décembre 9, 2021

Sex Education Saison 1

D’Après une Idée de : Laurie Nunn

Avec Asa Butterfield, Gillian Anderson, Emma Mackey, Ncuti Gatwa

Pays: Angleterre

Nombre d’Episodes: 8

Genre: Comédie

Résumé:

La rebelle Maeve entraîne Otis, un ado vierge mais doté d’une mère sexologue, dans la création d’une cellule de thérapie sexuelle clandestine au sein de leur lycée…

Avis:

Scénariste et réalisatrice australienne, Laurie Nunn est une parfaite inconnue chez nous. Bon, il faut dire que la jeune femme débute, sa filmographie ne comporte pour l’instant que deux courts-métrages qu’elle a écrit et réalisé, suivi d’un court-métrage où elle ne fut que scénariste. Tous les projets sur lesquels la scénariste s’est penchée avaient en commun l’adolescence. Après les courts-métrages, Laurie Nunn passe à un nouveau format, la télévision, avec une série télé de huit épisodes, dont elle va être la créatrice. Arrivée sans prévenir en ce début 2019 sur la plateforme Netflix, « Sex education » est la très belle surprise de ce début d’année.

Auréolé d’un très beau bouche à oreille, « Sex education » est un surprenant coup de cœur et je parle bien de surprenant, car la série est bien différente de ce qu’elle laissait transparaître. Si j’ai commencé la série « Sex education« , c’est parce que j’avais envie de regarder quelque chose de léger et que cette série venue d’Angleterre (un argument de plus) avait l’air d’être une sorte d’ »American Pie » 2.0. Puis le pitch était d’emblée amusant, mais là où la série est surprenante, c’est que finalement derrière le côté amusant de ce gamin puceau qui joue au sexologue, « Sex education » est la série qui parle le mieux de l’adolescence. Une série qui ose les tabous, qui aborde des sujets difficiles avec beaucoup de simplicité et de pudeur. On ajoutera à cela des personnages adorables, un humour fin et l’obtient un surprenant coup de cœur.

Otis Milburn est un adolescent de seize ans. Quelque peu à l’écart, discret, puceau, Otis vit la vie d’un adolescent normal, si ce n’est qu’il a une mère sexologue, un peu trop ouverte et envahissante. Un jour, Otis écoute l’un de ses camarades et le conseille après une rupture douloureuse. Cette séance de thérapie improvisée donne alors des idées à l’une de ses amies, Maeve. Alors qu’Otis n’a jamais fait l’amour, l’écoute des thérapies et autres conseils de sa mère fait qu’Otis est capable d’aider les autres, réglant leurs problèmes sexuels. Maeve propose donc à Otis de monter au lycée un cabinet clandestin de sexologie…

Il y a des films et des séries dont on n’attend pas grand-chose et qui se trouvent être de très belles et surtout bonnes révélations et « Sex education » fait partie de celles-ci.

« Sex education« , c’est donc une première saison de huit épisodes d’une cinquantaine de minutes chacun, premier fait étonnant, puisqu’avec un tel pitch de départ, j’attendais des épisodes d’une vingtaine de minutes, telle une sitcom. La série aurait donc des choses à dire ? Eh bien oui, complétement. Quand on regarde comme ça, « Sex education » est une série qui apparaît comme amusante et divertissante. C’est une série sans prise de tête, qui parle librement de sexualité, et surtout de l’adolescence, et on espère qu’elle évitera le graveleux. Mais très vite, à la découverte des premiers épisodes, on comprend que « Sex education » est plus qu’un divertissement. Très bien pensée, gardant le divertissement en vue, la série de Laurie Nunn va s’avérer être d’une très grande richesse et à travers les portraits de tous ses personnages, la série va traiter une multitude de sujets absolument passionnants. Évitant le cul-cul, le graveleux, le tape à l’ œil ou encore les facilités scénaristiques, « Sex education » va parler des maux du sexe de manière très libre. Des idées reçues aux fantasmes sur le sexe, des problèmes d’une simple panne à des traumatismes inconscients liés à l’enfance, des premiers émois, le désir, les pollutions nocturnes, la masturbation, la découverte des corps, ou encore au chamboulement intérieur, la série prend soin de ses sujets, et en parle de la meilleure des manières. Une manière subtile et pudique qui reste franche, qui ose aller dans le vif de ces problèmes, tout en évitant de tomber dans le cours d’éducation sexuelle ou la morale. La série fait la part des choses et se pose comme un modèle de tolérance, de découverte et de non-jugement. Les personnages résonnent justes, ils nous ressemblent et chacun peut s’y reconnaître, que ce soit l’adolescent qui se pose des questions, ou encore l’adulte qui reconnaîtra forcément certaines situations.

Toujours bien pensée, la série ne s’arrête pas à l’adolescent et parle aussi très bien de sujets chez les personnages adultes. La série aborde les parents, le sentiment de perdre son enfant, la série parle de la sexualité des parents vue par les enfants et inversement. Beaucoup de ça est traité à travers le personnage de Gillian Anderson et la relation qu’elle a avec son fils. On notera une très grande Gillian Anderson, qui a décidément le don unique de très bien choisir ses rôles. La série abordera aussi l’homosexualité, tout comme elle aborde l’homoparentalité. « Sex education » parle aussi très bien du jugement des autres, comme le jugement de soi-même. La série parle de féminisme, de féminité, de masculinité, ou encore de harcèlement, de violence, de passé, de l’avenir… Bref, cette première saison est très riche, elle est complète et chaque épisode appelle le suivant. Moi qui déteste manger une série d’un coup, ce fut incontrôlable…

Si « Sex education » fonctionne si bien aussi, c’est parce qu’elle a très bien su choisir ses jeunes comédiens. Tenu principalement par Asa Butterfield (« Miss Peregrine … », « Hugo Cabret« , « Le monde de Nathan« ) qui confirme bien qu’il est un excellent comédien, « Sex Education » c’est aussi tout un tas de jeunes comédiens à découvrir. Ncuti Gatwa est excellent en meilleur ami gay. Le jeune comédien évite les clichés de manière surprenante. Emma Mackey tient un rôle des plus intéressants, tout comme Connor Swindells, dont le personnage est bien plus profond qu’il n’en a l’air. Un très joli coup de cœur pour la jeune Patricia Allison qui est bourrée de talent. Puis il y a tous les comédiens que la petite bande doit traiter à travers les cas qu’Otis reçoit.

« Sex Education » est donc une sacrée bonne surprise. Série plus adulte qu’elle ne le laissait paraitre, « Sex education » se savoure, nous amuse autant qu’elle nous touche, le tout en ravivant certains souvenirs. Et le tout est accompagné d’une excellente BO qui passe aussi bien de l’Otis Redding, que du The Smith, Beth Dito, UB40… Bref une saison deux est obligatoire !

Note : 17/20

https://www.youtube.com/watch?v=EUWaajmUre4

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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