janvier 1, 2026

La Ruée Vers l’Or – Le Film Préféré de Chaplin

Titre Original : The Gold Rush

De : Charles Chaplin

Avec Charles Chaplin, Marck Swain, Georgia Hale, Tom Murray

Année : 1925

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie

Résumé :

1898, Nord-Ouest du Canada. Alors que des milliers d’aventuriers arpentent le Klondike en quête du métal précieux, Charlot est surpris par une tempête de neige. Il trouve refuge dans une cabane isolée et fait la rencontre de Big Jim McKay et du terrible Black Larsen…

Avis :

Symbole iconique du cinéma muet, Charles Chaplin a vécu toute son enfance dans la pauvreté avant d’être remarqué par un producteur qui va lui mettre un pied dans le théâtre et le music-hall. Devenant dans les années 1910 le personnage culte de Charlot avec son chapeau et sa petit moustache, Charles Chaplin va alors cofonder United Artists et faire de nombreux films dans les années 1920 qui lui vaudront une reconnaissance mondiale. Si l’arrivée du cinéma parlant a été une épreuve pour lui, il arrivera à sortir de ce personnage de Charlot avec Le Dictateur, réquisitoire impressionnant contre le nazisme et Hitler. Mais pour en arriver là, il a offert un grand nombre de chefs-d’œuvre, avec une inventivité folle dans la mise en scène et la pantomime. Outre Le Kid en 1921, il ne faut pas oublier le sublime La Ruée Vers l’Or sorti en 1925.

Film préféré de son auteur, La Ruée Vers l’Or arrive deux ans après un échec, L’Opinion Public. Il faut dire que le film de 1925 va rapporter plus de deux millions de dollars à Charles Chaplin, de quoi être heureux pendant un long moment. Pour autant, on peut clairement dire que le succès fut mérité, tant le film ne prend pas une ride avec le temps, et surtout, il bénéficie aujourd’hui d’une remasterisation impressionnante, avec l’ajout de la musique et d’une voix off, le tout supervisé par le réalisateur lui-même. Une occasion dès lors de revenir sur ce film qui se veut drôle, mais aussi touchant, dramatique, et dresse un portrait peu amène de l’Homme, surtout quand il est question d’or et de richesse matérielle.

« on va passer par tout une panoplie d’émotions »

Ici, le pitch est simple, un homme part chercher de l’or dans le froid canadien et fait la rencontre de deux types, Black Larsen, un voyou prêt à tout pour trouver de l’or, et Big Jim, un gros bonhomme qui a trouvé un filon, mais ne sait plus où il se trouve. Les trois amis vont survivre pendant un temps dans une cabane, à l’abri de la tempête, puis Charlot va alors partir en ville et tomber sous le charme de Georgia, une danseuse de cabaret. A travers cette courte aventure (le film dure un peu moins d’une heure et dix minutes), on va passer par tout une panoplie d’émotions, mais aussi par des réflexions qui seront justes et touchantes.

Bien évidemment, ce qui ressort en premier lieu, c’est l’humour burlesque et visuel. Film muet à l’époque, il fallait que les gens comprennent globalement l’histoire, mais aussi qu’ils rigolent aux différentes mésaventures du héros. De ce fait, on a beaucoup de cascades, de jeux visuels qui flirtent constamment avec le burlesque. A titre d’exemple, on peut citer le passage où Charlot a tellement faim qu’il cuisine sa chaussure (faite de réglisse, et qui vaudra à l’acteur une hospitalisation pour choc insulinique), ou encore lorsque la tempête l’empêche de quitter cette cabane alors que Black Larsen veut le foutre à la porte. Et des gags comme cela, il y en a une pelletée, avec des effets visuels qui ont toujours leur petit charme, à l’instar de la cabane qui s’envole, écho au Magicien d’Oz, et qui atterrit au bon endroit, non sans un jeu d’équilibriste.

« malgré son côté comique, il y a aussi de la tragédie et de la douceur »

En dehors de ces gags qui parsèment le film et contribuent à rendre le personnage très empathique, on va retrouver des protagonistes secondaires qui démontrent une certaine lâcheté dans l’humanité. Black Larsen est un voyou qui n’hésite pas tuer et s’enfuir pour quelques pépites d’or. Le karma le rattrapera très vite, mais il représente l’avarice de l’Homme. Quant à Big Jim, c’est un peu le bourrin au grand cœur, qui cherche la richesse comme échappatoire à sa misère crasse. Puis il y a aussi l’homme à femmes, bourreau des cœurs qui se la raconte un peu trop. Et il y a Georgia. Un personnage compliqué, que l’on va aimer détester, et qui se rendra compte à la fin que le véritable amour ne se cache pas forcément derrière l’or et la beauté physique. Il y a un côté romantique à ce film, même si aujourd’hui, cela semble un peu désuet.

Mais la très grande force de ce film, c’est que malgré son côté comique, son énergie, ou encore ce petit personnage qui prête plus à rire qu’autre chose, il y a aussi de la tragédie et de la douceur. Tout le monde se souvient de cette scène où l’acteur fait une danse avec des petits pains. Mais peu se souviennent qu’elle intervient dans un moment d’une tristesse absolue, lorsque Charlot attend ses invités pour Noël, et que ces dernières ne viennent pas, préférant aller à la taverne. Un déchirement qui prend beaucoup d’ampleur suite à toute l’empathie que l’on ressent pour ce pauvre homme d’une gentillesse et d’une naïveté extrême. C’est là la puissance de ce film. Jouer avec nos émotions, nous faire rire et pleurer en un claquement de doigts, au sein d’une intrigue simple, et pourtant porteuse de bien des messages.

Au final, La Ruée Vers l’Or est un vrai chef-d’œuvre du cinéma. C’est inventif dans sa mise en scène, et dans la mise en place des gags. C’est à la fois drôle et touchant, avec un personnage principal empathique au possible. Mais Charles Chaplin n’oublie pas pour autant de raconter des choses sur l’humanité, notamment sur son avarice et sa méchanceté, tendant par moment au tragique. Bref, cent ans plus tard, on fait face à un film superbe, et dont la restauration est un petit cadeau, avec une musique qui apporte un réel plus, et une voix off qui permet alors de mieux comprendre le contexte.

Note : 19/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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