juin 22, 2021

Love, Victor Saison 1

D’Après une Idée de : Isaac Aptaker et Elizabeth Berger

Avec Michael Cimino, Anthony Turpel, George Sear, Mason Gooding

Pays : Etats-Unis

Nombre d’Episodes : 10

Genre : Comédie, Drame

Résumé :

Victor, un nouvel élève du lycée Creekwood, doit s’adapter à sa nouvelle vie et faire face aux problèmes à la maison. En plein questionnement sur son orientation sexuelle, il décide de se tourner vers Simon en espérant que ce dernier, qui a vécu les mêmes angoisses que lui auparavant, parviendra à l’aider à naviguer les eaux troubles de l’adolescence.

Avis :

Isaac Aptaker et Elizabeth Berger sont deux scénaristes dont les noms n’évoquent pas grand-chose. Pourtant, quand on plonge dans leur filmographie, les deux scénaristes ont un très joli CV. Ils débutent tous deux au début des années 2010 sur la série « The Neighbors« . Puis les deux se suivent sur des séries comme « Zach Stone is Gonna Be Famous » ou « About a Boy« . Mais la plus belle ligne de leur CV, c’est quand les deux se retrouvent sur la série phénomène « This Is Us« . Ils sont présents dès la saison 1 et n’ont jamais vraiment quitté les pages des scénarios. Après cette très belle contribution à cette dernière série, les deux scénaristes vont alors monter d’un cran, passant désormais à la case showrunner, créant leur première série, « Love Victor« .

« Love Victor » est une série qui est née après le succès de « Love Simon« . Sorti en 2018, le film du talentueux Greg Berlanti fut le succès surprise de cette année-là. Avec un tel succès, l’idée de prolonger « l’univers » de « Simon et ses problèmes » fut assez alléchante et très vite alors un projet s’est mis en chantier. Commandé par Disney + et finalement jugé trop mature pour la plateforme, « Love Victor » atterrit alors sur Hulu. Suite directe et indirecte du film de Greg Berlanti, « Love Victor » est une série qui se décline en dix épisodes d’un peu moins d’une demi-heure et je dois dire que la série, si elle sait se faire charmante, demeure aussi une petite déception.

Victor Salazar, seize ans, vient de quitter le Texas. La famille s’installe dans la banlieue d’Atlanta. Victor et sa sœur Pilar sont alors élèves au lycée de Creekwood. Victor est en pleine réflexion sur lui-même, se posant énormément de question sur ses attirances, sur les garçons, les filles. Victor espère que ce nouvel environnement sera plus tolérant que celui qu’il a laissé derrière lui au Texas. Dès son arrivée, par hasard, Victor entend parler d’un ancien élève prénommé Simon. En apprenant l’histoire de Simon, Victor décide alors d’entrer en contact avec lui, pour lui parler de ses doutes, de ses peurs, et tout ce qui peut chambouler un jeune garçon de seize ans.

En 2018, sans prévenir, sortait donc « Love Simon » et le film de Greg Berlanti s’est posé comme une petite bombe. Réflexion, émotion, tolérance, bienveillance, tout en restant un teen movie romantique, « Love Simon » s’est très vite imposé comme un film culte qu’on adore se refaire encore et encore.

L’idée de donner une suite à l’univers plus qu’au personnage était alléchante, même si le film en un sens avait fait le tour de la question, et surtout, le film se suffisait à lui-même. Mais bon, Disney + l’a fait avant de s’en détourner, et c’est d’ailleurs ce détournement qui a grandement piqué la curiosité. Qu’est-ce qui pouvait pousser la plateforme à ne pas assumer sa diffusion ? Du coup, ni une, ni deux, je me suis lancé dans la découverte de ces dix premiers épisodes, et je dois dire que j’en ressors assez partagé. Partagé sur la série en elle-même qui est en mode très bisounours. Alors vous me direz, le film de Berlanti était déjà dans cette veine-là, mais « Love Simon » avait une fraîcheur et une belle réflexion sur le coming out, sur le choix de faire ce dernier. Puis derrière ça, le film avait une trame qui poussait au mystère, avec cette recherche de Simon et toute cette correspondance par mails interposés.

