mjólk, la guerre du lait » est un joli film, qui est intéressant de par son côté social, autant « Béliers » qui avait tout au départ, est un film ennuyant, qui ne raconte finalement rien du tout. Long, creux, sans émotion, sans grand intérêt… Franchement, ce deuxième film pour Grímur Hákonarson m’a laissé totalement de marbre. Me vient alors une petite réflexion, je ne sais quelle est la presse qui a vu ce film pour le qualifier de « … bouffée d’air frais », mais clairement, le type n’a pas vu le film, car je me répète, « Béliers » n’a rien, strictement rien, d’une comédie. Ou alors peut-être que le type parlait du climat hivernal islandais…

Note : 07/20

Par Cinéted

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