juin 22, 2021

Royal Blood – Typhoons

Avis :

Fondé en 2013, le groupe Royal Blood s’est très rapidement imposé sur la scène Hard et Rock. Formé par le duo Mike Kerr à la basse et au chant et Ben Thatcher à la batterie, le duo a bénéficié du soutien sans faille des Arctic Monkeys à leur début, puis des Foo Fighters pour promouvoir leur premier album. Forcément, avec des alliés de ce poids, il n’a pas fallu longtemps pour que Royal Blood devienne une tête d’affiche. Il était donc évident qu’après deux albums très réussis, le groupe était attendu au tournant avec un troisième effort. Un troisième album bien différent de ce qui a été fait auparavant, bien plus festif et coloré que les deux précédents opus. En faisant cela, le groupe risquait fort de s’attirer les foudres des fans, mais pourtant, à chaque fois, le duo nous rappelle son immense talent.

Le ton est d’ailleurs donné dès le premier morceau de l’album. Trouble’s Coming contient ce petit côté dansant qui va être le maître mot de tout l’album. La rythmique, presque disco-pop est contrebalancé par des riffs très intéressants et un refrain qui donne une pêche d’enfer. Alors certes, on est dans une tonalité moins grave que les albums précédents, mais d’un autre côté, entre la crise sanitaire et les mauvaises nouvelles, un peu de gaité ne peut pas faire de mal. Et Oblivion en sera à quelque part le porte-étendard. Malgré son côté rugueux dans les riffs de basse, les couplets donnent une bougeotte incroyable et surtout, les paroles sont une ode à la fête et à l’oubli l’espace de quelques minutes. Cependant, ce morceau est aussi très synthétique de tout l’album, avec cet aspect pop rétro, mais ponctué de riffs qui rappellent le côté rock du groupe.

Typhoons, titre éponyme de l’album, sera lui aussi un morceau très entrainant. Néanmoins, il correspond assez à l’image du groupe. C’est-à-dire que malgré son refrain ultra entrainant et qui donne envie de bouger les épaules comme un dingue, il possède une certaine dose rock qui fait que l’ensemble fonctionne et ne ressemble à rien de connu. Avec ce troisième effort, le groupe démontre un savoir-faire très intéressant et nous rattrape constamment, même lorsqu’il part trop dans les élans un poil trop pop. Il suffit pour cela d’écouter le pont de Typhoons, d’une énergie folle. Puis, déboule alors Who Needs Friends qui va jeter un coup de froid. Non pas sur l’auditeur, mais plus sur l’ambiance globale de l’album. En effet, on n’est pas forcément là pour faire la fête, le groupe propose un titre plus lent, plus scandé, qui gagne ses lettres de noblesse à force d’écoute.

Million and One renoue par contre avec cet aspect pop rétro qui baigne l’album, jusqu’à sa pochette très colorée. On pourrait presque dire que ce morceau forme un dyptique avec Limbo qui arrive juste après. Les constructions des deux titres sont assez similaires, et on retrouve à chaque cette dichotomie entre pop et rock. Même les fins, qui répètent inlassablement le riff du morceau, sont similaires dans leur façon de conclure. La grosse différence viendra des références, Royal Blood s’amusant avec Limbo à piocher dans un rythme plus vif et un démarrage presque disco pour délaisser cela au profit d’un rock qui tape bien. Et quel travail de Ben Thatcher à la batterie qui semble posséder une dizaine de bras. Either You Want It sera par contre le gros point noir de l’album. En effet, le titre n’est pas entrainant. Il n’est pas accrocheur et n’est pas à sa place.

Mais le groupe retrouve sa verve et son énergie avec Boilermaker. Nerveux, s’éloignant volontairement de la pop qui caractérise les autres titres, Royal Blood propose un pur morceau rock ultra catchy et qui donne envie de jouer des coudes. Certes, le rythme est assez lent, mais l’ensemble fonctionne à merveille et ce n’est pas vraiment un hasard si la groupe a choisi ce titre pour annoncer un nouvel album. Mad Visions trouve le parfait équilibre entre rock et électro, offrant un pot-pourri surprenant et pourtant redoutablement efficace, qui donne vraiment envie de bouger. D’ailleurs, le refrain tient plus sur la qualité technique de Mike Kerr avec sa basse que des paroles en elles-mêmes. Hold On continue sur la lancée du groupe, avec un morceau entrainant en diable et assumant son aspect pop-rock. Enfin, All we Have is Now surprendra par son piano voix éthéré et conclura l’album de manière… saugrenue.

Au final, Typhoons, le dernier album de Royal Blood, est une jolie petite réussite. Délaissant le Hard Rock pour se diriger vers un Pop-Rock plus coloré, le groupe joue les équilibristes à chaque piste mais ne se casse jamais la figure, nous rappelant, à grands renforts de basse saturée, qu’il reste, et restera un groupe de Rock avant tout. De ce fait, ce changement de registre peut faire peur, mais il rassure avant tout sur la capacité du duo à se réinventer sans cesse et à offrir, une nouvelle fois, un album de grande qualité.

  • Trouble’s Coming
  • Oblivion
  • Typhoons
  • Who Needs Friends
  • Million and One
  • Limbo
  • Either You Want It
  • Boilermaker
  • Mad Visions
  • Hold On
  • All we Have is Now

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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