novembre 30, 2021

Punish Yourself – Spin the Pig

Avis :

On râle souvent pour dire que la musique extrême n’est pas suffisamment représentée en France. Pourtant, on a un vivier de groupes talentueux qui n’arrivent jamais à percer, et qui doivent bosser pour pouvoir vivre décemment. Parmi les villes les plus prolifiques en termes de Métal, on pourrait citer Toulouse, qui brille avec des formations telles que Sidilarsen, Psykup ou encore Punish Yourself. Fondé au début des années 90, les toulousains dernièrement cités se démarquent par une musique expérimentale extrême et des prestations scéniques folles. Sort de mélange diabolique entre du Métal, de l’électro, avec quelques pointes de Punk, Punish Yourself marque les esprits avec en prime, des danseurs et autres joyeusetés sur scène. C’est en 2017 que sort Spin the Pig, huitième album studio de la formation, qui reste sur son crédo. C’est-à-dire une musique étrange, délirante, qui doit bien défoncer sur scène. Est-ce le cas sur scène ?

Des titres cryptiques, peu de morceaux (8 dont un remix) mais de longueur conséquente, on peut dire que Punish Yourself cultive son goût du bizarre, jusque dans sa playlist. Reste à savoir si c’est bon, et très rapidement, on va voir que les toulousains n’ont pas changé leur fusil d’épaule. Pig Trouble in Little Schweina/Lo-Cust démarre de façon bruyante pour ne plus nous lâcher par la suite. Assez criant dans son chant qui arrive en arrière-plan par rapport aux grattes, on va trouver dans ce morceau une certaine redondance. Et ce constat sera le même sur tout l’album. Les rythmiques sont utilisées jusqu’au bout du bout. Jusqu’à l’épuisement. Et ce premier morceau délivre toute la synthèse de la formation qui va bourriner à fond les ballons. Même Die-s-I-Ray sera dans le même moule, tout en restant peut-être plus accessible.

Le démarrage électro, l’arrivée progressive des grattes, puis la rythmique infernale qui donne envie de bouger dans tous les sens. Pas de doute, les toulousains maîtrisent parfaitement les atours d’une prestation scénique qui tabasse. Hog’n’Magog/Blacksunwhitebones lorgnera vers le même style avec un aspect peut-être plus punk, plus garage. On aura droit à quelques flottements dispensables au sein du titre et force est de constater qu’au bout d’un moment, c’est un peu répétitif. En effet, le titre manque de variations, et au bout d’un moment, on finit par se lasser. C’est d’autant plus dommage que c’est dans ce morceau que l’on retrouve le côté punk crasseux du groupe. Quant à Backlash, il sera bien plus classique dans sa structure. Si Punish Yourself renonce un peu à son côté bordélique, il ne lâche pour autant pas son aspect percutant et bourrin. D’ailleurs, c’est peut-être le morceau qui possède le refrain le plus entêtant de tout l’album.

En abordant Spin the Pig, on se retrouve face à un autre morceau assez redondant. Cependant, la lourdeur des grattes et la rythmique assez rapide font que l’on passe un bon moment. Même si bon n’est pas le meilleur des mots. Car les toulousains ne font jamais les choses à moitié et délivrent une prestation sombre, presque glauque, qui correspond bien à l’image que l’on se fait d’un tel titre. There’s no End to This est un autre titre braillard en diable, qui renoue avec le côté punk du groupe. Même si le côté électro est très prégnant, on reste dans quelque chose de très anarchique dans l’âme et qui est là pour faire bouger dans la fosse. Alors certes, ce n’est pas très fin, mais ça reste un morceau intéressant et finalement qui fonctionne parfaitement.

Il est même certain que sur scène, ça doit envoyer sévère, notamment grâce à cette batterie tout simplement parfaite. Enfin, en fin d’album, le groupe propose Silver Silver, qui est totalement instrumental pendant plus de cinq minutes. Alors on aurait pu se dire que la formation allait tenter un truc un peu zinzin, avec de nombreuses variations, mais il n’en sera rien. Bien au contraire, l’ensemble reste très monolithique, donnant un aspect presque hypnotique et une furieuse envie de répéter inlassablement le même mouvement. Certes, c’est binaire, voire débile, mais ça marche et délivre une énergie certaine. Reste le dernier morceau, un remix de Spin the Pig qui, pour le coup, est mou du genou, et n’apporte strictement rien à rien. Ce qui est d’ailleurs étonnant de la part du groupe.

Au final, Spin the Pig, le dernier album en date de Punish Yourself, est un moment assez déconcertant. Si les toulousains gardent jusqu’au bout leur crédo, avec cette musique si particulière, on regrette cependant qu’il n’y ait pas un peu plus de variations ou de surprises. Fidèles à eux-mêmes, Punish Yourself offre un effort qui leur ressemble, dans l’énergie pure, le partage de sons redondants et qui donnent une patate d’enfer. Et rien que pour ça, l’album vaut son petit coup d’oreille.

  • Pig Trouble in Little Schweina/Lo-Cust
  • Die-s-I-Ray
  • Hog’n’Magog/Blacksunwhitebones
  • Backlash
  • Spin the Pig
  • There’s no End to This
  • Silver Silver
  • Spin the Pig (Sonic Area Remix)

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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