mai 28, 2024

Jiu Jitsu

De : Dimitri Logothetis

Avec Nicolas Cage, Tony Jaa, Alain Moussi, Marie Avgeropoulos

Année : 2020

Pays : Etats-Unis

Genre : Action, Fantastique

Résumé :

Un ancien ordre de combattants experts du Jiu Jitsu doit faire face à un extraterrestre vicieux afin de protéger la Terre. L’avenir de l’humanité repose sur eux…

Avis :

Dans le rayon des réalisateurs de séries B et voir plus loin encore dans l’alphabet, aujourd’hui, on tire la carte Dimitri Logothetis. Cinéaste grec ayant fait toute sa carrière pour l’instant aux Etats-Unis, il n’est pas un nouveau venu dans le monde du cinéma. Si son nom n’évoque rien ou pas grand-chose, le metteur en scène a pourtant une carrière assez longue derrière lui. Une carrière qui commence vers la fin des années 80 avec une comédie, « Pretty Smart« . Depuis, Dimitri Logothetis a touché à tous les styles, l’horreur, le drame, le mafieux, le film d’action, la suite, et maintenant le film de science-fiction.

Sorti directement en DVD comme les trois-quarts des films dans lesquels joue notre brave Nicolas Cage ces derniers temps, « Jiu Jitsu » est le genre de film qui donne envie presque uniquement parce que sur son affiche, Nicolas Cage, tous cheveux au vent, a un sabre à la main… Oui oui, je vous jure, ceci est un argument !

Évidemment, je savais où je mettais les yeux et force est de constater que même si j’en n’attendais rien, le film de Dimitri Logothetis réussit quand même à se poser comme décevant. Décevant parce qu’il n’est pas aussi fun qu’il aurait pu être. Décevant, parce que même si l’on n’en attendait pas un chef-d’œuvre de narration, il se barre dans tous les sens et surtout, il n’a aucun sens. Et enfin, décevant, parce que malgré l’action qui ne cesse pas, malgré les petites idées, ou encore le côté bordélique, « Jiu Jitsu » se fait quand même très long.

Birmanie, un homme est amené par deux paysans auprès des forces armées américaines. L’homme en question fut blessé et après un choc, il a l’air d’avoir perdu la mémoire. C’est le soldat Myra qui mène l’interrogatoire pour savoir si l’homme en question est un allié ou un ennemi. Mais bientôt, un homme fait irruption dans le camp militaire, venant chercher son ami afin que celui-ci prenne part à un combat…

Cela fait plusieurs années maintenant que la carrière de Nicolas Cage est particulièrement en dents de scie, mais ce n’est pas pour cela que chacun des films de l’acteur soit mauvais. Non, derrière une pelletée de mauvais direct to DVD, on trouve de temps en temps de petits films au pire sympas, au mieux franchement excellents. Bon, clairement, même si j’y crois toujours quand je me lance dans un Nicolas Cage, « Jiu Jitsu » ne fait clairement pas partie de ceux-là. Non, le film de Dimitri Logothetis fait même partie des mauvais, très mauvais, films dans lesquels l’acteur ait accepté de tourner.

Pourtant, quand on jette un très rapide coup d’œil sur le film, « Jiu Jitsu » a franchement de quoi nous faire marrer. En gros, Dimitri Logothetis nous raconte l’histoire d’un Predator qui propose, enfin, qui impose, tous les six ans à des soldats américains en Birmanie un Mortal Kombat. Si les soldats le défient, qu’ils gagent ou qu’ils perdent, le Predator du pauvre s’en va. Si l’un d’entre eux se défile, alors il réduira la Terre en cendres… Non mais rien que cette idée tordue donne envie de voir la folie de Dimitri Logothetis et au-delà de la tonne de défauts que peut contenir le film, on trouve quelques bons éléments. Premièrement, « Jiu Jitsu » est généreux en actions, en bêtises et en idées. Dimitri Logothetis ne pose jamais son film, et ce dernier ne cesse encore et encore de se renouveler, ce qui fait qu’il peut se poser comme un petit, tout petit, divertissement. Un divertissement qui, avec ses défauts et cette façon de se prendre au sérieux, tout en étant complètement fucké, peut nous faire sourire, autant qu’on peut soupirer de catastrophe. Puis il y a Nicolas Cage, le sage, sur lequel le héros inexpressif peut se reposer. Quoi qu’il se passe, le show de Cage, plus mesuré que d’ordinaire, dégage d’emblée une sympathie pour le film.

Mais voilà, pour les bons côtés, ça s’arrête ici, car pour le reste, « Jiu Jitsu » est, comment dire … Compliqué… Franchement, le film ne tient aucune intrigue, et le peu qu’il pouvait y avoir, on ne le comprend pas. Pourquoi ce combat ? Que cherche ce Predator ? Quelle est l’idée et le concept derrière tout ça ? Comment cette tradition qui se répète tous les six ans a-t-elle pu rester cachée ? Que font les soldats américains en Birmanie ? Bref, des questions comme celle-ci, il y en a des tonnes, et le film ne répond à rien. Non, « Jiu Jitsu« , c’est juste un film qui se dit : tiens, et si l’on proposait un Mortal Kombat avec un Predator, ce serait cool non… C’est tout ce qu’il y a dans ce film. Et le côté cool aurait à la rigueur pu tenir, si justement le film était cool et plus ou moins bien réalisé, mais là encore, ça ne tient pas.

Si l’on peut laisser à Dimitri Logothetis le fait de tester des choses, et d’oser proposer quelque chose, il faut dire que le résultat tient plus d’un étudiant hystérique qui s’amuse avec sa caméra, en mode, et si je fais ça, ça donne quoi, que du réalisateur qui a fêté ses trente ans de carrière et douze films au compteur… Non mais franchement, en termes de mise en scène, on ne comprend rien, ça part dans tous les sens et fait assez fou, alors que le film n’est qu’action, gunfights et autres combats à mains nues, l’ensemble est d’une mollesse assez déconcertante. Si l’on ajoute à cela les personnages pour lesquels on a aucun affecte, d’ailleurs plusieurs d’entre eux n’ont même pas le temps d’être présenté, qu’ils sont déjà expédiés de l’autre côté, et des acteurs qui sont là plus parce qu’ils savent mieux botter des culs que le fait de savoir apporter une émotion, ou simplement une expression de jeu…

Bref, vous l’aurez compris, « Jiu Jitsu » est compliqué. Mal filmé, mal écrit, mal joué, si parfois on peut sourire devant, car le film de Dimitri Logothetis a une tendance à partir dans le nanar, il est vrai que sur l’ensemble, ça ne tient pas, ça ne marche pas et malgré Nicolas Cage, ou encore Tony Jaa, Frank Grillo, Rick Yune, Marie Avgeropoulos, Alain Moussi, rien n’y fait, on s’ennuie, et l’on pouffe de catastrophe devant… Bref, compliqué, je vous dis…

Note : 07/20

Par Cinéted

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