mai 11, 2021

Stormlord – Far

Avis :

Fondé au tout début des années 90, Stormlord est un groupe italien originaire de Rome. Officiant tout d’abord dans un Death Métal pur jus, le groupe a évolué au fil des différents line-up qui se sont succédés. Il faut dire que depuis la création du groupe, seul le chanteur principal est resté, même si depuis leur premier album, Supreme Art of War, il y a une stabilité entre lui, le batteur et le bassiste, qui fait aussi le chant grave. Car oui, Stormlord aura mis du temps avant de sortir un premier effort, huit ans, pour ensuite enchainer avec quelques petites pauses. Il faut dire que les italiens prennent généralement leur temps pour pondre un effort, et il faudra patienter six ans avant de voir Far débouler dans les bacs. Ce qui tombe plutôt bien, puisque c’est le sixième album du groupe. Mais l’attente valait-elle le coup ?

Le skeud débute de façon assez classique pour du Death mélo teinté de Black. On attaque en grande pompe avec une orchestration symphonique et lyrique, avant de lâcher les vannes et de faire tout péter à grands coups de riffs et de batterie qui mime une marche militaire. Néanmoins, malgré ce classicisme qui peut en rebuter plus d’un, il y a dans Leviathan une volonté de faire les choses bien et de façon grandiloquente. C’est non seulement rapide, mais c’est aussi grandiose et on sent que Stormlord veut nous plaquer au sol dès le départ. Le chant, lourd et profond, finit par arriver et remplit parfaitement sa fonction, rajoutant de la puissance à l’ensemble. D’entrée de jeu, le groupe nous offre un gros morceau et cela promet pour la suite.

Avec Mediterranea, on retrouve les mêmes ingrédients que précédemment. C’est-à-dire une batterie qui tabasse, une rythmique diabolique et des riffs ultra efficaces. La différence viendra d’un fond sonore aérien et épique. Les breaks de grattes, moins saturés, permettent de souffler et de donner plus d’ampleur à un titre assez impressionnant et plaçant Stormlordcomme une grosse pointure du genre. De plus, on aura ici une belle alternance entre un chant plutôt crié aigu et un chant plus profond, plus grave. Les voix se répondent parfaitement et donnent une belle dimension à l’ensemble.  C’est avec Far, le morceau éponyme de l’album, que le groupe va montrer toute sa capacité à varier les plaisirs. Ici, on a vraiment un savant mélange de tout ce qui fait le charme du Death mélo. Des riffs saturés, un back-up aérien, une partir en chant clair, une grosse orchestration. Bref, du lourd.

Sherden part aussi sur les mêmes repères. Le groupe nous sort la même recette ultra efficace qui marche à chaque fois, avec une volonté de faire dans le grandiloquent qui fait plaisir. Stormlord a beau ne pas avoir la carrure de mastodontes du genre, il ne s’empêche pas pour autant de faire dans l’épique. Et cela se ressent fortement dans ce titre, mais aussi dans les autres morceaux, dont Crimson et son introduction à base de violons et de double-pédale qui tabasse. Morceau de Death ultra classique dans le fond, il n’en demeure pas moins un gros titre qui donne fortement envie de headbanger dans tous les sens. Cimmeria sera un titre aussi violent, mais qui joue plus sur un démarrage lent et épique. On va vite se prendre pour Conan le barbare à travers ce morceau dont la rythmique est plus lente, mais dans lequel il réside une grosse part héroïque.

Invictus va jouer à fond la carte du titre épique avec ce qu’il faut de chœurs féminins en fond et une orchestration phénoménale. Les riffs sont puissants, le morceau emporte tout sur son passage et on termine le titre soufflé par tant de puissance, mais surtout de maîtrise. Même si c’est le sixième album du groupe, il y a une vraie maturité dans cet album, qui force le respect. Romulus joue sur le côté guerrier du Métal, lorgnant même du côté de l’Epic et du Power pour plonger l’auditeur dans une arène où les combats se font à mort. Vacuna garde ce côté épique, mais surtout, il apporte une fin absolument divine, qui se termine sur deux mots bien distincts, en italien, qui apporte vraiment une touche particulière à ce titre. Enfin, Levante se voudra plus lyrique, presque plus léger que le reste, et offrira une conclusion à la hauteur de nos espérances.

Au final, Far, le dernier album en date de Stormlord, est une véritable réussite. Sur dix pistes, le groupe arrive à tenir sa ligne de conduite sans déborder d’un centimètre. Non seulement c’est maîtrisé au cordeau, mais en plus, c’est produit avec talent et ça fourmille de moments gargantuesques qui donnent une pêche d’enfer. Bref, avec Far, le groupe italien démontre qu’il a tout d’un grand, et il serait peut-être temps de les sortir de ce semblant d’anonymat, car ça défouraille sévère.

  • Leviathan
  • Mediterranea
  • Far
  • Sherden
  • Crimson
  • Cimmeria
  • Invictus
  • Romulus
  • Vacuna
  • Levante

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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