octobre 18, 2021

The OA Saison 2

D’Après une Idée de : Zal Batmanglij et Brit Marling

Avec Brit Marling, Emory Cohen, Kingsley Ben-Adir, Jason Isaacs

Pays : Etats-Unis

Nombre d’Episodes : 8

Genre : Science-Fiction, Drame

Résumé :

Karim Washington, un détective privé dont la mission est de retrouver une adolescente disparue, Michelle Vu, croise le chemin d’OA. Ensemble, ils décident de percer deux mystères : la disparition de Michelle et celui d’une maison à Nob Hill en lien avec la disparition de plusieurs adolescents. Pendant ce temps, dans la première dimension, BBA, Angie et les garçons se retrouvent embarqués dans une quête pour comprendre la vérité derrière l’histoire d’OA et les incroyables réalités qu’elle décrit.

Avis :

Diffusée en 2016, la première saison de « The OA » fit son petit événement sur Netflix. Imaginée par Brit Marling et Zal Batmanglij, cette première saison fut entièrement réalisée par Zal Batmanglij. Pour la suite, le duo de Showrunners a voulu voir plus grand, et pour cette saison, Zal Batmanglij a partagé la réalisation de ces huit nouveaux épisodes avec Andrew Haigh.

Andrew Haigh est un excellent réalisateur anglais qui depuis le début des années 2010 nous a offerts de jolis moments de cinéma. Derrière ce nom, qui n’évoque pas forcément beaucoup de titres, se cache le talentueux et sensible réalisateur de « Weekend« , « 45 ans« , « La route sauvage » ou encore la plupart des épisodes et le film de clôture de la très belle série « Looking« .

Ces présentations faites, on peut revenir à cette deuxième partie de série pour « The OA« . Après le succès, le phénomène de la première saison, Marling et Batmanglij reviennent pour huit nouveaux épisodes et autant dire qu’ils étaient attendus au tournant. Radicalement différente de la première saison, « The OA » prend une toute autre tournure, ce qui bousculait les codes qu’on pensait connaître de la série. Plus profonde, plus complexe et plus riche, « The OA » s’aventure là où beaucoup n’osent même pas y penser et si l’ensemble est complexe, et qu’il restera beaucoup de questions en suspens (Netflix ayant décidé que comme la série était terrible, il fallait l’annuler et laisser tout le monde comme ça…), ces nouveaux épisodes se dévorent avec le même intérêt et la même curiosité et passion qu’on avait jusque-là.

Karim Washington est détective privé. Un matin, il est engagé par une vieille dame afin qu’il retrouve sa petite fille, Michelle, qui a disparu. Karim commence alors à enquêter et les indices qu’il rassemble l’amènent tout d’abord vers un jeu sur téléphone, puis dans une vieille maison, et enfin à enquêter sur une entreprise du nom de Curry. C’est dans cette enquête qu’il va aussi croiser le chemin d’Irina…

Parlant d’un enlèvement au départ, la première saison de « The OA » fut une méga surprise, s’aventurant dans des contrées qu’on n’avait pas vu arriver. D’une originalité et d’une richesse folle, les huit premiers épisodes de la série de Zal Batmanglij et Brit Marling n’étaient qu’une montée intense en intrigue et émotion. Les deux showrunners qui avaient parfaitement orchestré leur coup, nous avaient alors laissé sur une dernière scène incroyable, qui poussait à l’impatience absolue pour la suite.

Batmanglij et Marling ne font pas les choses comme tout le monde et surtout, ils ont un plan en tête, ainsi, pour faire encore plus monter la curiosité, les deux showrunners ne vont pas reprendre tout de suite là où ils nous avaient laissés. En reprenant « The OA« , les deux sont bien décidés à nous emporter dans un show encore plus grand et dès son ouverture, cette saison deux montre bien que le ton sera différent, très différent.

L’intrigue racontée en amont était très riche, et il aurait été facile de voguer dessus et poursuivre cette histoire, mais ce ne sont pas les intentions de Batmanglij et Marling, et ainsi, ils vont oser faire d’autres choses et complétement réinventer leur série pour mieux en agrandir son univers et c’est complétement fou. Si on peut avoir plusieurs fois le sentiment d’être perdu, Batmanglij et Marling arrivent à nous activer sans mal et mieux encore, au fur et à mesure que la série va se développer, « The OA » va se poser comme un immense puzzle, dont il va falloir rassembler toutes les pièces, pour non pas tout comprendre, mais surtout pour avoir une ligne et passer à l’étape suivante. Bourré d’idées d’intrigues, cette nouvelle et dernière saison voit alors développer des univers parallèles. Posant toujours des réflexions sur la mort et ce qui se trouve après, « The OA » s’interroge très loin, proposant des choses, essayant des pistes, quitte à se planter, ou donner l’impression de les laisser tomber pour mieux les rattraper plus tard.

Ayant plus de budget, cette saison offre un spectacle beaucoup plus intense. Un spectacle plus complexe, qui nous entraîne dans les méandres de dimensions qui s’entrecroisent. L’ensemble est passionnant et laisse le sentiment que Batmanglij et Marling savent exactement où ils veulent aller. Bon, malheureusement, on ne sera jamais quelle était la destination, puisqu’après un dernier épisode incroyable qui réinventait encore une fois la série, Netflix, la plateforme sur laquelle se trouve « The OA« , a décidé de faire un gros doigt d’honneur à tout le monde et d’annuler purement et simplement la série. Vous avez adoré, on vous a donné l’envie jusqu’au bout d’aller plus loin, de creuser et d’avoir des réponses ? Eh bien vous n’aurez rien et si vous n’êtes pas content, c’est exactement pareil, il ne fallait pas s’y attacher… Bref, donc Netflix nous fait un doigt et nous laisse là, sur le bas-côté.

Comme je le disais, la série s’est vu augmenter son budget, ce qui lui a permis de grandir et d’oser encore plus qu’elle ne le faisait déjà. Plus grande que son prédécesseur, tenant des idées visuellement impactantes, des scènes incroyables, aussi fascinantes que poétiques ou dérangeantes, « The OA » est de très grande qualité. Ce qui est fascinant avec « The OA« , c’est la façon que peuvent avoir Zal Batmanglij et Andrew Haigh de mettre en scène ces univers parallèles, leur connexion, leur déconnexion, le tout dans une ambiance aussi réelle que l’inverse. On ajoutera à cela des effets spéciaux très simples et stupéfiants de réalisme.

Cette saison deux permet grandement de développer tous les personnages que la série avait mis en place auparavant. Ainsi, on retrouve avec plaisir et passion ces personnages et bien entendu ces acteurs qui pour beaucoup voient leur personnage partir dans d’autres directions, ce qui les rend alors encore plus complexes et plus intéressants. Comme pour la saison précédente, tous les comédiens sont excellents, se donnant totalement.

Cette saison deux, tout en étant à l’opposé de la première, se fait tout aussi passionnante et intrigante. Ces huit nouveaux épisodes se dégustent avec audace, originalité, et réinvention et l’on adore se perdre dans les méandres d’une série imprévisible, qui ne cesse de surprendre. Bon, malheureusement, après une réinvention folle et d’une audace incroyable, toutes les questions qu’on pouvait avoir en suspens ne trouveront jamais de réponse. Tristesse infinie de voir l’un des shows les plus originaux de ces dernières années balancé aux ordures. Il vaut mieux donc le savoir avant de se lancer dans « The OA » : LA SERIE N’A PAS DE FIN…

Note : 16/20

Par Cinéted

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