novembre 30, 2021

The Belko Experiment

De : Greg McLean

Avec John Gallagher Jr., Tony Goldwyn, Adria Arjona, John C. McGinley

Année: 2017

Pays: Etats-Unis

Genre: Thriller, Horreur

Résumé :

Une entreprise américaine d’Amérique du Sud est mystérieusement scellée, et ses employés dévoilent leurs vraies natures lorsqu’il leur est ordonné de s’entretuer sous peine de mort.

Avis :

James Gunn est un réalisateur relativement connu aujourd’hui parce qu’il a bossé pour Marvel et donc Disney avec ses deux films Les Gardiens de la Galaxie. Aujourd’hui rejeté de la firme à cause d’un vieux tweet déterré on ne sait par qui, le réalisateur doit donc trouver d’autres moyens de s’exprimer. Scénariste sur la plupart de ses films, il ne faut pas oublier qu’avant d’être un cinéaste réputé, il a versé dans la gaudriole et l’horreur bien crade avec notamment Horribilis et ses vers extraterrestres. Il n’est donc pas très étonnant de le retrouver derrière le scénario de The Belko Experiment, un film qui mélange horreur et thriller et qui semble s’inspirer grandement de Battle Royale. Mais écrire un scénario n’est pas la même chose que de réaliser et pour cette fois, il laisse sa caméra à Greg McLean, un réalisateur australien qui aime verser dans l’horreur. C’est à lui que l’on doit des films comme Wolf Creek ou encore Solitaire et son crocodile géant. Et s’il semble à l’aise avec un environnement naturel, qu’en est-il lorsqu’il faut s’attaquer à une tour de bureaux perdue au milieu de la Colombie ?

Le pitch du film est très simple. Une tour pleine d’employés qui bossent pour Belko se voit complètement fermée par des rideaux hermétiques et une voix leur annonce un jeu. Il faut tuer quatre personnes dans le temps imparti, sinon, quatre personnes au hasard seront exécutées. Et le jeu va continuer ainsi jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un. Bien évidemment, à la lecture de ce scénario, tout cela ressemble fortement à un Battle Royale, sauf qu’ici, ce n’est pas pour une quelconque promo mais bel et bien pour une raison inconnue qui nous sera dévoilée à la fin du métrage. Si cela demeure très mince, il ne faudra pas compter sur The Belko Experiment pour approfondir un quelconque sujet de fond. Le film est un pur divertissant grandguignolesque qui aime le sang, les plans gores et les moments complètement bordéliques. Et Greg McLean l’a bien compris, donnant un rythme très soutenu à son film, ne se posant jamais de questions futiles et allant droit à l’essentiel, mélangeant séquences de sauvetage et plans ultra gores pour montrer la violence de ce jeu de massacre.

On pourrait donc reprocher au film un manque cruel de fond et de finalement ne faire de The Belko Experiment qu’un plaisir coupable débile mais gorasse et résolument fun. Ce n’est pas tout à fait le cas même si effectivement, tout cela ne va pas pisser bien loin. Le film veut montrer les différents points de vue de l’Homme lorsqu’il est confronté à une situation terrible et où il n’a pas la maîtrise de qui vit ou qui meurt. Ainsi donc, le métrage va s’amuser à montrer différentes façons de survivre en milieu hostile, avec le héros qui sera très altruiste et essayera de sauver la majorité de la population. Un héros lambda, plutôt bien apprécié de ses collègues pour sa gentillesse et sa disponibilité. On aura droit aussi au patron égoïste, qui monte une petite armée autour de lui afin de continuer à régner en maître et donc de décider de qui doit vivre et qui doit mourir. On aura aussi droit à la jeune femme peureuse, qui se planque à chaque fois et qui essaye de survivre comme elle peut, de manière un peu égoïste, mais sans faire de mal aux autres. Enfin, on pourra compter sur les débiles de service ou encore les grands méchants, déjà pas très nets dès le début du film. Ainsi donc, avec ce panel de personnages, on va brasser plusieurs façons de survivre et donc interroger sur l’âme humaine. Doit-on sacrifier les plus vieux ? Ceux qui n’ont pas d’enfants ? Pas d’attaches ? Bref, malgré tout, il y a de quoi manger dans ce métrage.

Mais avant tout, ce qui compte vraiment, c’est le fun que l’on reçoit en paquet de douze. Ne perdant pas de temps, voulant toujours aller à l’essentiel et donner au spectateur ce qu’il attend, Greg McLean ne lésine pas sur les moyens et fout le bordel à tous les étages. On pourrait reprocher un petit manque d’originalité dans les morts, mais en même temps, nous sommes dans une tour remplie de bureaux et il n’y a qu’un placard à armes à feu avec des révolvers. Néanmoins, le réalisateur va prouver qu’il arrive à créer une certaine tension dans ce bazar. Certaines mises en mort font mal, on retrouvera des hésitations pour tuer quelqu’un que l’on estime et parfois, certains personnages auront même du mal à sauver leur peau, préférant presque se sacrifier pour la bonne cause. Mais ce qui est intéressant dans cette réalisation, c’est le côté gore. Là aussi, on sent que le métrage a le budget de ses ambitions et les séquences sales sont assez nombreuses. On pense notamment à celui qui se prend des coups de hache dans la tronche en gros plan ou encore à ce moment assez rude lorsqu’il faut fouiller dans le crâne d’un défunt pour trouver la raison de sa mort. Un gore un peu gratuit mais totalement jouissif et qui démontre toute la violence de ce projet.

Alors oui, on regrettera peut-être des personnages à peine esquissés et qui n’aura pas de background. On n’aura pas vraiment d’attaches et on se foutra bien de qui va vivre ou mourir. Tout comme on ne comprend pas toujours les actions du « héros » qui semble parfois suicidaire. Mais on n’est pas vraiment là pour ça et peut-être que de rallonger le film ne lui aurait pas donné autant d’impact. Et il y a un point assez intéressant, c’est qu’en faisant comme ça, on se retrouve avec des moments inattendus et des morts insoupçonnables. Il y en a une d’ailleurs qui est assez marquante non pas pour son aspect gore, mais plus par sa soudaineté et le personnage que ça concerne.

Au final, The Belko Experiment est un film qui est relativement décrié mais qui mérite que l’on s’y arrête pour peu que l’on soit fan du genre Battle Royale avec des employés de bureau qui se mettent sur la gueule. A la fois trash, drôle et parfois maladroit, le film de Greg McLean n’est pas parfait, loin de là, mais il s’avère jouissif et ne manque pas de mordant quant à son message sur l’humanité. Bref, un film divertissant et bien bourrin, ce qui est parfait pour une seconde partie de soirée décontractée.

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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