juin 22, 2021

Yes Day

De : Miguel Arteta

Avec Jennifer Garner, Edgar Ramirez, Jenna Ortega, Nat Faxon

Année : 2021

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie

Résumé :

Un couple de parents décide de dire « oui » à tout pendant 24 heures. Avec leurs demandes les plus folles, ses enfants lui font passer une journée mémorable.

Avis :

En ces temps de salles de cinéma toujours fermées (et ça commence à faire long), il faut bien trouver où s’abreuver en nouveautés. Et Netflix est la plateforme sur laquelle on trouve le plus de nouveaux films et nouvelles séries à se mettre sous la dent. Malheureusement, on le sait, la plateforme de streaming n’a pas toujours eu le nez pour choisir ses productions, et on se retrouve bien souvent avec des métrages de qualité moyenne, voir médiocre. Porté par Jennifer Garner et Edgar Ramirez, on aurait pu croire que Yes Day allait nous faire sourire en proposant une comédie familiale rigolote, apportant son lot de réflexions autour de la famille et de l’éducation des enfants. Est-ce vraiment le cas ? Pas vraiment, Si le travail de réalisation de Miguel Arteta est honorable, on sera difficilement convaincu par tout ce qui gravite autour de cette intrigue maladroite, et souvent pénible.

Il fallait savoir dire non

Une mère de famille se rend compte qu’elle dit non tous les jours à ses enfants, et à quelque part, son ancienne vie, insouciante, lui manque beaucoup. Lorsque son aînée veut partir seule à un festival de musique, elle refuse catégoriquement, de peur qu’elle se fasse violer ou pire. C’est alors que survient l’idée du Yes Day, un jour où les parents doivent dire oui à tout ce que veulent leurs enfants. Pour prouver qu’elle est encore une maman cool, elle accepte le challenge. Et de là vont découler des gags à gogo et des moments de gênance rarement égalés. En effet, Yes Day va partir sur cinq délires que veulent exaucer les trois gosses de la famille. Il faut alors conjuguer les envies de trois générations et trois profils différents, à savoir la grande sœur pupute, le cadet geek scientifique et la petite dernière qui reste une enfant sage.

Le film va alors tenter de trouver des idées pour combler tout le monde et nous proposer une évolution de la famille, aussi bien chez les gosses, que chez les parents. Le scénario est très simple, la maman râleuse va se révéler très cool, et le papa cool et délirant va devoir se fâcher et devenir un père plus responsable. Le film suit une ligne toute tracée et rien ne viendra se mettre au travers de la route de cette histoire connue d’avance. Les enfants découvrent une mère qu’il ne connaissait pas forcément. Mais aussi un père qui va devoir se raffermir, malgré un boulot omniprésent. Le film essaye de montrer deux trajectoires différentes et qui rentrent dans des clichés insupportables. La mère au foyer tyrannique et le père de famille, tyrannique au boulot, mais permissif avec ses enfants. Le film ne cherche jamais plus loin avec les adultes.

Les 5 défis

Quant aux enfants, il n’y aura pas vraiment d’évolution, si ce n’est chez la plus grande. En effet, à travers les cinq défis, c’est la seule qui va apprendre vraiment des choses et se rendre compte qu’elle est égoïste et bien pénible. En se perdant dans le festival, en se rendant compte d’un piège posé par des garçons qui n’ont qu’une bite dans la tête, elle va prendre conscience de sa bêtise, de son jeune et de l’importance de ses parents. Ou tout du moins de sa mère, qui va tout faire pour la retrouver. Chez les plus petits, on reste sur quelque chose de plus simple, le cadet ayant préparé une fête à la maison, qui va déborder et où il va se rendre compte qu’il est allé trop loin. Le père révèle alors son autorité et tout va rentrer dans l’ordre.

Néanmoins, concrètement, cette journée du oui n’aura servi à rien pour la famille, si ce n’est à se libérer un peu d’une autorité parentale parfois exacerbée. Et le film n’arrivera jamais à vraiment enfoncer le clou en proposant une vision équilibrée de la chose. Hormis dire aux parents qu’il faut ménager la chèvre et le chou avec ses enfants, et dire aux enfants que les parents sont importants, même si parfois, ils sont lourds, on avance sur des œufs. Aucune surprise ne sera à prévoir, ni même dans la réalisation, bien faite, mais plate au possible et sans aucun moment vraiment savoureux. Pire, certains moments d’humour sont lourdingues et frôlent l’épisode de téléfilm, à l’image de cette glace à bouffer en trente minutes, ou encore de la bagarre dans un parc d’attractions. Le film ne dépasse jamais son stade de micro production sans âme.

Rame, Irez, rame

Et les acteurs ne sont pas en reste dans ce qui peut ressembler à une mini mascarade. Mini car le film ne fera pas de bruit et restera dans les petits tiroirs de Netflix, ne faisant plus grand bruit déjà. Jennifer Garner est toujours aussi charmante, mais elle en fait des caisses et son personnage est tellement téléphoné que l’on sait jusqu’où elle va aller. Quant à Edgar Ramirez, il est un père sympathique, mais qui n’a pas vraiment de charisme ou d’un élément qui nous permet de se raccrocher à lui. Même les enfants sont « random as fuck ». Seule Jenna Ortega tire son épingle du jeu en ado rebelle qui se rend compte de sa bêtise. Et que dire des personnages secondaires qui se veulent rigolos, mais qui sont d’une lourdeur infâme, au point de ne pas être crédibles.

Au final, Yes Day est une comédie qui peut être passable pour les enfants, mais qui désespérera les parents. Malgré un casting alléchant et une idée, de base, plutôt marrante, Miguel Arteta n’en fait rien et préfère livrer une comédie potache portée par deux acteurs sur le déclin et une mise en scène de téléfilm. Il n’y a pas grand-chose à sauver là-dedans, si ce n’est une sorte de sympathie générale qui permet de ne pas trop s’ennuyer durant le visionnage. Mais bon, est-ce là le but du cinéma ? Je ne crois pas…

Note : 08/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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