janvier 27, 2022

Beta Wave – No Title

Avis :

Les ondes bêta sont un rythme cérébral que l’on peut mesurer avec un électroencéphalogramme. Du coup, quand un groupe de rock décide d’arborer ce nom, on peut se dire que l’on va tomber sur un groupe un peu mindfuck et qui a des choses à dire ou à proposer. Cependant, il est très difficile de trouver des indices sur ce tout petit groupe dont No Title est le deuxième effort, distribué sur un peu toutes les plateformes de streaming depuis 2017. Année qui semble d’ailleurs marquer la fin du groupe, si l’on en croit leur page Facebook, qui n’a plus rien depuis le 16 Avril 2017. Néanmoins, on peut choper quelques indices sur la provenance du groupe, qui trouve ses racines en Grèce et selon toute vraisemblance, la formation avait des ambitions qui ne se sont jamais concrétisées. Et c’est bien dommage. Premièrement parce qu’à l’écoute de ce second album, Beta Wave est un groupe intéressant officiant dans un métal alternatif plutôt sympathique. Deuxièmement parce que globalement, on manque un peu de groupes dans ce style-là, entre le rock, le métal et d’autres styles plus ou moins marqués. Ici, le principal problème viendra certainement du manque d’identité du groupe, et de son incapacité à trouver une major digne de ce nom. Retour sur un album agréable, et d’un destin funeste.

Le skeud débute avec Creation, qui est une ode à la création. Démarrant doucement avec un joli son de guitare, on pourrait croire écouter un groupe américain dont la souche est résolument country/blues. Mais rapidement, le groupe montre ses intentions un peu plus bourrues et propose alors une accélération lors du premier refrain, pour ne plus nous lâcher par la suite. C’est simple, efficace, les musiciens sont bons, et si l’on excepte une production limitée, le titre passe. On se rassurera avec So Naive, bien plus métal dans l’âme, avec de gros riffs sur l’introduction avant de ralentir le rythme pour que le chanteur puisse poser sa voix suave. C’est encore une fois bien fichu et on prend un plaisir non dissimulé face à ce titre pêchu et surtout qui montre l’envie du groupe de faire quelque chose de pro. C’est très propre, et encore une fois, malgré une production qui manque de budget, c’est bien fait. On sent d’ailleurs une vraie sincérité dans cet album, du refrain un peu bourru, des pré-chœurs qui sont un peu rappés au solo de gratte un peu hasardeux mais qui tente un pont intéressant. Snakey Snake va aller plus loin dans le riff lourd et se rapprocher dangereusement du gros Stoner Rock des familles. C’est lourd mais c’est parfaitement maîtrisé. On aura même droit à une jolie ligne de basse. No Title sera un poil moins surprenant, plus aérien, mais malheureusement, c’est la voix du chanteur qui a du mal à s’accorder avec le reste. On voit que le groupe essaye de faire du Chevelle, mais cela ne marche pas vraiment, même si globalement, c’est plutôt sympathique.

Halftime entame doucement la seconde partie. Sorte de ballade avec des élans un poil plus virulents lors du refrain (qui pêche un peu par la voix du chanteur, qui n’arrive pas à monter), le morceau se défend car il sort du lot par son rythme plus lent, mais cela reste un peu trop léger, un peu trop convenu pour réellement surprendre et avoir une identité propre. Avec I’m Falling, le groupe renoue avec un métal alternatif qui lorgne vers le rock, sans pour autant tomber dans une sorte de mièvrerie. Le problème avec ce morceau, c’est qu’il fait un peu bouche-trou. Il n’a pas de moments marquants et n’arrive pas à s’imposer au sein de l’album. Il s’agit-là du premier titre qui manque de solidité. Wooden Heart sera plus rigide sur ses sonorités, un peu plus nerveux, mais dès son introduction, quelque chose va gêner. Les deux riffs qui se superposent ne font pas professionnels et il manque encore une fois quelque chose au morceau pour vraiment rester dans les mémoires. Le solo est bien foutu, mais il baigne dans un mid-tempo qui ne lui rend pas service. Vital Instructor est un titre qui monte progressivement. En faisant un titre crescendo, la formation sort un peu de sa zone de confort et offre un vrai morceau qui reste en tête et donne envie de bouger, notamment grâce à un solo parfait, qui s’ancre bien dans la rythmique, contrairement au titre précédent. Enfin, I’ve Drowned clôture l’album de façon agréable, sans que cela soit pour autant le meilleur titre de l’effort. Cependant, le semblant mouvement funk est plutôt bien vu.

Au final, No Title est un album relativement agréable à l’écoute et mérite que l’on s’y attarde un peu, même si le groupe semble s’être séparé, certainement à cause du peu de retour sur leur œuvre. Quelques centaines de vues sur Youtube, un peu plus de 800 adhérents sur leur page Facebook, en deux albums, c’est peu et les grecs ont certainement lâché l’affaire, malgré des débuts prometteurs et un second album presque mature. Bref, l’occasion est toujours présente pour découvrir cette petite formation qui ne mérite pas l’anonymat dans lequel elle baigne…

  • Creation
  • So Naive
  • Snakey Snake
  • No Title
  • Halftime
  • I’m Falling
  • Wooden Heart
  • Vital Instructor
  • I’ve Drowned

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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