juin 22, 2021

City of Crime

Titre Original : City of Industry

De : John Irvin

Avec Harvey Keitel, Famke Janssen, Stephen Dorff, Michael Jai White

Année : 1997

Pays : Etats-Unis

Genre : Thriller

Résumé :

A la demande de son frère cadet, Roy Egan participe au braquage d’une grand bijouterie de Palm Springs. Le hold-up réussit. Mais, au moment du partage, un des membres du gang abat froidement ses coéquipiers, à l’exception de Roy qui parvient à s’échapper. Il n’a alors plus qu’une obsession, venger son frère.

Avis :

Réalisateur britannique assez sous-côté, le premier mot qui vient en tête lorsque l’on pense au cinéma de John Irvin, c’est l’éclectisme. Irvin est un cinéaste passionné et désireux et ça se voit, lorsque l’on jette un œil sur sa filmographie, film de guerre, drame, action, horreur, romantisme, polar, aventure, comédie… John Irvin, avec plus ou moins de réussite, a touché à tout.

Après un départ assez flamboyant dans les années 80, John Irvin a du mal à confirmer dans les années 90, oscillant entre de mauvais films et des films lambda. Puis arrive 1997, Alors qu’il vient de décevoir coup sur coup avec le drame « Parfum de scandale » et le romantique « Romance sur le lac« , John Irvin revient au polar sombre et violent et c’est un très bon retour que le réalisateur orchestre ici. « City of crime » est certes quelque peu déjà vu dans son intrigue, mais il est surtout prenant, John Irvin enchaîne cette histoire et ses rebondissements avec un sacré rythme qui ne nous laisse pas le temps de souffler, et ça, c’est très bon !

Roy Egan à la cinquantaine et ce jour-là, il rejoint son jeune frère pour l’aider à braquer une bijouterie. Le coup est facile et les quatre braqueurs pourront empocher très gros. D’ailleurs, le braquage, et la fuite de ce dernier, se passent très bien. Mais au moment du compte, l’un des braqueurs abat froidement le frère de Roy et l’autre coéquipier. Roy a miraculeusement réussi à fuir. Dès lors, Roy n’a plus qu’une seule et unique obsession, venger la mort de son frère !

Quand je me suis lancé dans « City of crime« , je dois dire que je n’en attendais pas forcément grand-chose dans le sens où je pensais trouver un petit polar lambda comme beaucoup de films de John Irvin à cette époque-là et c’est donc, avec surprise, que j’ai découvert un bon polar. Un polar qui accroche son spectateur. Un polar sombre et violent qui ne fait pas de négociation.

On ne va pas se mentir non plus, l’histoire d’un braquage qui au moment du partage tourne mal, ce qui amène à une vengeance, ça n’a rien de très neuf. On pourrait même dire que cette idée trouve aisément sa place entre le cliché et le déjà-vu. D’où le fait que je n’en attendais rien de ce film, et pourtant, malgré son statut de départ, c’est avec plaisir et cinéma qu’on découvre un bon cru de John Irvin. Un cru où le réalisateur ne prend pas de temps à s’embarrasser avec des détails. « City of crime » fait dans la simplicité et surtout dans l’efficacité. Son intrigue est bien construite, le metteur en scène enchaîne très vite les rebondissements. Planification, braquage, trahison, vengeance, traque, coup tordu, « City of crime » sait exactement ce qu’il veut raconter et ce qu’il veut être et ça fait du bien de voir un film comme celui-là. Un film qui, sans réinventer son genre, sans tenir du neuf, arrive à nous emporter et mieux encore à nous tenir jusqu’au bout, dans cette confrontation entre un Harvey Keitel froidement badass et un jeune Stephen Dorff cinglé, près à entuber tout le monde et plus encore.

Si John Irvin tient très bien cette intrigue, l’autre atout qu’a « City of crime« , c’est son ambiance, sa froideur, son « expéditivité ». La mise en scène de John Irvin ne réinvente rien, mais elle reste foutrement efficace et son film s’avère être d’une violence assez surprenante. De plus, l’ensemble est très bien filmé, John Irvin prenant le temps de faire monter sa tension au fur et à mesure que son film se dévoile. Toujours du côté de la violence et de l’ambiance, on appréciera aussi l’idée de réalisme que John Irvin a instaurée. « City of crime » est brut et sonne comme crédible à tout instant, et de cette crédibilité naît souvent un sentiment de surprise, ce qui est assez terrible. On sait très bien ce qui va se passer, on pourrait même dire que l’on sait comment ça va se passer et pourtant, lorsque ça arrive, c’est fait avec tellement de simplicité et de réalisme, que l’on reste presque scotché devant notre écran. Après, derrière ça, il faut quand même souligner que le film tient aussi une ambiance datée, très années 90. Il y a des éléments de montage qui ont un peu vieilli et parfois la musique, même si en elle-même, elle est très bien, dans ce film, sur ces scènes-là, elle peut, à certaines occasions, faire tache.

Pour son film, John Irvin a réuni à casting de qualité, Timothy Hutton, Wade Dominguez, Lucy Liu, Elliott Gould, Famke Janssen, mais il est vrai que « City of crime » repose d’un côté sur un Harvey Keitel imposant. L’acteur tient un personnage qui se laisse dévorer par sa vengeance, tout en gardant un self-control qui en devient terrifiant. Et de l’autre, on trouve un Stephen Dorff qui est la pire des ordures. L’acteur tient un personnage qui lui permet d’en faire trop, et c’est assez terrible. Idem, tout comme Keitel, il y a aussi quelque chose de terrifiant qui s’émane de ce personnage.

Cette petite séance que je pensais lambda s’est transformée en une bien belle surprise, qui au sortir de ce film me laisse beaucoup de scènes en tête. Très bon kiff, ce thriller sombre aux allures de déjà vu s’avère particulièrement efficace. Si la décennie 90 n’a pas été fructueuse pour John Irvin, il la quitte avec un bon cru, que je me referais d’ici quelque temps avec plaisir.

Note : 15/20

Par Cinéted

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