Ici, Isaac Aptaker et Elizabeth Berger ont pris les mêmes ficelles, ils ont recommencé, ils les ont étirées et surtout, ils y ont été avec de très gros sabots pour livrer une série parfaitement convenue. Une série qui amène des éléments et des réflexions intéressants, mais pour les avoir, il va falloir attendre pas moins de huit épisodes pour vraiment atteindre ce qui faisait le charme de « Love Simon« . Dès lors, ces trois épisodes rehaussent le niveau et donnent l’envie de prolonger avec une saison deux, mais il est clair que pour la suite, il va falloir se bouger pour rendre le tout moins gnan gnan et oser aller plus loin. Pour les épisodes précédents, sans être désagréables non plus à regarder, « Love Victor » se pose comme un teen movie show qui enchaîne les banalités.

Bien sûr, la série abordera les questions de l’identité et l’acceptation de soi, la peur et le refus d’être soi-même, mais là où « Love Simon » en parlait très bien, ici, le ton est tellement accès sur la tolérance, la série frôle la caricature. De plus, la série ajoute en arrière-fond tout un tas de thématiques qui accentuent encore plus la leçon de morale. A un tel point qu’elle finit par devenir pénible. Intégration, immigration, superficialité (quoi que de ce côté-là, la série tire des ficelles intéressantes), adultère, confiance et rivalité. Bref, s’il existait un cahier des charges de la tolérance et comment être tolérant, « Love Victor » cocherait à coup sûr toutes les cases. Comme je le disais, si ce n’est pas si désagréable que ça à suivre, l’ensemble reste toutefois très forcé.

On ajoutera à cela un côté ultra lisse, dans le sens où la série fait tout pour plaire au plus grand monde. Tout est beau, tout est rose, la série enchaîne une soundtrack list qui se veut dans le coup, et de manière plus large, côté réalisation, « Love Victor » ne propose rien de vraiment intéressant. En fait, tout est trop lisse et tout sonne comme une redite de « Love Simon« , sans avoir la fraîcheur et la spontanéité que le film tenait. On notera un générique banal au possible, qui en devient insupportable à la longue.

Bref, heureusement pour la série, malgré les côtés clichés et aseptisés, « Love Victor » propose des personnages qui en un sens demeurent attachants, notamment parce qu’ils sont bien tenus par une jolie bande de comédiens, notamment Michael Cimino qui compose un Victor un peu trop adorable. Parmi les comédiens, on appréciera les découvertes que sont Anthony Turpel et Bebe Wood. Puis pour le plaisir, Nick Robinson, qui retrouve le rôle de Simon le temps d’une apparition, et quelques messages demeurent toujours aussi justes.

« Love Victor » est donc une déception, la série étant loin de trouver le charme que le film de Greg Berlanti pouvait avoir. Enfin, elle en est loin pendant sept épisodes, mais une fois qu’elle arrive vraiment dans son sujet, elle se fait enfin très intéressante et touchante. Je ressors partagé, car dans le fond, cette première saison, malgré ses gros sabots et son côté bisounours, n’est pas si désagréable que ça à suivre, il est juste dommage que la série n’ait fait aucun effort et coche toutes les cases du show ultra tolérant qui à force de convenance, devient anodin.

D’ailleurs, ce côté ultra lisse et convenu pousse à une réflexion : qu’est-ce qui était si osé dans « Love Victor » pour que Disney + n’assume pas la série aux Etats-Unis et l’envoie sur une plateforme jugée plus adulte ? Cette décision est un bug total et pose une autre réflexions, Disney + serait-il hypocrite, se donnant une image de bienveillance et de tolérance, et quand ils sortent une série qui pose des réflexions sur l’orientation sexuelle, agrémentée de trois baisers, Disney + tire la sonnette d’alarme et sépare de l’outrage, balançant donc « Love Victor » sur Hulu ? La réflexion mérite d’être posée.

Quoi qu’il en soit, même s’il y a peu d’espoir, on espère que la saison deux oubliera son côté lisse et osera aller plus loin et surtout plus juste.

Note : 12/20

Par Cinéted

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