juin 24, 2024

Greta Van Fleet – Starcatcher

Avis :

Depuis quelques années maintenant, on a la sensation de vivre une sorte de revival du Rock des années 70. Des groupes comme Rival Sons, Trouble Vintage ou encore Greta Van Fleet participent à ce renouveau, qui puise ses références dans des groupes comme The Rolling Stones, The Who ou encore Led Zeppelin. D’ailleurs, quand on écoute le groupe des frères Kiszka, il est difficile de ne pas y avoir une filiation très proche avec l’ancien groupe de Robert Plant. Un peu comme Airbourne avec AC/DC, les américains sont souvent pointés du doigt pour faire presque du plagiat et ne pas avoir d’identité propre. Si on ajoute à cela que Greta Van Fleet, lors d’interviews, dit ne pas être influencé par Led Zep, on peut y voir de la mauvaise foi et cela contribue à avoir quelques haters qui refusent de voir le talent derrière.

Après deux albums très réussis, malgré les dires de certains vilains disgracieux, les américains sont de retour cet été avec Starcatcher, leur troisième effort studio. Après quatre singles pour annoncer l’arrivée de la galette, les musiciens ont joué le jeu des interviews en racontant que cet album serait plus énergique, plus vif, et qu’il renoue avec leurs débuts, notamment lorsque les frères jouaient dans leur garage. Une volonté fort louable de s’écarter du Rock psychédélique, mais qui, dans les faits, n’est pas vraiment le cas. En effet, dans son ensemble, Greta Van Fleet fait ce qu’il fait d’habitude, n’arrangeant pas son cas auprès de rockeurs qui n’y voient qu’un ersatz pas assez mûr de Led Zep. Et il est parfois difficile de leur donner tort, puisque les artistes originaires du Michigan poussent parfois le bouchon très loin, entre voix de tête braillarde et et éloge d’un Rock pas si lointain.

Fate of the Faithful démarre la danse, et dès le début, on ressent toutes les influences du groupe. Le riff est bon, la mélodie résonne très 70’s, mais il réside dans ce titre une sorte de mélancolie qui renverse tout sur son passage. Si on accepte de se laisser porter, on a la sensation de faire un retour dans le passé plaisant. Alors oui, il n’y a rien de bien original, mais force est de constater que ça fonctionne plein pot. Waited All Your Life va encore plus loin dans le délire, entre son introduction à la guitare sèche et sa mélodie douce et entraînante. Le groupe trouve un bon équilibre dans ce morceau, et surtout, il arrive à être concis, à ne pas en faire des caisses. Cela sera prouvé avec The Falling Sky, qui ressemble à When the Levee Breaks, mai qui arrive à distiller une belle énergie.

En abordant Sacred the Thread, le groupe tente une approche plus douce que les premiers titres, tout en y apportant une belle énergie au niveau des grattes. Il se dégage de ce morceau quelque chose d’onirique et d’aérien qui prouve tout le talent technique du quatuor. Puis avec Runway Blues, sorte d’interlude nerveux, le groupe singe un peu Led Zep (Immigrant Song) mais donne une furieuse envie de bouger et d’entendre plus de titres de ce calibre, qui fait remuer les foules. The Indigo Streak va poursuivre cet aspect plus brut avec des riffs plus incisifs et une volonté de taper un peu plus fort. Malheureusement, les couplets manquent un peu de ferveur, ce qui fait que le titre a tendance à baisser un peu en cours de route. Mais Frozen Light va venir nous réchauffer le cœur et la nuque.

Le titre est très malin dans sa construction et dans sa mélodie addictive. Les guitares sont un peu plus saturées, le son est un poil plus lourd, la basse prend plus de place, notamment avant les refrains, et c’est globalement un morceau très réussi qui reste en tête rapidement. Il sera à coupler avec The Archer qui détient un petit côté Folk/Country vraiment pas déplaisant. Et on retrouve vraiment cette envie de son plus « garage », avec un aspect plus brut, plus virulent. Meeting the Master va radoucir un peu l’ensemble, mais peut se vanter d’une ligne de guitare sublime, avec quelques fulgurances presque orientales qui sont vraiment intéressantes. Enfin, Farewell for Now vient clôturer cet effort de façon très calibré, restant ancré dans les années 70 avec un plaisir non dissimulé. Et cela donne un furieux goût de reviens-y, tant c’est bien foutu.

Au final, Starcatcher, le dernier album de Greta Van Fleet, est encore une fois une belle réussite sur de nombreux plans. Si on ne peut contredire ceux qui estiment qu’ils font du Led Zeppelin, il faut tout de même avouer qu’ils le font de fort belle manière, en y apportant en plus un poil de modernité. Jouant sur les mélodies, apportant sur la fin un aspect plus vif et « brutal » (toutes proportions gardées), les américains font preuve d’une belle énergie et donnent bien évidemment envie de replonger dans les riffs d’un certain Jimmy Page

  • Fate of the Faithful
  • Wanted All Your Life
  • The Falling Sky
  • Sacred the Thread
  • Runway Blues
  • The Indigo Streak
  • Frozen Light
  • The Archer
  • Meeting the Master
  • Farewell for Now

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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