décembre 6, 2022

Taekwondo

De : Marco Berger et Martin Farina

Avec Nicolas Barsoff, Gabriel Epstein, Lucas Papa, Francisco Bertin

Année : 2016

Pays : Argentine

Genre : Drame

Résumé :

Fernando passe des vacances de rêve à la campagne avec ses amis. Sans la présence de leurs copines, les garçons se sentent libres de se promener nus, dans une proximité intime les uns avec les autres. Fernando invite alors German, un ami proche de son cours de Taekwondo, dont il ignore l’homosexualité. Petit à petit, les deux amis se rapprochent.

Avis :

Réalisateur argentin, Marco Berger est l’un de ces cinéastes émergeants que j’aime le plus de par son regard et la sensualité de ses films. En un peu moins de dix ans, le réalisateur a su s’élever et des films comme « Plan B » ou « Absent » ont su beaucoup aiguiser ma curiosité. Malheureusement aussi, même si le réalisateur profite d’une belle petite renommée, certains de ses films ne sont pas encore arrivés jusqu’à chez nous comme « Hawaii » ou ses deux « Tensión sexual« .

Il aura donc fallu attendre cinq ans avant de voir un nouveau film de Marco Berger arriver jusqu’à chez nous. Un nouveau film qui est pour une fois co-signé à la réalisation avec Martín Farina dont c’est le premier film.

Fidèle à ses habitudes de cinéma, Marco Berger nous offre encore une fois un film de séduction. Un film où les tensions et les désirs sont au centre de l’intrigue. Mais si « Taekwondo » est un film magnifique dans son esthétique, il est aussi et malheureusement un triste moment d’ennui, tant le film traîne en longueur et s’attarde sur des moments qui sont loin d’être intéressants.

Fernando est un jeune trentenaire bien dans sa peau. Cet été-là, il a invité plusieurs de ses amis à passer plusieurs jours de vacances dans la belle demeure secondaire de ses parents à la campagne loin de tout. Parmi tous ses amis qui se connaissent depuis l’époque du bac à sable, Fernando a invité Germàn, un mec qu’il a rencontré il y a peu à son cours de Taekwondo. Mais ce que Fernando ne sait pas, ou qu’il ne veut pas voir, c’est que Germàn est homo. Alors que ce groupe de mecs, en absence totale de leurs copines, se libère peu à peu aussi bien dans leur parole que dans leur nudité, une complicité étrange naît entre Fernando et Germàn.

Marco Berger, c’est avant tout un regard incroyable qui a toujours su trouver le ton juste pour mettre en images de l’intime. Marco Berger, c’est un observateur d’un certain quotidien, d’un certain désir, ou d’un mal-être et jusqu’à aujourd’hui, le réalisateur argentin a toujours su mettre les mots justes sur ses histoires.

Avec « Taekwondo » et son synopsis allant chercher justement ce désir caché, et connaissant le talent du metteur en scène, on pouvait espérer que « Taekwondo » serait le « In the mood for love » d’Argentine.

Le film a d’énormément de qualités pour lui, notamment dans sa mise en scène qui, il est vrai, est sublime. Marco Berger filme les regards, les silences, les désirs et les non-dits comme personne. Esthétiquement parlant, son film est irréprochable, détenant une ambiance chaude, sensuelle, qui peut mettre nos sens en ébullition. Cette ambiance est renforcée par une photographie incroyable et une spontanéité de ses personnages qui sont au plus vrai. On reste malgré tout déçu, car finalement, derrière toute cette esthétique incroyable, derrière ce réalisme sublime, « Taekwondo » est un film où il ne se passe rien, et qui ne raconte pas grand-chose. La mise en scène de Berger est belle, mais elle s’attarde, elle accumule les longueurs, allant jusqu’à de longs moments de silence, où les personnages ne se disent rien. Et au final, plus le film avance, plus l’intrigue se fait longue et plus l’on se dit que premièrement, le film est vide et ne fait que du remplissage avec rien, et deuxièmement, qu’il aurait fait un bon court-métrage, car ce final, on le sait, on l’a deviné depuis bien longtemps et il ne fallait pas autant en faire pour arriver à ça.

Heureusement, pour passer le temps, Marco Berger et Martín Farina nous ont trouvés de bons comédiens aux charmes certains. Des comédiens qui tiennent de personnages qui n’ont pas vraiment de fond, mais qui, de leur spontanéité et l’alchimie qui se dégage de cette bande de mecs, fait que le moment est quelque peu moins long.

Bref, c’est donc la première fois que je ressors déçu d’un film de Marco Berger, qui plus est sur l’un de ceux qui donnait le plus envie.

On se dit que certes, oui, le plaisir des yeux dans tous les sens du terme est là. La sensualité, l’érotisme et la tension recherchée sont là aussi, plusieurs scènes sont de petits bijoux de mise en scène, encore une fois Marco Berger prouve son talent. Mais on ne peut nier qu’une heure quarante-cinq pour un dénouement qu’on connaît dès les premières minutes et une intrigue qui ne fait que survoler ce qui aurait pu donner naissance à de bons sujets, c’est bien trop long et c’est vraiment dommage. En espérant que le prochain soit de nouveau à la hauteur des attentes.

Note : 09/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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