janvier 1, 2026

Orden Ogan – Gunmen

Avis :

Parmi les groupes de Power Métal allemands assez anciens, mais qui font assez peu de bruit, Orden Organ se pose presque comme un mètre-étalon. Non pas que le groupe végète avec des albums mineurs, mais tout simplement parce qu’entre un line-up changeant et un style qui s’effrite un petit peu (et qu’il est trusté par des pointures indétrônables), les teutons ont toujours eu du mal à trouver un véritable public pour remplir de grandes salles à eux seuls. Fondé en 1996 autour du chanteur Sebastian Levermann, seul membre d’origine restant, le groupe va subir de lourdes pertes en 2011, avec les départs du bassiste, du batteur et du claviériste. Cela ne va pas empêcher la formation de recruter et de continuer à jouer et à sortir des albums, tout en restant chez le même label, à savoir AFM Records.

Bon, depuis les choses ont encore évolué, le groupe changeant de maison de disques (ils sont maintenant sur Reigning Phoenix Music), mais ce n’est pas le cas pour l’album qui nous préoccupe entre ces lignes. Car oui, ici, il n’est point question du dernier album en date, mais du sixième effort de la formation, Gunmen, et qui est encore aujourd’hui considéré comme leur dernier bon album. Sorti en 2017, ce sixième opus pousse les potards assez loin, puisque nous avons dix morceaux pour quasiment une heure d’écoute, ce qui signifie que les titres sont longs, et que le groupe a intérêt à assurer pour ne pas susciter l’ennui. Et c’est clairement le cas ici. Sans que Gunmen soit un album merveilleux, il s’agit d’un skeud qui tient parfaitement la route, qui est solide, et techniquement parlant, on est sur quelque chose de varié et puissant.

Tout commence avec Gunman, et dès le départ, on va se prendre un joli soufflé dans la tronche. Tous les atours du Power sont réunis, avec une orchestration symphonique, un petit riff assez discret mais qui va prendre de l’ampleur, et quand lâche, on se prend une belle vague dans la gueule. Les riffs deviennent agressifs, l’ambiance est bien maintenue, et le refrain reste un long moment en tête. Bref, ce premier titre, aussi long soit-il, est vraiment excellent. Fields of Sorrow délaisse le côté orchestral de la chose pour nous lâcher de gros riffs dès le départ, et nous fournir une mélodie qui reste un long moment en tête. Le seul reproche que l’on peut faire sur ce morceau, c’est qu’il est un poil trop long, et perd en efficacité quand le chant démarre. Forlorn and Forsaken réduit un petit peu cette longueur pour gagner en efficacité.

Vampire in Ghost Town revient à quelque chose de plus symphonique dans son début, et profite d’un refrain fédérateur pour bien nous accrocher. La batterie nous roule dessus sans problème, et les riffs, un peu moins lourds qu’à l’accoutumée, sont vraiment plaisants. Franchement, il n’y a rien à redire sur cette composition qui laisse même quelques moments plus rugueux pour mieux nous percuter. Come With me to the Other Side laisse une belle part à Liv Kristine (ex Leave’s Eyes) qui ajoute une pointe symphonique à un titre qui gagne à chaque écoute. Si on peut lui reprocher d’insister sur son refrain, il faut avouer qu’il marche du tonnerre, et on va vite le chanter aussi. Après cela, The Face of Silence a un peu de mal à s’imposer. Le titre est très bon, il balance de gros riffs, mais il est trop long pour vraiment s’insinuer en nous.

On lui préfèrera Ashen Rain, un titre court et percutant, qui balance un refrain en chœur, avant de nous lâcher des riffs assassins sur lesquels on adorera headbanger. Orden Ogan montre qu’il est autant capable de faire des titres courts et efficaces, que des morceaux longs et aux compositions plus alambiquées. Down Here va encore plus loin, jouant sur la cavalcade de son personnage pour offrir un titre percutant et pleinement Power, mais sans en faire des artifices qui tiennent plus lieu de fioritures qu’autre chose. One Last Chance revient aux fondamentaux du groupe sur un titre long, mais perclus de passages intéressants, et d’un riff qui emporte tout sur son passage. Enfin, Finis Coronat Opus va ménager la chèvre et le chou. Dépassant les huit minutes, le titre est bien trop long pour ce qu’il raconte, et il manque de moments forts.

Au final, Gunmen, le sixième album de Orden Ogan, est une excellente galette de la part des allemands, qui n’ont que faire des changements de line-up et de l’arrivée de nouveaux musiciens. Long, souvent intéressant et ne suscitant finalement que très peu d’ennui, l’album détient même de bons moments de bravoure qui donne une furieuse envie de se faire mal à la nuque. Bref, il serait peut-être temps de mettre le groupe allemand un peu plus en avant aujourd’hui…

  • Gunman
  • Fields of Sorrow
  • Forlorn and Forsaken
  • Vampire in Ghost Town
  • Come With me to the Other Side feat Liv Kristine
  • The Face of Silence
  • AShen Rain
  • Down Here
  • One Last Chance
  • Finis Coronat Opus

Note : 16/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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