mai 11, 2021

L’Heure d’Été

De : Olivier Assayas

Avec Juliette Binoche, Charles Berling, Jérémie Renier, Edith Scob

Année : 2008

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

C’est l’été. Dans la belle maison familiale Frédéric, Adrienne, Jérémie et leurs enfants fêtent les 75 ans de leur mère, Hélène Berthier, qui a consacré toute son existence à la postérité de l’œuvre de l’oncle, le peintre Paul Berthier. La disparition soudaine d’Hélène, quelques mois plus tard, les obligera à se confronter avec les encombrants objets du passé. Cette famille, à l’apparence si heureuse, va-t-elle pouvoir rester unie ?

Avis :

Olivier Assayas est un réalisateur français éclectique et touche à tout. Débutant sa carrière en 1986 après avoir mis un terme à sa carrière de critique de cinéma, Olivier Assayas mettra dix ans avant de connaître ses premiers vrais succès. Avec les années 2000 et une reconnaissance de plus en plus grande, Olivier Assayas s’essaie à tous les styles et tous les genres. L’épopée avec un film de trois heures, puis surtout le drame, avec à chaque fois des histoires originales (la naissance d’Internet, la reconversion, l’attraction sexuelle).

Pour sa décennie 2000, en 2008 Olivier Assayas revient une dernière fois avec un drame bourgeois, « L’heure d’été« . Mené par un casting assez affolant, « L’heure d’été » nous arrivait avec une belle idée, celle qui proposait de suivre une famille touchée par le deuil, qui se voit laisser un gros héritage dont il va falloir s’organiser pour savoir quelle est la meilleure décision à prendre. Si l’introduction de son film est excellente et laisse présager un film tout en sensibilité et désaccord, « L’heure d’été » va malheureusement au fil des minutes qui s’enchaînent, se poser comme une belle déception, car même si le film ne nous offre pas ce à quoi l’on s’attendait, il y a quelque chose qui fait que jamais il ne décolle et l’on se retrouve à suivre un film long, bavard, assez cliché dans le portrait de cette famille bourgeoise et potentiellement financée par le musée d’Orsay, tant il finit par en faire la promotion.

C’est l’été et toute la famille Berthier est réunie autour de Hélène, la doyenne de la famille qui fête alors ses soixante-quinze ans. Hélène possède une belle maison à Valmondois en région parisienne, et cette dernière a consacré toute sa vie à l’œuvre de son oncle, le peintre Paul Berthier. La famille, composée de deux frères et une sœur, est unie, mais la disparition quelques mois plus tard d’Hélène va les mettes face à leur passé. Que vont-ils faire de cette maison et de cette collection ?

Des films qui traitent de la famille au moment d’un décès et d’une succession, il y en a à la pelle, offrant plus ou moins d’émotions et d’intérêt. Avec « L’heure d’été« , on voyait déjà le film tout fait, sur une famille bourgeoise pas si unie que ça, et très intéressée. On voyait déjà les engueulades s’enchaîner les unes derrière les autres et les grands numéros de comédiens, entre Binoche, Berling, et Renier. Or, et de manière assez surprenante, le film d’Olivier Assayas va être loin de ça. C’est même tout le contraire et dans un sens, c’est plutôt une bonne surprise, car on pourrait se dire que le réalisateur français allait bousculer un genre déjà tout fait. D’ailleurs, c’est ce qui va se passer l’espace de quelques scènes qui seront très justes et très bellse dans leurs idées et leurs conversations. L’espace de quelques instants, l’espace des premières quarante minutes du film d’Assayas, on se plaît à suivre ces choix et ces pour et contre, de manière posée.

Il y a beaucoup d’amour fraternel qui se dégage de ce film, ce qui le rend tendre d’un côté et intéressant de l’autre. Mais voilà, tout ceci ne va pas durer et bien vite, on se retrouve devant un film qui n’ira jamais plus loin. Un film qui une fois cette idée posée, cette vision de la famille n’arrive pas à dépasser cette idée et il va prendre une tournure terriblement ennuyeuse. D’un coup, au moment de passer à la répartition, à l’héritage, le film mute en une espèce de publicité pour le Musée d’Orsay, listant des œuvres d’un tel ou tel, abordant les collections privées et publiques, abordant le patrimoine et sa valeur. On ne comprend pas très bien pourquoi le film tourne et tourne autour de ce sujet-là, surtout que plus le film avance et moins Olivier Assayas arrive à rendre son sujet intéressant, ou même ces personnages qui finissent par s’enfermer dans le cliché des bourgeois qui se créent de problèmes pour pas grand-chose.

Du côté de sa mise en scène, après son très joli départ, « L’heure d’été » se pose à l’image de ce qu’il raconte, c’est-à-dire qu’il va enchaîner les longueurs, Olivier Assayas n’arrivant pas à rendre intéressant ces personnages qui passent d’une pièce à l’autre, listant tout cet héritage familial et c’est dommage, car si l’on s’ennuie ferme à la longue, « L’heure d’été » reste joliment filmé et il se dégage une certaine chaleur et une véracité de ces décors. Malheureusement, ça ne suffira pas à nous transporter et nous passionner.

Un sentiment qui se prolonge avec ce casting, qui est excellent, surtout en début de métrage. Franchement, Assayas a encore une fois réuni un joli casting, qui en plus de Berling, Binoche et Renier, on ajoutera une Edith Scob merveilleuse, Valérie Bonneton, Dominique Raymond, ou encore Emile Berling et Alice de Lencquesaing. Mais voilà, si ces personnages et cette famille fonctionnent parfaitement au début, on finit par avoir peu d’affect pour eux, à la longue et malgré quelques petits sentiments ou émotions qui sont intéressants, ces personnages finissent par se vider.

Cette conclusion des années 2000 pour Olivier Assayas est donc une déception. Si « L’heure d’été » tient une belle ouverture et plus largement une première partie excellente, tout ceci s’écroule par la suite et l’on se retrouve devant un listing du patrimoine bien peu intéressant et prenant, ce qui est vraiment dommage, surtout après ce début de film et le choix d’Olivier Assayas de ne pas tomber dans le film sur une famille qui se déchire.

Note : 08/20

Par Cinéted

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