mai 11, 2021

Un Cri dans l’Océan

Titre Original : Deep Rising

De : Stephen Sommers

Avec Treat Williams, Famke Janssen, Anthony Heald, Wes Studi

Année : 1998

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur, Action

Résumé :

Finnegan, aventurier et mercenaire au long cours, sillonne la mer de Chine aux commandes du « Saipan », une vieille vedette qu’il loue frequemment a des contrebandiers et petits trafiquants sans trop s’interroger sur les intentions de ses clients. C’est ainsi qu’une nuit Finnegan, son second et le mécanicien tombent aux mains de leurs passagers métamorphosés en un commando armé jusqu’aux dents. Leur but: investir, dévaliser et torpiller l' »Argonautica », un luxueux paquebot croisant dans les environs.

Avis :

Dans les années 90, Stephen Sommers va proposer des films familiaux sympathiques, mais qui ne vont guère marquer. Entre Les Aventures d’Huckleberry Finn ou encore l’adaptation live du Livre de la Jungle, difficile de voir en ce réalisateur quelqu’un capable de susciter de la peur, ou tout du moins un film qui mélange action, horreur et comédie. C’est pourtant ce qu’il va faire en 1998 avec Un Cri dans l’Océan. Film pop-corn par excellence pour tous les amateurs de bis, le film de Sommers va tomber au bon moment. En effet, la campagne de comm va s’appuyer sur un énorme blockbuster sorti quelques mois plus tôt pour vendre son film, Titanic. Un paquebot, un naufrage, la seule différence viendra d’une bestiole affamée. Essayant de tromper sur la marchandise, Un Cri dans l’Océan reste, encore aujourd’hui, un film qui oscille entre les genres et qui se révèle être d’une efficacité redoutable.

 Le monstre des à bis

Le film va se découper en deux phases qui vont se regrouper. On commence sur un tout petit bateau sur lequel navigue des mercenaires armés jusqu’aux dents qui ont missionné un marin pour se rendre dans un endroit inconnu. La mission n’est pas claire, les trois membres de navigation sont inquiets, alors que les mercenaires s’amusent à toutes sortes de saloperies. Le film nous présente alors le héros, Finnegan, mais aussi les méchants, définis par leur mine patibulaire et leur intelligence au rabais. Ces phases humides et tendues sont entrecoupées par d’autres plus joyeuses et plus lumineuses, à bord d’un paquebot de luxe. La fête est de mise, on nous présente brièvement le capitaine et le patron du bateau, ainsi qu’une voleuse professionnelle qui se faire arrêter. Deux ambiances différentes qui vont se retrouver pour notre plus grand plaisir.

Le point de rupture arrive en deux temps. Tout d’abord, le gros paquebot se fait attaquer et s’arrête au milieu de la mer. C’est la panique et on ne sait pas trop ce qu’il se passe. Alors qu’une tempête fait rage, les mercenaires arrivent en vue du bateau, qui était leur objectif depuis le début. On comprend vite les quelques magouilles qui unissent le gros bateau au petit, puis arrive alors la bestiole, le gros monstre qui va mettre tout le monde d’accord. A partir de ce moment-là, Un Cri dans l’Océan ne va jamais s’arrêter et c’est une lutte pour la survie qui va se mettre en place. Le scénario est très simple et ne fait pas dans le détail. Stephen Sommers sait ce qu’il a entre les mains et il n’a pas besoin de rajouter des thématiques fortes pour nous intéresser.

Du sang pour le dieu du sang

Entre le casting de gueules, une action non-stop et un humour débridé, tout y est pour que le spectateur passe un bon moment. Le film fait la part belle à des effets de peur assez classiques, avec un monstre que l’on va très peu voir au début. On aura bien droit à quelques secousses, à des murs qui se plient et des portes qui s’éjectent, mais on ne verra jamais vraiment la bestiole. Et on comprend pourquoi. A partir du moment où les attaques se font plus frontales, on va vite voir que les images de synthèse ont salement vieilli. Comme pour tout film qui commence à prendre de l’âge, les images numériques ne tiennent pas vraiment la route. Et c’est un défaut qui peut faire sortir du film. D’autant plus quand la même image, la même animation, est utilisée plusieurs fois pour simuler les attaques massives de la bête.

Néanmoins, cela n’entache en rien le plaisir que l’on a à regarder ce film. Outre un rythme effréné et des séquences efficaces, le film manœuvre parfaitement son suspens et fait fi de certains points de cohérence. Est-ce grave ? non, car on sait dans quoi on met les pieds et Stephen Sommers maîtrise sa mise en scène. Tout comme il va le faire pour La Momie l’année d’après, il ne coupe pas de manière frénétique son film. Il a confiance en ses plans et préfère jouer la carte d’un certain statisme pour mieux percuter le spectateur. L’exemple le plus flagrant et ce moment où les murs se plient. Ou encore lorsque le monstre attaque et fait sauter les plaques de métal au sol. C’est lisible, et surtout, ça ne prend pas une ride avec les années qui passent.

Quoi ma gueule ?

Et de ce fait, certains passages restent en tête, comme lorsque Wes Studi se fait bouffer lentement et qu’il tente quand même de tuer l’un des gentils. Ce qui fait aussi le charme de ce film, c’est bien évidemment son casting et ses personnages. Treat Williams est tout simplement impeccable en héros malgré lui qui sort des vannes à chaque nouveau problème. Il est accompagné d’une Famke Janssen terriblement sexy, femme fatale et vicieuse mais qui a tout de même un certain honneur et qui tient la dragée haute à certains messieurs. Parmi les mercenaires, on aura de tout, du gros bras à l’obsédé sexuel, et ce sera un réel plaisir de les voir se faire dégommer les uns après les autres. Notamment de façon si aisée, par quelque chose d’invisible. Seul le petit rigolo de la bande est un peu pénible, ne servant pas à grand-chose.

Au final, Un Cri dans l’Océan reste, aujourd’hui encore, un divertissement tout à fait honnête. Mélangeant habilement horreur, action et humour, le film n’a pas perdu de sa superbe alors qu’il a maintenant plus que vingt ans. La recette est pourtant simple, un gros monstre libidineux, de l’action lisible et des personnages hauts en couleurs à la fois empathiques et détestables. Stephen Sommers, qui peut se voir comme un artisan honnête maîtrisant parfaitement ce qu’il a entre les mains, livre un film de monstre plaisant, bas du front, certes, mais qui est fait avec tellement d’énergie et d’envie, que le plaisir est partagé.

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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