juin 23, 2021

Crobot – Motherbrain

Avis :

Fondé au début des années 2010 à Pottsville en Pennsylvanie, Crobot est un groupe qui officie dans un genre assez particulier. Sorte de Hard Rock teinté de Stoner et d’éléments groovy, le groupe lui-même a du mal à se définir. Pour autant, ce qui fait grandement la force d’un Crobot, et cela depuis plus de cinq ans maintenant, c’est la force vocale de son chanteur et créateur, Brandon Yeagley, ainsi que les performances scéniques du groupe, qui livre à chaque fois un show énergique. C’est grâce à cela que le groupe s’est fait connaître, et continue aujourd’hui de faire bouger les nuques. Motherbrain est le troisième album de Crobot, qui survient alors qu’un nouveau bassiste fait son entrée en scène. Correspondant à ce que la formation a toujours livré, c’est-à-dire un Hard rock bien nerveux avec des riffs gras, Motherbrain est un délice de tous les instants.

D’ailleurs, le groupe sait qu’il peut compter sur son chanteur, et c’est d’entrée de jeu que l’on va avoir droit à un petit chant a capella avant de déboulonner les tympans avec un riff ultra efficace. Burn sera à l’image du groupe, ultra nerveux sans pour autant partir dans une rythmique endiablée, avec ce qu’il faut de variations pour nous emporter totalement. Petit solo de gratte avec distorsion, break à grands coups d’harmonica et de clavier, Crobot livre une prestation sans faille qui donne immédiatement envie de se jeter dans le pit et d’en découdre. Keep me Down sera dans le même délire, avec cependant un peu plus de légèreté. Cela se ressent sur les paroles, mais aussi sur les riffs, moins percutants durant les couplets, pour mieux nous secouer durant le refrain. Refrain qui d’ailleurs laisse énormément de place à la voix du chanteur.

On peut aisément se demander comment Brandon Yeagley fait pour ne pas se péter une corde vocale. En effet, il pousse très fort, arrive à rendre bien granuleuse et parfois, on frôle l’indécence dans la maîtrise vocale. Et pour le coup, c’est sur Gasoline que le chanteur va nous surprendre le plus. Non seulement il chante très fort, mais en plus, il arrive à rendre cela groovy et ultra dansant, malgré les riffs bien lourds et une puissance vocale qui laisse pantois. Même sur Low Life, il pousse aussi, mais pas aussi fort. D’ailleurs ce dernier morceau est un vrai régal lui aussi, jouant sur les codes de l’humour pour dénoncer les dérives des médias et des journaux qui jouent sur nos peurs et se font de l’argent sale. Car oui, derrière ses atours de groupe pour se marrer, Crobot balance, dénonce et possède un véritable discours politique.

Si on pourrait croire que le groupe n’est qu’une succession de gros morceaux d’un peu plus de trois minutes avec des riffs surpuissants et du chant à la limite du cri maîtrisé, c’est tout faux. Avec Drown, le chanteur pose sa voix de façon plus calme, lorgnant d’un Alice in Chains. Avec Alpha Dawg, on a quelque chose de plus calme, de plus construit, d’un peu plus complexe et qui pourra faire penser, dans ses riffs, à du Rage Against the Machine. Une belle référence, tout de même. Quant à Stoning the Devil, on aura quelques aspects proches du Doom et du Stoner. Un rythme plus lent, une ambiance plus éthérée, un titre plus long que la moyenne, Crobot varie les plaisirs et affiche surtout une parfaite maîtrise qui frôle le génie par moment. C’est bien simple, on ne peut pas s’ennuyer dans cet album tant il y a des variations assez fines.

Alors oui, comme tout album qui se respecte, même excellent, il y a quelques petites chutes de régime. Ici, Destroyer sera un titre agréable, mais il ne marquera pas les esprits. La faute à une recette qui revient un peu trop et à une structure trop simpliste, jusque dans le refrain. D’ailleurs, les couplets manqueront d’énergie, ce qui est assez rare pour le groupe. Blackout sera sympa aussi, mais souffrira des mêmes symptômes que le titre précédent, c’est-à-dire des couplets un peu trop frileux. De ce fait, même si on ne s’ennuiera pas devant ces morceaux, on restera un peu déçu. Et The Hive, le dernier morceau, sera dans la même, concluant l’album d’une manière presque décevante. Fort heureusement, au milieu de tout cela, il y a After Life qui est très bon.

Au final, Motherbrain, le dernier album en date de Crobot, est une belle réussite. Si on peut noter une paire de morceaux un peu en dessous, il est difficile de nier l’énergie communicatrice du groupe. Avec ce troisième effort, le groupe continue son ascension en présentant un Hard Rock pêchu, blindé de bonnes ondes et d’influences parfaitement digérées. En bref, un excellent moment doublé d’une superbe découverte.

  • Burn
  • Keep me Down
  • Drown
  • Low Life
  • Alpha Dawg
  • Stoning the Devil
  • Gasoline
  • Destroyer
  • Blackout
  • After Life
  • The Hive

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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