juin 23, 2024

Come Play

De : Jacob Chase

Avec Gillian Jacobs, John Gallagher Jr., Azhy Robertson, Winslow Fegley

Année : 2020

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Oliver est un jeune garçon solitaire qui se sent différent des autres et cherche du réconfort dans son téléphone portable et sa tablette. Mais une mystérieuse créature va utiliser les technologies contre lui afin de s’introduire dans notre monde. Les parents d’Oliver vont devoir se battre pour sauver leur fils du monstre qui se trouve derrière l’écran.

Avis :

En ce moment, les fans de films d’horreur font un peu la gueule. En effet, même si les trois quarts des films d’épouvante sortent directement en format vidéo sans passer par la case ciné, c’est une période de vache maigre. Il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent et les quelques sorties font un peu peine. Et cela sans compter sur les films qui sont disponibles dans d’autres pays mais qui n’ont toujours pas de date de sortie chez nous. Come Play fait partie de ceux-là. Film d’horreur de Jacob Chase qui a eu le droit de rallonger son court-métrage Larry, Come Play est précédé d’une bonne réputation avec un esprit Amblin qui n’est pas pour nous déplaire. Un monstre, des enfants, des parents dépassés, tout était réuni pour passer un bon moment. Est-ce le cas ?

Demande d’ami

Le film propose de suivre la vie un peu chaotique d’Oliver, un jeune garçon autiste qui ne parle qu’à travers une application via son téléphone portable. Il n’a pas d’amis, ses parents se disputent sans cesse et tout bascule lorsqu’il perçoit une présence dans sa chambre, grâce à sa tablette ou son téléphone. Dès lors, un cauchemar se met en place et une créature qui répond au doux nom de Larry se fait de plus en plus envahissante. C’est à partir de ce simple pitch que Come Play va tenter d’aborder divers thèmes contemporains, tout en y injectant une dose de frousse avec une créature ragoûtante et une ambiance un peu mortifère. C’est d’ailleurs grâce à cela que le film est assez efficace. Certes, il ne casse pas trois pattes à un canard, mais il réside sympathique à travers trois points que l’on va voir maintenant.

Tout d’abord, comme dit précédemment, la mise en place de l’intrigue et l’ambiance sont plutôt réussies. Le film prend son temps pour présenter des personnages solides, dont un couple qui ne prend pas la même direction sur l’éducation de leur fils, et un enfant autiste qui n’arrive pas à communiquer avec sa mère. Outre cet aspect plutôt plaisant mais qui prend un peu trop de temps dans l’intrigue, c’est surtout sur l’ambiance que le film mise tout. Les aplats de noir sont malins et permettent de cacher un monstre rachitique qui apparait à travers les nouvelles technologies. Jouant sur les éclairages, les lumières et une présence dans l’ombre, Come Play s’avère efficace dès que le monstre apparait, grâce à ce conte pour enfants effrayant. Alors oui, il n’y a rien d’exceptionnel non plus, mais le film est parcouru de quelques bonnes idées.

Seul au monde

Des idées qui donneront lieu à quelques apparitions qui sont de bonnes trouvailles. A titre d’exemple, on peut citer les journaux qui volent au-dehors et qui se plaque contre le monstre alors invisible. Des petits détails qui font que la menace est bien prégnante. Une menace qui va prendre de l’ampleur au fur et à mesure du film, jusqu’à un dernier tiers qui vire au survival où tout le monde va se battre pour échapper à une bestiole monstrueuse. Encore une fois, ça reste très basique, mais c’est relativement bien fait. La mise en scène est propre et certains plans sont plutôt intrigants. Le fait de voir à travers le monstre, alors enfermé dans le téléphone est plutôt innovant. Tout comme l’utilisation des bugs d’affichage des filtres snapchat pour désigner une présence. Le réalisateur joue avec un nouveau matériel qui lui permet de créer des moments d’angoisse plutôt sympathiques.

Mais finalement, le plus intéressant dans Come Play, c’est tout son travail autour de la solitude. On a beau être connecté, surconnecté, en lien avec le monde entier, on a jamais été aussi seul. C’est d’autant plus vrai pour Oliver, autiste, qui n’arrive pas à communiquer et qui n’a pas d’amis, mais c’est aussi vrai pour tout le monde. Larry, ce grand monstre, veut juste un ami, car il se sent seul, différent et détesté de tous. Dès lors, il est juste la création d’une société égoïste, qui n’arrive plus à se parler et ne fait que s’éloigner chaque jour un peu plus. Cette solitude est d’autant plus vraie pour les parents d’Oliver, qui se séparent et se retrouvent seuls, chacun dans leur coin, n’arrivant même pas à coopérer pour s’occuper de ce monstre. Le scénario est assez malin pour donner du fond, ce qui est assez rare aujourd’hui.

Sans la peur

Malgré toutes les bonnes choses que le film peut contenir, il lui manque un atout majeur, la peur et le traitement de cette dernière. Si l’ambiance est bonne et que l’idée de placer un monstre omniprésent dans nous nouvelles technologies peut créer une certaine tension, force est de constater que cela ne marche jamais vraiment. La faute à des jump scares intempestifs vus et revus des centaines de fois, avec la musique qui surgit d’un coup. La faute aussi à des situations parfois trop classiques et à des fusils de Tchekov que l’on voit à des kilomètres à la ronde. Ensuite, il est difficile de s’accrocher aux personnages. Si les acteurs se débrouillent bien, leurs personnages sont trop classiques, trop mal écrits pour vraiment ressentir de l’empathie. Et de ce fait, on se fiche un peu de leur sort. Il manque une écriture plus forte pour les personnages.

Au final, Come Play est un film d’horreur dont l’adjectif le plus cohérent est sympathique. Il s’agit d’un film sans grande prétention, qui exploite bien son idée de base entre la solitude et les nouvelles technologies qui sont censées nous rapprocher. Néanmoins, malgré une bonne mise en scène, une bonne ambiance et un fond intelligent, le film ne parvient jamais à créer une véritable tension et à susciter de la peur chez le spectateur, ce qui dommage. Mais en cette période de vache maigre horrifique, ne faisons pas la fine bouche…

Note : 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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