novembre 29, 2021

The Naked Man

De : J. Todd Anderson

Avec Michael Rapaport, Martin Ferrero, Joe Grifasi, Rachael Leigh Cook

Année : 1998

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie, Drame

Résumé :

Passionne par son métier de kinésithérapeute, Eddie Bliss l’est également par le catch, qu’il pratique sous le costume et le pseudonyme de The Naked Man. Seulement son père aimerait qu’il reprenne la pharmacie familiale tandis que sa femme, enceinte, exige qu’il abandonne cette activité aussi vulgaire que frivole. Comme Eddie est un bon garçon, il installe son cabinet en face de la pharmacie familiale et renonce aux joies du ring. C’est alors qu’apparait dans sa vie Sticks Verona, véritable incarnation du mal qui va bouleverser ses projets.

Avis :

Au rayon des réalisateurs inconnus, aujourd’hui, on s’arrête sur J. Todd Anderson, cinéaste qui n’a fait qu’un seul et unique film à la toute fin des années 90. Storyboarder, J. Todd Anderson commence à exercer au milieu des années 80. Si le futur réalisateur est sur bon nombre de projets, il va faire une rencontre déterminante dans sa vie, les Frères Coen. Le courant passe parfaitement entre eux et dès 1987 et « Arizona Junior« , J. Todd Anderson commence à travailler avec les deux frangins et depuis, il a storyboardé presque tous les films des Coen. D’ailleurs, quand ce dernier manifestera des envies de réaliser, les deux frangins vont l’aider à écrire ce premier et seul film.

« The Naked Man » est une petite folie, l’un de ces ovnis qui débarquent sans prévenir. Amusant et pathétique en même temps, fourre-tout et en même temps si absurde que ça peut en être divertissant, « The Naked Man » est une proposition loufoque, qui entre bon et mauvais, terrible et horrible, se laisse regarder, partagé entre les délires dans lesquels on a du mal à rentrer, et en même temps, ça part tellement loin, c’est tellement con, que ça peut en être fascinant. Bref, un seul et unique film pour J. Todd Anderson qui résonne comme une drôle d’expérience de cinéma.

Eddie, la trentaine, a tout fait pour devenir kinésithérapeute, métier que son père ne pouvait cautionner en tant que pharmacien. Pour payer ses études et plus encore, Eddie étant bien bâti et étant passionné, a fait du catch pendant plusieurs années. Aujourd’hui, sa petite amie attend leur premier enfant et Eddie, même s’il a du mal à se le dire, se dit justement qu’il faudra raccrocher. Pour cela, Eddie a alors acheté un cabinet juste en face de la pharmacie de son paternel, avec l’espoir que leur relation s’arrange et le futur soit radieux. Malheureusement pour Eddie rien, absolument rien, ne va se passer comme il l’avait prévu.

« The Naked Man« , littéralement l’homme nu, avec un titre comme celui-là, et en prime le fait de retrouver en partie les frères Coen au scénario de ce film, on pouvait dire que le film de J. Todd Anderson avait quelques arguments pour attirer l’œil. Des arguments pour un résultat assez mitigé en fin de compte, car « The Naked Man » est un film à la fois complétement barré et derrière ça un film assez vain.

Si le scénario est clairement original et qu’il arrive à se faire amusant, très vite, aussi, à force d’absurde et de non-contrôle de l’ensemble, « The Naked Man » a tendance à nous perdre. Entre deux scènes très amusantes, finalement, on ne sait pas trop où J. Todd Anderson veut en venir, et une fois qu’il a livré ses petits gags et été jusqu’au bout de son intrigue, on ne sera pas plus avancé. Alors certes, « The Naked Man » impose un certain rythme, et enchaîne plutôt bien dans sa mise en scène, mais cette histoire est bien trop farfelue pour pleinement convaincre. En fait, cette histoire, qui regorge de bonnes idées, résonne aussi comme fourre-tout. « The Naked Man« , c’est aussi bien une histoire familiale qu’une histoire de pardon, de choix, d’amour, de vengeance, de super-héros malgré lui, de catch, de « mafia », d’assassinat, d’enquête, d’amitié et je dois en oublier. Bref, ça part dans bien trop de directions et J. Todd Anderson n’arrive pas à gérer tous les fronts, ou même aller jusqu’au bout de cette histoire qui finit par n’avoir aucun sens. Même les personnages, parfois, sont largués par leur propre choix.

Si l’intrigue étonne autant qu’elle nous perd, du côté des idées de mise en scène de J. Todd Anderson ce n’est pas vraiment ça. Certes, le film est original et il tient de très belles idées, et au-delà de ça, l’ensemble se suit très bien, il n’empêche que le film, à force d’être bien trop bordélique et de se perdre, s’enferme dans son délire, ce qui est dommage.

Reste toutefois que le film a de bonnes séances de catch, un coté démesuré et caricaturé qui prête à sourire, et surtout un Michael Rapaport qui s’amuse vraiment dans la peau de ce catcheur qui a tendance à faire n’importe quoi, par douleur et chagrin. À noter dans des rôles qui frisent l’immense n’importe quoi, des acteurs comme Michael Jeter, Rachael Leigh Cook, John Slattery, ou encore Arija Bareikis, ou John Carroll Lynch. Chacun d’eux trouve un rôle qui est une petite folie (parfois drôle, parfois sans aucun sens).

« The Naked Man » est une curiosité qui, si elle fut décevante d’un côté, ne fut pas spécialement désagréable. Ovni dingue et absurde, « The Naked Man » est bourré d’originalité et de séquences qui valent à elles seules leurs petits coups d’œil, mais sur l’ensemble, malgré le délire et l’originalité, finalement, ce premier film de J. Todd Anderson n’est pas si marquant que ça, et surtout, il peut laisser dubitatif, car on ne sait pas vraiment où le réalisateur a voulu aller. À découvrir pour les curieux et avec des pincettes.

Note : 10/20

Par Cinéted

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