décembre 6, 2021

Evil Bong

De : Charles Band

Avec David Weidoff, John Patrick Jordan, Mitch Eakins, Brian Lloyd

Année : 2006

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie, Horreur

Résumé :

Etudiant modèle, Alistair emménage dans l’appartement de Larnell, Bachman et Brett, trois glandeurs, qui ne pensent qu’aux filles et à fumer de l’herbe. Avec le loyer d’Alistair, Larnell décide de s’offrir un Bong hanté aux effets détonants. Quand le paquet arrive, les colocataires décident aussitôt d’user de leur nouvel ustensile pour planer… Ce qu’ils ignorent c’est que le 7ème ciel est un monde peuplé de stripteaseuses démoniaques, de nain-phomanes et de poupées aussi lubriques que sanguinaires. Alistair unit alors ses forces avec le légendaire Tommy Chong, le vrai propriétaire du bong, pour sauver ses colocataires.

Avis :

Parmi les producteurs/réalisateurs qui ont réussi à se faire un nom dans le nanar merdique, Charles Band tient la dragée haute à n’importe qui. Fondateur de Full Moon Productions, l’homme est à la tête d’une collection de films tous plus mal branlés les uns que les autres. Pour autant, malgré la vulgarité des œuvres, l’aspect cheap totalement assumé ou encore la bêtise franche de chaque film, Charles Band s’est fait une solide réputation. Des films comme Blood Dolls, The Creeps ou encore Gingerdead Man ont eu un petit écho dans le domaine fermé des films d’horreur de merde. A un tel point que certains de ces films sont devenus des franchises à part entière, comme, par exemple, Evil Bong. Film improbable où un bong maléfique tue des types, ce premier métrage, aussi raté soit-il, va donner lieu à des suites et crossover totalement débiles. Mais revenons sur ce premier essai.

Fumer tue

On ne va pas vraiment s’attarder sur le scénario, qui est un grand n’importe quoi. Ici, un jeune étudiant loue une chambre au milieu de trois autres types amateur de fumette. L’un d’eux commande alors un bong supposé maléfique et va se taper des trips avec. Sauf qu’à chaque fois que l’un d’eux fume avec, il part dans une dimension parallèle et se fait tuer par le bong qui est possédé. Dès lors, le nouveau venu va tenter de combattre le bong pour libérer ses nouveaux amis. Et… il ne faut pas chercher plus loin. Evil Bong est un film qui ne veut pas s’embêter avec un scénario et qui va fournir juste quelques moments un peu délires, un peu vulgos, pour complaire un public peu exigeant qui veut juste se marrer devant une comédie horrifique qui assume pleinement sa bêtise.

De ce fait, il ne faut pas s’attendre à de grandes réflexions sur ce film. Rien n’est fait pour dire que fumer tue, et encore moins pour dire que la drogue, c’est de la merde. Bien au contraire, le film encourage presque à fumer du cannabis pour se sentir mieux, pour être plus cool aux yeux des filles. Au-delà de cette bêtise crasse, on trouvera des personnages qui ne seront là que pour faire des apparitions et une paire de sketches. Ainsi, le père bourge qui se tape une vieille sénile sera un moment irréel. Tout comme les guests dans le monde du Bong, où l’on retrouve, par exemple, un Bill Moseley en roue libre qui s’en bat les noix puissance mille. Bref, que ce soit dans l’écriture du scénario, ou même dans les personnages, il n’y a rien à sauver dans ce film.

AB Production

Si on pouvait s’attendre à un gros navet dans le scénario, on ne sait jamais sur quel pied danser quant à la réalisation. Charles Band est un piètre réalisateur, qui injecte peu de budget dans ses films, mais dans certains, on retrouve une vraie générosité dans les décors et certains effets old school. Dans Evil Bong, on n’aura clairement rien à se mettre sous la dent. C’est bien simple, dès le départ, on a la sensation de regarder une sitcom française comme Hélène et les Garçons ou Les Filles d’à Côté (paye tes références !). Le film se compose de deux décors, la chambre des étudiants, et le lupanar du bong. D’un point de vue technique, on est sur une caméra statique, qui filme de deux ou trois angles différents, mais qui ne bouge jamais.

On flirte constamment avec le mauvais goût et la fainéantise, comme si l’herbe du bong avait déteint sur l’équipe technique. Et pour dire à quel point le film s’associe très bien avec l’aspect sitcom, les coupures entre les scènes sont faites avec une sorte de générique animée avec des feuilles de cannabis et une musique reggae. Nous ne sommes clairement pas face à un film exploitable dans une salle de cinéma et qui, même pour du Full Moon, est raté. C’est dire l’arnaque du machin. Même parmi les trucs les plus cheapos de l’univers, il est dans le bas du bas du bas du panier. Evil Bong est une honte à tous les étages. D’un point de vue technique donc, mais aussi sur le jeu des acteurs, qui sont d’une nullité abyssale, ou encore sur les effets comiques ou horrifiques. Et on ne parle même pas des effets spéciaux.

Sans gland

Au milieu de tout ce marasme sans aucun sens, on espère seulement avoir son lot de scènes outrancières, de seins et de sang. Est-ce le cas ? Non. Enfin… si, en quelque sorte. Charles Band a su s’entourer de quelques actrices pornos qui dansent de façon lascive, les seins à l’air. Le truc ne sert à rien, si ce n’est à montrer des soutiens-gorges qui bouffent les mains baladeuses. Oui, on en est à ce stade… D’un point de vue gore, il n’y a rien. D’un point de vue horreur, il n’y a rien. Le film se complait dans son mauvais goût exécrable. On appréciera seulement les quelques caméos des autres production Full Moon, comme l’apparition furtive du Gingerdead Man ou des poupées de Graveyard Dolls. C’est peu de chose…

Au final, Evil Bong est peut-être l’un des pires films de Charles Band et pour dire cela, il faut vraiment que le film tombe bas, très bas. Mauvais dans tout ce qu’il entreprend, d’un mauvais goût assumé mais qui va beaucoup trop loin, on sent que pour faire ce film, tout le monde s’en branlait la nouille. On est à un tel niveau de foutage de gueule que même le mot cynisme est trop faible pour décrire une telle production. On s’en doutait en voyant la jaquette, mais le film bat tous les records de la daube.

Note : 01/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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