juin 23, 2021

Alanis Morissette – Havoc and Bright Lights

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Avis :

Alanis Morissette n’est plus une chanteuse à présenter. La canadienne a connu bon nombre de succès et ce Havoc and Bright Lights est son huitième album studio. Bien évidemment, on se souvient tous de Ironic ou encore de Heads Clean, des tubes planétaires qui sont sur son troisième et cinquième album. Commençant sa carrière à la fin des années 80 et sortant un premier album en 1990, elle a par la suite évoluée, puis a connu un succès monstrueux sur son troisième album, qui a d’ailleurs été classé parmi les 50 plus grands albums de tous les temps dans la catégorie Woman Who Rock. Depuis quelques temps déjà, elle s’était beaucoup plus discrète et composait des morceaux pour des bandes originales de films. Forcément, l’arrivée d’un bébé a changé sa vision des choses et c’est ainsi qu’est né ce huitième album. Autant dire que le skeud était vraiment attendu au tournant par les fans de la belle canadienne et que plus l’attente est longue, plus l’exigence est grande. Alors que réserve cet album ? La surprise est-elle au rendez-vous ? Avons-nous la grande Alanis des années 90 ?

La première chose qui surprend quand on regarde la playlist, c’est que la chanteuse ne s’est pas foutue de notre gueule. En effet, à l’époque des albums nous donnant péniblement 10 ou 11 morceaux, elle propose un album avec 14 pistes, ce qui fait qu’il y a du boulot et que surtout il y a de quoi s’en mettre dans les oreilles. Seulement, la quantité ne fait pas la qualité et ce sera tout le problème de cet album. Loin d’être mauvais, il n’est pas à la hauteur du talent de la chanteuse et surtout on ressent un tournant dans son style et un manque flagrant d’âme, d’envie. Le schéma des chansons est souvent le même et on se prend à écouter l’album sans forcément le retenir. La chanteuse propose des morceaux rock mais trop teintés de pop et surtout bien trop timide musicalement. L’album est à l’image du premier single, classique et sans surprise. On a des couplets simples, avec une voix posée puis des refrains un peu plus pêchus où une guitare timide fait son entrée. Si Guardians reste potable, ce n’est pas le cas de la deuxième piste qui demeure molle et malvenue avec une introduction électro du plus mauvais gout. Si on prend des pistes comme Spiral ou encore Lens, on se rend vite compte que les morceaux se ressemblent et c’est bien dommage, car trop de redondance tue un album. Heureusement pour nous, certaines pistes sortent du lot, comme Numb ou Edge of Evolution, qui sont assez sombres et dénotent dans l’album, mais pour faire jaillir du mieux. Bien entendu, on aura quelques balades (Empathy ou encore Havoc, morceau lénifiant de presque 6 minutes), mais malheureusement, elles sont tellement peu inspirées qu’elles n’évoquent aucune sensation et surtout aucune émotion. Au niveau instrumental, on retrouve quelques guitares, mais aussi du piano ainsi que du violon et de la trompette dans le dernier morceau. Sans paraître mauvaise langue, les solos sont quasiment absents et on ressent là aussi une certaines facilité. Hormis Numb, qui est réussi musicalement parlant, le reste n’est vraiment pas terrible.

Alanis-Morrissette-Magical-Child

Au niveau de la voix, on sait tous qu’Alanis Morissette possède un timbre particulier et c’est d’ailleurs ce qui lui a permis d’accéder au succès et de tirer son épingle du jeu. A la fois nasillarde mais puissante, elle propose une palette assez sympathique donnant du peps mais aussi de l’émotion. Sur cet album, elle sombre un peu dans la facilité et ne nous propose pas de morceaux aussi entrainants que Ironic. Fini la belle époque du punk et de la cool attitude, la madame est maman et se pose un peu trop. Elle va donc chanter calmement sur les couplets, puis aller un peu plus fort dans les refrains mais sans un réel entrain. La faute peut-être à des thèmes trop gentils, trop mignons, notamment sur sa grossesse ou sur des paroles universelles pour protéger son enfant. Les thèmes sont trop lisses pour faire partie du rock et on ressent vraiment un manque réel de motivation chez la chanteuse. De toute façon, il faut dire que la pochette n’annonçait pas un thème fort et sombre, mais plutôt quelque chose de doux et de rafraîchissant. Perdant de son panache et de sa nervosité, la chanteuse sombre dans les affres hideuses de la pop moderne et commerciale.

Au final, Havoc and Bright Lights est une déception dans le répertoire de la canadienne. Redondant dans sa structure et ne prenant aucun risque, elle propose un album lambda sans âme, sans saveur, à l’image de la musique actuel qui se vend dans les grandes surfaces. Les balades sont peu inspirées, et seuls deux morceaux sortent du lot des 14 pistes. Bref, un skeud que je ne recommande que pour les fans inconditionnels, et encore, ils risquent d’être déçus eux aussi.

  1. Guardians
  2. Woman Down
  3. Til You
  4. Celebrity
  5. Empathy
  6. Lens
  7. Spiral
  8. Numb
  9. Havoc
  10. Win and Win
  11. Receive
  12. Edge of Evolution
  13. Will You be my Girlfriend ?
  14. Magical Child

Note: 12/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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